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Questions à?Monique Rey

11 avril 2006, 00:00

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● L?association ?Link to Life? est enregistrée depuis trois ans mais vous n?avez emménagé dans votre centre, attenant au Gymkhana à Vacoas, que depuis le 3 avril. Pourquoi ce délai ?

Nous avons eu beaucoup de mal à trouver un local pour notre siège social. Arianne Navarre-Marie, l?ex-ministre de la Femme, nous a permis de tenir nos premières réunions dans le centre des femmes à Floréal. En parallèle, nous avons continué l?écoute entre 10 heures et midi les lundis et mercredis à l?hôpital Victoria et les jeudis à la Clinique de Lorette, Curepipe. Le samedi, Pauline Harel et son groupe font de l?écoute aux horaires identiques à l?église des Saints-Anges, à Grand-Baie. L?autre étape a été d?obtenir cette maison que le gouvernement nous a cédée et il a fallu obtenir les papiers, les clés, l?électricité et l?eau. Notre centre opère du lundi au vendredi entre 9 et 16 heures et le samedi de 9 heures à midi.

● Comment vous définissez-vous ?

Nous sommes une association de prévention. Nous voulons dire aux personnes que le cancer ne signifie pas systématiquement la mort, qu?il ne faut pas avoir peur de ce mal qui se soigne bien s?il est pris à temps.

● Vous auriez pu sensibiliser à travers des campagnes...

Un centre est important car il crédibilise notre action. Nous voulons offrir aux malades ? hommes comme femmes ? de même qu?à leurs proches, un lieu où ils peuvent s?exprimer librement sur le cancer. Nos écouteurs formés sont là pour les aider. Les séances d?écoute peuvent avoir lieu en groupe ? le fait d?entendre ce qu?a vécu l?autre permet de créer une solidarité ? ou sur une base individuelle. Une fois la semaine, un psychologue travaillera avec nous. A la bibliothèque, il y aura des livres et des cassettes audios que les cancéreux pourront consulter. Nous aménagerons un coin télé et DVD pour qu?ils puissent se distraire. Dans l?atelier de créativité, ils s?occuperont l?esprit en faisant de la peinture, du tricot ou de la broderie. Ils pourront aussi se relaxer dans la salle de relaxation où des massages, du reiki et du yoga seront offerts. Un coiffeur viendra leur expliquer comment entretenir leurs perruques et une esthéticienne prodiguera des conseils sur les crèmes à utiliser lorsqu?on est en traitement.

● De quoi avez-vous besoin ?

De tout ! (rires). Nos 350 membres contribuent Rs 100 par an, soit Rs 8 par mois. Ce n?est pas avec cela que nous pourrons nous installer comme il faut. Nous avons besoin de dons car le centre est quasiment vide. La liste est longue : du mobilier de salon, des couchettes pour la salle de relaxation, du matériel pour l?atelier de créativité, un téléviseur, un DVD, un réfrigérateur, une cuisinière, un meuble pour la bibliothèque?. Je fais un appel aux firmes privées disposant d?un autobus pour conduire les malades en traitement de leur domicile à l?hôpital et vice-versa.

● Avez-vous une requête spéciale auprès des autorités ?

Au cours de nos visites à l?hôpital Victoria, je me suis rendu compte que les enfants malades sont dans la même salle que les adultes cancéreux. Voir et entendre des adultes souffrir et parfois mourir est traumatisant pour ces enfants. Il faudrait qu?ils soient dans une salle séparée sinon ils peuvent être traumatisés à vie...

Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE

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