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Quel cirque !
Par Raj MEETARBHAN
Cette fois la reculade est spectaculaire. Après s?être posé en grand pourfendeur de la minoterie LMLC, le ministre Rajesh Jeetah a été contraint, hier, de faire appel aux services de cette même compagnie. Celle-ci a été sollicitée par la STC pour un contrat portant sur 30 000 tonnes de farine, en sus de celui déjà conclu pour 47 000 tonnes. Le ministre doit être un homme bien contrit et humilié après ce dernier épisode.
C?est une politique à courte vue qui est responsable des bévues successives du ministre Jeetah. Il tente à chaque fois de jouer les matamores en livrant une bataille sans concession aux opérateurs économiques. Et, systématiquement, ce petit jeu se retourne contre lui. Comme Don Quichotte qui refusait d?admettre que c?est peine perdue de se battre contre les moulins à vent, Rajesh Jeetah ne semble pas comprendre que l?on ne peut agir contre les principes économiques.
Le meilleur modèle économique pour le commerce de biens reste le marché. Les corporations d?Etat pilotées par des politiciens socialisants n?ont jamais su organiser le commerce efficacement. Que la STC se mêle de l?importation de lait en poudre, du fer de construction ou de la farine, le résultat est le même : c?est le chaos garanti. La compagnie vient de créer une filiale nommée la «State Trading Company Limited» pour «diversifier ses activités en achetant du diamant, du bois, de l?or et des pierres précieuses». Là, ce n?est plus du théâtre de Cervantès, mais du cinéma de Charlie Chaplin?
Souvent, les coups bas ne sont pas absents des interventions de la STC. Dans le cas de la farine, c?est un exercice d?appels d?offres qui a été annulé pour permettre à la STC de négocier directement avec des fournisseurs. La saga a mal tourné, comme on le sait. Le coût, pour les contribuables et les consommateurs, est énorme. Les boulangers et les ménagères se plaignent de la qualité de la farine en provenance de la Turquie tandis que la Chine a renoncé à nous vendre de la farine.
Le 4 décembre dernier au Parlement, Rajesh Jeetah se vantait d?avoir économisé Rs 500 millions grâce aux achats projetés en Turquie et en Chine. «If, through economic diplomacy, we have been able to save this amount, I don?t see where the difficulty lies, Mr Speaker», disait-il. Il faut avoir la tête dans un trou pour ne pas voir les difficultés qui nous confrontent aujourd?hui. Le ministre devrait aussi, par honnêteté, évaluer les pertes occasionnées par tout le cirque exécuté par la STC avant qu?elle revienne frapper aux portes de LMLC.
L?enjeu dépasse de loin les intérêts des Moulins de la Concorde et les jeux politiciens de Jeetah. C?est la question de la sécurité alimentaire pour un petit pays qui dépend presque totalement des importations qui est préoccupante. Nos dirigeants ont-ils la compétence pour gérer la situation ?
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