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Questions à? Jayen Cuttaree,
● Quelles ont été les premières réactions à votre présentation au Conseil général de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) ?
J?ai reçu un accueil très positif. C?est très encourageant. La présentation elle-même s?est bien passée. J?y ai exposé de manière liminaire ma vision de l?OMC. J?ai répondu aux nombreuses questions sur le développement, les relations Nord-Sud, le secrétariat, le rôle du directeur général de l?institution et autres thèmes ayant trait à l?OMC.
J?ai aussi abordé d?autres problématiques liées à l?agriculture, les produits industriels, le mécanisme de règlement des disputes, la cohésion entre l?OMC et la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) et la prudence dans l?ouverture des marchés.
● Vous mettez beaucoup d?accent sur le développement et le ?capacity building?. Quelle en est la raison ?
On ne peut parler d?ouverture des marchés sans évoquer la question de développement. Les pays pauvres risquent d?être marginalisés dans ce processus de libéralisation du commerce mondial si leurs contraintes au niveau de leurs capacités de production (supply-side constraints) ne sont pas tenues en ligne de compte.
Il y a d?un côté des grands pays en développement tel le Brésil qui possède de très grandes superficies de terre cultivable, des équipements nécessaires et des personnes formées pour profiter de l?ouverture des marchés agricoles. De l?autre côté, il y a les pays africains où ces conditions sont loin d?être présentes. Transformer la paysannerie africaine en un système de fermiers commerciaux est un travail colossal. On n?a pas les routes, le port et d?autres infrastructures de base qui sont nécessaires. La recherche et les normes phytosanitaires sont souvent absentes.
Il faut donc s?attaquer à ces contraintes afin que ces pays ne souffrent pas de la libéralisation des marchés.
● Mais la question de développement et de ?capacity building? ne relève pas directement du rôle de l?OMC?
Effectivement, ce n?est pas le rôle de l?OMC de s?y impliquer directement. C?est la raison pour laquelle je prône une cohésion entre les fonctions de l?OMC et celles de la BM et du FMI. Une telle synchronisation pourra aider à résoudre les supply-side constraints des pays pauvres et ceux en voie de développement. Elle permettra une meilleure intégration du commerce dans les stratégies de développement. Le cas échéant, l?ouverture des marchés va bénéficier uniquement à ceux qui sont les mieux lotis.
● Le ?Financial Times? rapportait hier que des pays s?opposeraient à votre candidature car ils craignent que vous n??uvriez pas pour davantage de libéralisation du commerce mondial?
J?ai aussi beaucoup d?adversaires. Il est clair que le Financial Times est en train de faire campagne pour Pascal Lamy. Cela ne m?étonne pas. Evidemment, je ne suis pas en faveur d?une ouverture du marché qui ferait abstraction de la question du développement. D?ailleurs, nous appelons le présent cycle de négociations le development round.
Propos recueillis par Akilesh ROOPUN
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