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A quand le réveil ?
Une grande crise se profile. Même si la catastrophe n?est pas encore visible à l??il nu, les experts, eux, s?en rendent compte. Le tableau de bord des données économiques est implacable : le scénario d?horreur de 1982 est désormais à craindre. Les spécialistes agitent déjà l?épouvantail d?une prise en main de l?économie par le FMI, accompagnée d?un cortège de mesures d?austérité.
L?état actuel des finances publiques révèle un mal de longue durée. Un électrochoc aurait forcé le pays à prendre la mesure de la situation. A la place, le régime applique des mesures anesthésiantes. Pendant qu?on sommeille, le mal s?aggrave. Le montant colossal de la dette n?a pas réussi à induire une gestion prudente de dépenses publiques.
Le gouvernement n?est pas disposé à rogner sur ses dépenses. Il n?a annoncé aucune mesure pour réduire son train de vie bien qu?il s?agit là d?une pratique courante utilisée pour conditionner l?opinion publique avant l?élaboration d?une politique d?austérité. Des restrictions portant sur les frais des missions officielles à l?étranger ou sur la cylindrée des voitures octroyées aux notables auraient envoyé les bons signaux.
Quant aux premières décisions prises par le gouvernement, elles relèvent de l?inconscience. Prisonnier de ses promesses électorales, le PTr n?a pas trouvé le courage de faire amende honorable, une fois qu?il a assumé le pouvoir. Il s?est senti contraint d?honorer ses engagements de ?giving Cadeaux first?. Transport gratuit, dictionnaires et atlas gratuits, bientôt pas d?impôts pour ceux touchant moins de Rs 25 000, etc. La liste est effrayante ! Elle crée le sentiment que nous avons des ressources inépuisables pour financer toutes ces largesses. Sans compter que la surenchère a poussé l?opposition à s?y mettre aussi. Elle promet d?abolir la taxe locative pour les petites entreprises si elle est élue aux municipales?
La réintroduction de la pension universelle a été sans doute l?initiative la plus maladroite du nouveau pouvoir. Parce qu?il a voulu donné des gages de son attachement à l?Etat providence, il a annulé le ciblage décidé par l?ancien régime. Or, pour garantir le paiement de la pension de vieillesse aux personnes démunies, il n?y a pas d?autre choix que d?en limiter le paiement aux seules personnes qui le méritent. Il est clair que rien ne sera fait pendant les cinq années à venir pour réformer le Plan national de pension qui va pourtant à la faillite. La décision d?étendre à tous, indépendamment de leurs revenus, cette couverture sociale a contribué à créer le sentiment que les caisses de l?Etat sont pleines.
Aujourd?hui, nous n?avons pas droit aux tergiversations. S?il y a des choix douloureux à faire, allons-y. Or, ce sont les mesures populistes qui sont la priorité des gouvernants. Les réformes structurelles et les changements de mentalités nécessaires pour enclencher la dynamique de la relance ont été relégués au second plan.
Le Premier ministre a dénoncé, avec raison, la lourdeur des procédures administratives, notamment celles du Board of Investment, qui découragent les investisseurs. Mais, les actes n?ont pas suivi le discours. Au contraire, certaines dérives nous éloignent d?une économie ouverte et libérale. Le contrôle des prix, l?attitude des syndicalistes et autres radicaux sur le recrutement d?étrangers dans des secteurs pointus, ainsi que l?évocation de subsides pour les médicaments, démontrent que la modernisation est une étape bien lointaine. Il y a pourtant urgence.
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