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Questions à Jacques d?Unienville

23 février 2007, 00:00

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● Le gouvernement a invité Savannah à intégrer Alcodis dans ses projets. Comment se présentent les choses ?

Nous avons ouvert les négociations avec Alcodis en vue d?un transfert de la distillerie à Savannah. Nous sommes au stade d?étude de la compatibilité de ses équipements avec les nôtres. Un partenariat Savannah-Alcodis ne sera pas possible s?il n?y a pas compatibilité.

● Quelle est la nature des investissements consentis par Savannah ?

Quatre usines centralisent sur Savannah. Nous devons donc renforcer notre capacité de production sucrière. En même temps, nous investissons dans une nouvelle centrale thermique, une raffinerie nous permettant de produire du sucre prêt à être consommé ainsi que dans une distillerie pour produire l?éthanol ou le rhum. Ce projet mobilise 200 millions d?euros ( environ Rs 8 milliards).

● Comment accueillez-vous le changement de position du gouvernement par rapport à l?éthanol ?

Nous avons démarré un chantier ambitieux en pleine période de crise. Nous irons jusqu?au bout de nos projets. Mais si le retrait de l?éthanol du cluster sucre veut dire qu?il n?y aura pas de distillerie à Savannah, nous aurons perdu la moitié de la bataille contre les coûts de production élevés. Raffiner le sucre coûtera beaucoup plus cher.

● Ne craignez-vous pas de ne plus pouvoir mobiliser le volume de mélasse nécessaire pour rentabiliser votre investissement ?

Si la situation se présente, nous allons devoir adapter notre projet en conséquence. Nous allons devoir discuter de nos options. Traditionnellement, l?usine offrait du sucre roux et de la mélasse aux planteurs. À présent, nous leur proposons du sucre raffiné et de l?alcool. Si un autre opérateur peut leur faire une meilleure offre que nous, tant mieux pour eux. Pour nous, le plus important c?est qu?ils continuent à produire la canne.

● Démocratiser la production est une bonne chose, non ?

Certainement. Mais 30 % du capital de Savannah est déjà détenu par le SIT et les planteurs. Ne perdons pas de vue l?objectif premier de la réforme, à savoir, la réduction des coûts. Nous avons produit le meilleur plan des pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Il faudra veiller à ne pas le saboter.

● Qu?attendez-vous du gouvernement ?

Savannah a beaucoup contribué à la crédibilité du pays aux yeux de l?Union européenne. Nous avons été solidaires envers le pays en lui témoignant notre confiance au c?ur de la crise. Nous pouvons légitimement nous attendre que le gouvernement nous soutienne à son tour. Il est temps que l?on mette de côté certaines émotions. Il faut se lancer dans la réforme à fond et maintenant.

● Que craignez-vous ?

Pour l?instant, les prix européens pour le sucre ne baissent que de 36 %. Mais il n?y a aucune garantie que cela ne changera pas. L?UE est toujours en surproduction sucrière, ce qui tôt ou tard la fera penser à rendre la baisse de prix plus pénible afin de forcer le marché à se rééquilibrer. Nous devons nous y préparer.

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