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Qui veut la peau de Nirvan Veerasamy ?
Il est depuis une semaine déjà la cible de certains élus de la majorité. Pourtant, Nirvan Veerasamy a été nommé à la tête d?Air Mauritius avec la bénédiction du Premier ministre, Navin Ramgoolam, et l?aval du conseil d?administration de la compagnie d?aviation nationale. L?on s?attendrait ainsi que les attaques viennent de l?opposition parlementaire mais elle est venue du député rouge Suren Dayal.
Maintenant, c?est au tour de Ram Mardaymootoo, autre député rouge de la majorité gouvernementale, de revenir à la charge au Parlement mardi. Il demande des éclaircissements sur un contrat de plusieurs millions de roupies alloué à la firme américaine Mc Kinsley. Firme de réputation et d?autorité internationale dans la réforme administrative des grandes entreprises.
Des informations glanées dans le milieu laissent entrevoir que le député reviendra sur les « conflits d?intérêts » qu?avait évoqués Suren Dayal. Ce dernier avait interrogé le ministre du Tourisme, Xavier Duval, sur le renouvellement du contrat Air Seychelles-Air Mauritius et avait allégué qu?il y avait conflit d?intérêts car Nirvan Veerasamy était l?un des directeurs d?une compagnie impliquée dans l?accord.
Le député Ram Mardaymootoo aurait pour sa part des informations qu?il compte dévoiler au Parlement. La question risque une fois de plus d?embarrasser le gouvernement mais elle égratigne aussi Nirvan Veerasamy alors que ce dernier avait, hier, obtenu le soutien et la confiance de son conseil d?administration.
Il a en effet, de « son propre gré », selon Robert Alizart responsable de communication, tenu à apporter des éclairages à la compagnie sur les allégations de conflit d?intérêts faites contre lui par le député Dayal. « Si je suis encore là, c?est que j?ai la confiance du conseil d?administration qui lui-même a la confiance de tous ses actionnaires», déclarait hier après-midi Nirvan Veerasamy.
Convaincu de ces explications, Navin Ramgoolam lui a également accordé son plein soutien. Il a indiqué hier qu?il n?a jamais été question pour lui de faire Nirvan Veerasamy partir.
Mais voilà, d?autres questions embarrassantes sur Nirvan Veerasamy sont à venir. Pour certains, l?objectif serait de lui saper le moral et le contraindre à soumettre sa démission.
Et il semblerait que des parlementaires de la majorité planchent sur des dossiers concernant la compagnie d?aviation notamment sur la vente de quatre avions d?Air Mauritius, de deux Boeing 767 et de deux ATR 42 il y a quelques mois.
Le député Dayal a confirmé à l?express qu?il y travaille de même que sur le dossier de la firme offshore Veling impliquée dans l?accord Air Mauritius-Seychelles.
Robert Alizart rétorque que « tout a été fait dans la transparence avec l?aval du conseil d?administration. Des appels d?offres internationaux ont été lancés et le choix s?est porté sur une firme californienne pour la vente des avions. Les détails de ces transactions sont connus du conseil d?administration. Il n?y a pas eu d?intermédiaires et aucune firme de Nirvan Veerasamy n?est concernée ».
Tout se jouera donc au Parlement. Mais est-ce qu?il est légalement possible d?y soulever des questions portant sur Air Mauritius ? Explications de Sanjay Buckhory, président du conseil d?administration d?Air Mauritius, hier : « On est une compagnie privée selon le Companies Act, mais on est une compagnie publique de par notre cotation en Bourse et vu que le gouvernement est notre principal actionnaire. Dans la mesure où aucune information confidentielle ou stratégiquement sensible n?est divulguée, nous n?avons aucun problème. On fournit des informations demandées et c?est au gouvernement de décider s?il va répondre. »
Navin Ramgoolam semble soutenir Nirvan Veerasamy, mais il n?empêche que des backbenchers continuent à le cibler. Une question se pose : Pourquoi ces attaques systématiques des proches du gouvernement contre Nirvan Veerasamy ?
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