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Nomination et démission éclair
Somduth Soborun dit qu’il parlera «le moment venu»
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Nomination et démission éclair
Somduth Soborun dit qu’il parlera «le moment venu»
Somduth Soborun (photo), ancien ambassadeur de Maurice aux États-Unis, avait plaidé coupable devant la justice américaine pour «mauvais» traitement infligé à son employée de maison. Douze ans plus tard, il avait été nommé à l’Equal Opportunities Commission, mais cette nomination a été suivie d’une démission éclair. Le rappel de ses démêlés avec la justice américaine pourrait l’expliquer. En attendant, il refuse de commenter.
Sa nomination à l’Equal Opportunities Commission (EOC) n’a duré que quatre jours. Somduth Soborun, ancien ambassadeur de Maurice aux États-Unis, a soumis sa démission quatre jours seulement après avoir prêté serment comme membre de cette institution. Une nomination qui a rapidement suscité la controverse en raison d’un épisode de son passé aux États-Unis.
Pour rappel, en 2012, alors qu’il était diplomate, Somduth Soborun avait plaidé coupable devant la justice fédérale américaine face à une accusation de non-respect du salaire minimum concernant son employée de maison. Les faits avaient été consignés par le bureau du procureur fédéral du New Jersey. L’employée, une ressortissante philippine, avait travaillé au domicile de Somduth Soborun entre décembre 2008 et août 2009.
Selon les documents judiciaires américains, elle était obligée de travailler 12 heures par jour, six jours par semaine. Alors que son contrat prévoyait un salaire horaire ainsi que le paiement d’heures supplémentaires au-delà de 40 heures par semaine, elle percevait 1 000 dollars par mois, indépendamment du nombre d’heures supplémentaires effectuées.
Amende de 5 000 dollars
Somduth Soborun avait plaidé coupable en septembre 2012 au chef d’accusation portant sur le non-paiement du salaire minimum. Quelques semaines plus tard, la justice fédérale américaine lui a imposé une amende de 5 000 dollars. Dans le cadre de son plaidoyer de culpabilité, il a également accepté de verser 24 153 dollars à son ancienne employée à titre de restitution.
L’affaire a d’ailleurs été évoquée au Parlement en 2013. Le gouvernement avait alors confirmé que Maurice avait levé l’immunité diplomatique de Somduth Soborun afin de lui permettre de conclure un accord de plaidoyer. Il avait également été confirmé au Parlement que l’ancien ambassadeur avait payé l’amende de 5000 dollars ainsi que 24 153 dollars à son ancienne employée de maison.
Plus d’une décennie après cette affaire, Somduth Soborun s’est retrouvé nommé à l’EOC, institution chargée notamment de promouvoir l’égalité des chances et de contribuer à l’élimination des discriminations. Il a prêté serment le 14 septembre dernier pour un mandat de quatre ans.
Le rapprochement entre son passé judiciaire et les responsabilités attachées à sa nouvelle fonction a rapidement alimenté la polémique. Son plaidoyer de culpabilité concernait le nonrespect d’une disposition de la législation américaine protégeant les droits salariaux d’un employé, tandis que l’institution à laquelle il venait d’être nommé exerce des responsabilités dans le domaine de l’égalité des chances et l’élimination de discriminations.
Son passage à l’EOC aura finalement été extrêmement bref. Quatre jours seulement après sa nomination, Somduth Soborun a soumis sa démission. Contacté afin de connaître les raisons l’ayant conduit à cette décision et pour lui donner l’occasion de réagir à la controverse entourant sa nomination, l’ancien diplomate n’a pas souhaité, à ce stade, s’exprimer sur les raisons de son départ. Il nous a toutefois indiqué qu’il «parlerait le moment venu».
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