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Quand les artistes rêvassent sur l?enfance?

6 novembre 2005, 20:00

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Le monde en rondeur des enfants. Pour un moment, les peintres délaissent leur coquille d?adulte et plongent tous ensemble, dans la candeur explorée de l?enfance. âmes en colimaçon. êtres en oraison. Bourgeonnement des tableaux de dix artistes au Foyer du théâtre. C?est une initiative du Rotary Club de Beau-Bassin-Rose-Hill. Faire une exposition sur le thème de l?enfance pour venir en aide aux enfants handicapés.

Quand Richi Seeruttun croise la route du président du Rotary Club lors de l?atelier pARTage, c?est une idée qui en découle. Il n?a pas hésité à dire oui pour cette ?uvre caritative. Tous les travaux d?art seront mis en vente. La somme recueillie servira à financer le projet de construction du Paul Harris Day Care Centre dans le cadre de l?Association des parents pour la réhabilitation des infirmes moteurs. Redonner le sourire aux enfants handicapés. Tout cela à travers la peinture.

C?est par un bleu mystique et mystérieux que l?exposition se désarme sous les yeux. Malini Callimootoo, parsème le canevas de formes encerclées, qui se dépeignent comme de fantastiques tourbillons bleutés. Les deux cercles s?affrontent. D?un regard de braise qui s?incruste comme une pierre précieuse au milieu. L?équilibre se soutient. Tant par l?épaisse texture et les rebondissements de la peinture, tant par les jets de lumière que l?artiste laisse tomber dans l?amas de bleu.

Voyage au c?ur de l?enfance. Celui de Sultana Haukim. La jungle s?oppose et se propose. ? Je voulais montrer que comme l?arbre qui a besoin de soleil pour grandir, l?enfant aussi à besoin d?être entouré.? Pour pigmenter ce thème, Sultana Haukim a choisi de donner une liberté totale à ses pinceaux. Frénésie et ferveur tracent leur identité sur le canevas.

Atteindre le monde innocent

L?arbuste au centre, c?est l?enfant. Celui est entouré des plus grands pour se protéger et s?épanouir. Celui qui réclame attention. Comme pour briser le bleu vert répétitif, la peintre n?hésite pas à laisser exploser des bulles de couleurs sur le dessin. Des feux d?artifice, jaune cadmium et vermillon orange qui errent sur l??uvre. Lui procurant une gaieté puérile fascinante.

Parcourant ce lieu empreint d?une poignante énergie, c?est Rishi Seeruttun qui attire l?esprit. Fidèle à cette technique qui le démarque des autres, il choisit encore son orange calciné pour raconter l?enfance.

Coupures de jeans, qu?il étale ça et là, toujours avec cette même pulsion qui le pousse à atteindre les limites de l?infranchissable orange vif, dont il extirpe toutes les tonalités. ?Ce sont des morceaux de jeans que je découpe, je les brûle et je les recolle sur le support. J?essaie de me rapprocher du thème de l?enfance, en faisant de petits dessins imprimés au-dessus des formes.? Langage simple pour traduire la naïveté enfantine. Rishi Seeruttun est pétri de cette dextérité unique. Celle de promulguer au mieux de sa forme, les joies explosives de l?enfance.

La peinture a l?art de panser certains maux de la société. C?est par des couleurs et des formes légères que les dix artistes cèdent leur âme d?adultes pour atteindre le monde merveilleux. L?indescriptible monde innocent.

L?artiste Florian Grosset pique aussi les c?urs avec ses papillons virevoltant sans relâche sur la pluie bleue, rose et jaune de l??uvre. Tendresse exprimée et aisance se fondent sous nos yeux enchantés. Comme dans les contes : ?Il était une fois, un artiste peintre qui peignait des visages dans les fleurs? ? Rose bonbon et mauve de pastel se malaxent. L??uvre se compose de lignes qui s?épousent, s?entrecroisent, se disent bonjour et s?enfilent vers une autre voie. Les fleurs à quatres pétales sourient. Le soleil rayonne. Tout est beau dans le meilleur des mondes. L?imprévu du pinceau de Florian Grosset émerveille.

Fraîcheur diffuse qui flotte dans le Foyer du théâtre. L?on retrouve encore une ?uvre qui n?est pas signée, représentant une fillette blonde, donnant le dos au regardeur et qui contemple sagement un croissant de lune posé sur une branche craquante. C?est aussi cela, l?enfance explorée. L?imagination prime sur l?art parfois trop réaliste.

Une exposition qui se veut imaginaire. Ruisselante d?idées farfelues, sympathiques et symboliques. Saluant la présence de Laval Ng, Samuel Stéphane, Dino Vishal, Alix Le Juge et son art contemporain, pour ne citer qu?eux. L?exposition a débuté le 5 novembre. Elle s?étendra sur une semaine.

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