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Quand l?électorat réagit régionalement

31 décembre 2007, 00:00

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Poursuivons, ce matin, une réflexion, commencée vendredi dernier, à partir des résultats des élections municipales du 12 juin 1982 (voir l?express du 28 décembre 2007). Ce scrutin a ceci d?intéressant qu?il démontre une volonté de l?électorat de réagir régionalement quand l?occasion lui est providentiellement donnée.

Rendons-nous d?abord dans le troisième arrondissement de Quatre-Bornes. Les huit candidats élus du MMM, dont Siram Saccaram, obtiennent 51.67 % de voix. On peut arguer qu?avec un pourcentage si faiblement supérieur aux 50 % de la majorité absolue, le PTr aurait pu enlever à son adversaire au moins deux sièges, en cas de report total en sa faveur des voix du CWM, ce qui n?est jamais qu?une supposition. Cela n?aurait toutefois pas changé grand-chose à la victoire mauve, lors de ces municipales quatrebornaises du 12 décembre 1982, victoire qui vient venger la défaite municipale de Bérenger du 24 avril 1977.

Il serait oiseux, ici, de vouloir réécrire l?Histoire, comme le souhaitent si avidement tant de nos politiciens, se découvrant soudainement une âme d?historien et exigeant, en se prévalant de leur pouvoir politique qu?ils estiment absolu et, bien sûr, incontestable, que les historiens, y compris ceux trépassés pendant les siècles précédents, écrivent l?histoire de Maurice comme ils l?entendent, même s?ils confessent, parfois, leur humeur changeante et réclament le droit aux erreurs de jeunesse. Loin de nous l?idée que, en cas de désistement généralisé des candidats de ce Mouvement Communautaire de Palma, leurs partisans auraient voté massivement pour le PTr, afin de menacer davantage la victoire militante dans l?arrondissement III des Q-Bornes. Faisons seulement ressortir, combien plus utile serait une attitude plus conciliante des grands partis politiques, à l?égard des formations citoyennes même éphémères, pour s?enquérir de leurs besoins, doléances aspirations, souhaits, etc. et voir comment peuvent-ils travailler de concert et durablement pour le mieux-être des habitants d?une région donnée. Impossible d?entrer, ici, dans le détail de tous les scénarios possibles, allant d?une entente préélectorale à une volonté de destruction de l?autre, par n?importe quel moyen et à n?importe quel prix. Il y a certes un risque réel de dilution des principes cardinaux d?un parti politique ?si souvent écornés pour des raisons connues des seuls grands manitous et autres décisionnaires inamovibles ? mais il y a également l?occasion d?utiles autocritiques, ne serait-ce que pour vérifier qu?un grand parti politique ne doit jamais fonctionner en vase clos mais doit toujours se comporter, comme le disait l?Oncle Mao, à moins qu?il ne s?agisse de l?Oncle Ho, comme un poisson dans l?eau des masses populaires.

C?est justement ce manque total d?esprit de compréhension et de conciliation qui définit le PMSD de Gaëtan Duval face au Groupement Curepipien, lors des élections municipales du 12 décembre 1982. Le PMSD décrète l?état de guerre totale à ce GC, allant même jusqu?à calomnier le clergé catholique de la ville, dont le Père Noël Koenig, pourtant considéré et à juste titre comme un autre Père Laval par la majorité de ses paroissiens curepipiens, en attendant ceux de Mahébourg et de la Rivière Noire. Ce crachat duvalien retombera, bien sûr, sur le nez de qui vous savez.

Le MMM agit avec plus de circonspection mais sans aller jusqu?à une apparente tentative de travailler ensemble avec le GC. Le politburo mauve s?en défendra, en prétextant les justes aspirations des militants de base et de longue durée, ambitionnant parvenir, enfin, à l?honneur de recevoir un ticket électoral même municipal. Le mal aurait été moins grand, si notamment la démocratie la plus grande avait alors prévalu. Il s?agit seulement de réunir, en congrès régional, tous les militants actifs de Curepipe et de leur demander de réfléchir et de voter à bulletins secrets pour décider s?il faut ou non proposer une entente préalable à une quelconque formation citoyenne et au prix de combien de tickets électoraux, devant être mis à leur disposition. Cela ne se fait pas en décembre 1982, avec pour résultat des élections municipales contestées par quatre ou cinq listes (Lalit au No 1) rivales. Le MMM l?emporte finalement mais aux Curepipiens de dire si, entre 1982 et 1985, leur ville sort grandie de s?être passée ainsi des services de candidats battus du calibre des Bramduth Sewpal (PTr), Jacques Panglose (PMSD), Roland Nicolin, Serge Uranie (GC), Pierre Laurent (PMSD), Sarat Lallah (GC), Rex Stephen et Rajni Lallah (Lalit), Pierre Simonet, John Clifford, Fifi Henri, Danielle Pérombelon (PMSD), Jacques Enouf (GC), Stellio Antonio (PTr), Gaëtan Duval, Marcel Domingue, Allan Driver, Robert Desvaux, Henri Tonta, Cyril Guimbeau (PMSD), Paula Atchia, Roger Lamusse, Jacky Sauvage (GC), Cyril Monty (PTr). Car l?électorat peut toujours et doit de même corriger, autant qu?il le peut, les erreurs de nos dirigeants politiques.

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