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Questions à?Asraf Caunhye
Le Mauritius Standards Bureau (MSB) compte certifier la qualité de l?alimentation. Où en êtes-vous avec ce projet ?
D?ici six mois, nous proposerons le certificat Hazard Analysis Critical Control Point System (HACCP), qui met en place un processus de contrôle à chaque étape de la production alimentaire. Nous aurons l?aide du bureau de normalisation australien. Le contrat sera signé en janvier. Nous investissons Rs 2,3 millions dans ce projet.
Comment procéderez-vous ?
Les Australiens formeront nos techniciens qui, à leur tour, encadreront les fabricants dans l?introduction du HACCP. Nous retiendrons les services d?auditeurs indépendants pour la certification.
L?alimentation est un domaine important. Pourquoi le MSB a-t-il attendu aussi longtemps avant de s?y aventurer ?
Nous opérons déjà un laboratoire où nous offrons la possibilité de vérifier la qualité d?un produit alimentaire ou agricole. Le niveau du service tient la comparaison internationale. Il faut comprendre que ce n?est pas le rôle du MSB de prendre des échantillons du marché pour vérification. Ce n?est pas à nous de faire respecter les normes.
De quelles normes parlez-vous quand on sait que le ?Food Act? actuel n?existe que de nom ?
Je parle des normes internationales. C?est vrai que le secteur alimentaire opère dans un vide. La loi existe mais n?est pas appliquée.
Cela veut-il dire qu?elle n?est pas bonne ?
Non. Le Food Act est calqué sur des normes internationales, dont le Codex Alimentarus recommandé par l?Organisation mondiale de la santé. Ce n?est pas parce qu?il n?est pas appliqué qu?il n?est pas bon. Mais les Mauriciens ont leurs cultures alimentaires. On ne peut leur imposer des normes sans les y préparer d?abord. Il faudra éduquer et sensibiliser.
Qu?attend-on pour commencer ?
Il existe une certaine faiblesse à ce niveau. Je constate une prise de conscience croissante parmi les producteurs. Mais il y a un gros effort à faire à une échelle inférieure. Le petit marchand de dholl puri, par exemple, doit encore être éduqué sur les normes d?hygiène et de sécurité alimentaire. Le consommateur demande aussi à être sensibilisé.
Visiblement, tout le monde sait ce qu?il faut faire. Mais pourquoi ne le fait-on pas alors ? Par manque de volonté politique ?
Ce n?est pas à moi de répondre à cette question. Mais je ne pense pas qu?il manque de volonté politique. La preuve, le MSB, qui est un organisme d?Etat, se prépare à délivrer le certificat HACCP. Le travail est en train d?être fait. La certification aborde le problème du côté des producteurs. Elle les oblige à améliorer la qualité de leurs productions. C?est prendre le problème en amont. Un autre organisme, la Consumer Protection Unit du ministère du Commerce, a la responsabilité de faire respecter les normes et d?éduquer le consommateur. Le MSB va s?y mettre aussi avec le HACCP. Il y a un gros composant de sensibilisation dans notre projet.
Les critiques d?Aneel Maini, consultant en sécurité alimentaire basé en Malaisie, sur nos certificateurs sont donc fondées ?
Maini donne l?impression que rien n?est bon dans le domaine de la certification à Maurice. Il a tort. Nous avons toutes les infrastructures nécessaires pour assurer la sécurité alimentaire sur le territoire. Nous avons certes des faiblesses, dues largement à des raisons d?ordre culturel. Nous sommes prêts à en discuter. Je suis sûr qu?avec le temps, les gens finiront par ingérer la culture de la qualité. Après tout, nous sommes une nation jeune. Il est malhonnête de venir nous discréditer de la sorte.
Propos recueillis par Shyama SOONDUR
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