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Question d?images

21 août 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?image que renvoie l?actualité peut être cruelle. Ainsi, la succession d?événements survenus ces deux derniers jours marquera les esprits. Mardi, on apprend que la passeuse présumée Cindy Legallant a été accueillie dans un salon VIP de l?aérogare. Le lendemain on découvre qu?une demi-douzaine de policiers est allée cueillir Bert Cunningham, le dénonciateur de la corruption, à sa résidence pour le conduire aux Casernes centrales. Cette association d?images est caricaturale, certes, mais elle nous force à réfléchir sur les dérives qui guettent notre pays.

Il est vrai que le cas de l?ex-directeur des douanes est suivi par les chancelleries étrangères et que les autorités locales pourraient finalement assouplir leur position vis-à-vis de lui. Toutefois, la question principale n?est pas le sort d?une personne. L?essentiel, c?est la suite qui sera donnée aux dossiers de Bert Cunningham sur la corruption. Il ne suffit pas que l?Etat mette fin à l?acharnement contre sa personne pour prétendre que le problème est réglé. Encore faut-il que les dirigeants s?intéressent aux révélations que l?ancien patron de la douane a faites sur le système mauricien.

Une commission d?enquête aurait été une occasion idéale pour les uns et les autres de déballer tout ce qu?ils savent sur les engrenages de la fraude en général. Beaucoup d?entre nous ressentent une envie de confier, de dire la vérité. Ils éprouvent le besoin d?assainir les institutions et espéraient le faire à travers une commission d?enquête. L?opinion publique, elle, aurait pu enfin juger de la véracité des allégations faites par Cunningham.

Mais le Premier ministre a choisi de ne pas instituer cette commission d?enquête qui aurait permis d?éclaircir rapidement la situation. Elle coûte trop cher, dit-il. De plus, les commissaires n?ont pas le pouvoir d?inculper les suspects, ajoute-t-il. Mais la persistance de la corruption coûtera bien plus cher au pays ! En outre, une commission d?enquête peut accomplir une mission bien plus importante que d?envoyer des pourris derrière les barreaux : elle provoque un électrochoc dans la société et la soulage durablement de ses maux.

Le Premier ministre soutient, avec sérieux, que ?I am, accordingly, and in the public interest, referring the cases publicly commented upon by Mr Cunningham and which he raised at the meeting with me to ICAC and Mr Cunningham and any other witnesses should call on ICAC to give any evidence they have to ICAC.? Pourtant, cette commission a agi avec une promptitude inhabituelle et a déployé des moyens disproportionnés pour enquêter sur Bert Cunningham dans une ridicule affaire portant sur Rs 3 000. Elle aura du mal à convaincre l?opinion qu?elle peut enquêter avec efficacité sur la douane.

Si Bert Cunningham arrivait à passer la nuit dans une cellule policière, la réputation de notre pays prendrait un coup. Les dirigeants feront alors porter le chapeau aux «déstabilisateurs» comme la reine qui blâme son miroir si son image ne lui plaît pas.

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