Publicité

Question de survie

2 avril 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Question de survie

<B>Par Nico PANOU</B>

Après la hausse des tarifs de l?électricité décidée par le Central Electricity Board, la coupe du consommateur est pleine. Au-delà des incidences directes de cette décision sur le pouvoir d?achat, ses répercussions indirectes, notamment sur le prix des denrées de base, nous interpellent tous. Face déjà à une crise inflationniste de cette ampleur, les Mauriciens verront encore les prix des biens et services flamber.

Tout en reconnaissant au commerçant le droit de répercuter toute hausse au consommateur, il est difficile de rester impassible face aux nombreux cas d?abus que nous observons ici et là. L?on se demande dans quelle proportion il est permis au commerçant de revoir ses prix à la hausse ? Quelle est la marge de l?électricité dans la fixation des prix de l?épicier de votre quartier ? Comment est-ce que le supermarché où vous vous approvisionnez évalue l?incidence de la hausse de 21 % du prix du kWh d?électricité sur votre paquet de sucre ?

Équation difficile n?est-ce pas ? Cela demanderait de longues heures de calculs au mathématicien le plus avisé pour arriver au bon résultat. Mais pour certaines épiceries ou supermarchés, quoi de plus facile ! Il suffit de mettre la barre assez haute, pour éviter de supporter soi-même la hausse qu?il revient au consommateur de subir.

Nous entendrons parler, de façon certaine d?autres cas d?abus. Certaines personnes mal intentionnées en profiteront sûrement pour arrondir leur compte en banque. Cette situation est renforcée par l?absence d?un vrai régulateur pour contenir tous ces excès.

Mais, face à cette porte grandement ouverte à l?impunité, un problème de conscience se pose. Le commerçant ne devrait-il pas faire preuve de retenue en pensant au dénuement de certains individus ? Devrait-il faire la sourde oreille aux cris de détresse des personnes démunies qui doivent, elles aussi, subvenir à leurs besoins les plus élémentaires ?

En dépit du champ qui est laissé libre à l?exagération, le commerçant doit faire preuve d?humanisme dans la fixation de ses prix. Il ne doit pas oublier que, par son acte injustifié, il contribue à détériorer un peu plus les conditions de vie de plusieurs familles.

Certes, l?inflation à laquelle nous sommes tous confrontés découle de facteurs exogènes sur lesquels nous avons très peu de marge de man?uvre. Mais au-delà de cela, tant qu?il est possible de ne pas relever ses prix, ne serait-ce que de quelques sous, nous ne devons pas hésiter à le faire. Dans les circonstances actuelles, pour de nombreux ménages, c?est une question de survie.

Publicité