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Quotas

4 mars 2004, 20:00

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Le 8 mars sera la Journée de la femme. C?est l?occasion de poser la question de la représentativité féminine en politique d?autant que la réforme du système électoral sera bientôt débattue au Conseil des ministres. Si la nécessité d?impliquer davantage de femmes dans l?arène politique ne souffre d?aucune contestation, il existe néanmoins des divergences sur la manière d?y parvenir.

La formule Collendavelloo impose aux partis de nommer au moins six femmes sur les douze premiers de la liste de candidats éligibles à la proportionnelle. Le principe adopté par Leung Shing postule, au contraire, qu?aucune réglementation ne peut dicter aux partis leur choix.

La seule voix qui s?est élevée avec force sur la question est celle d?une femme. Mais c?était pour condamner l?instauration des quotas. Cette posture inouïe est celle adoptée par Sheila Bappoo, parlant au nom du Parti travailliste.

L?ancienne ministre préfère la méthode douce. Elle lance une invitation pieuse aux establishments des partis pour qu?ils accordent plus de places aux femmes. Elle croit que l?évolution sera naturelle et qu?elle ne passe pas par une réglementation contraignante. Son acte de foi relève de l?idéal. La réalité est tout autre. Depuis des décennies, on a attendu une action positive. L?idéologie machiste a toujours pris le dessus. Cessons donc de rêver.

On ne peut plus compter sur le volontarisme ou les injonctions morales. Il faut imposer une solution étatique, constitutionnelle. L?introduction des quotas pour améliorer la représentation des femmes en politique n?est plus un tabou aujourd?hui. De l?Afghanistan au Japon, en passant par la Norvège et le Maroc, ils sont nombreux à l?avoir intégré dans leur Constitution. La Norvège va jusqu?à adopter une législation pour assurer une représentation de 40 % dans les conseils d?administration des secteurs public et privé.

Les membres de la SADC, dont Maurice fait partie, se sont engagés à obtenir un taux de participation des femmes de 30 % dans l?arène politique d?ici à 2005. On se demande bien par quel tour de passe-passe notre pays peut réaliser cette avancée si la voie législative est rejetée.

Les réserves formulées contre le système des quotas peuvent être attribuées à un cliché appartenant au répertoire du féminisme chic. Il s?agit de laisser le processus suivre son cours et d?attendre qu?une évolution des mentalités remédie au mal. Il n?est pas nécessaire, selon cette théorie, d?exercer un droit de pression ou de se soucier des retards accumulés sur ce plan.

Certes, la femme a des compétences propres et devrait trouver une place adéquate au Parlement grâce à ses mérites. Mais il faut être réaliste et pragmatique : On nous rabâche ces thèses depuis des décennies et la situation ne s?améliore pas. Elle a empiré.

Le comité parlementaire qui s?est penché sur la question a fait ressortir que sa formule ne saurait être assimilée à un passe-droit : ?Female candidates will stand for election on a list and will be elected on their own merit. We are not adopting a system such as exists in Uganda where a separate electoral college elects a specific number of women to Parliament on account only of their gender.?

Le quota est un procédé malheureux, mais il est le seul capable d?ouvrir les portes de la politique aux femmes et de corriger le défaut le plus grave de notre démocratie.

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