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Quand le prix du lait fait des vagues

1 août 2005, 00:00

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En poudre, condensé ou liquide, le lait est très demandé à Maurice. La hausse de prix notée récemment est donc alarmante. Surtout quand on sait que nous consommons 9 000 tonnes de lait en poudre annuellement. Pourquoi alors, se demandent certains, des marques de lait importées de la Réunion à moindre coût, soit environ 20 % moins cher que celles qui proviennent de l?Australie, de la Nouvelle-Zélande ou encore de l?Europe, sont-elles interdites à Maurice depuis plus d?un an ?

Cette décision avait été prise au niveau du ministère de la Santé en raison des nouveaux règlements régissant le Food Act. Une des clauses que comporte cette loi interdit toute importation de lait en poudre ou en liquide s?il n?y a pas, sur l?emballage, l?inscription ?Not suitable for baby?. Et cette lacune avait été relevée sur le lait importé de la Réunion.

Un problème qui aurait été résolu si l?importateur avait pu, après fabrication, apposer un bandeau sur le produit avertissant le consommateur que le lait n?était pas approprié pour les bébés. Mais là encore la clause du Food Act est très rigide. Elle interdit cette démarche à tout importateur.

Pour ceux impliqués dans le business, c?est une aberration. Car des dizaines de Mauriciens sont ainsi privés d?un lait de qualité qui coûterait, en outre, moins cher. Un aspect qui doit être pris en compte lorsque la hausse du prix du lait atteint au moins 10 % à Maurice.

Interrogé, un proche du ministère de la Santé explique que les lois régissant le Food Act ne peuvent être transgressées. Car, précise-t-il, il y a des risques de tricherie dans un assouplissement éventuel des lois dans ce contexte. ?Les risques de dumping sont réels, notamment en ce qui concerne le lait en provenance des pays de l?Est, où des traces de radioactivité sont réelles depuis le grave accident du réacteur nucléaire de Tchernobyl, émettant des nuages radioactifs dans une bonne partie de l?Europe de l?Est.?

Le gouvernement a donc deux options : revoir la législation pour un retour à l?importation du lait moins cher ou contrôler les prix du lait. Mécontent des hausses précitées, Rajesh Jeetah, ministre de l?Industrie et du Commerce, déclare d?ailleurs envisager la deuxième option.

Le hic toutefois, explique-t-on du côté des firmes impliquées dans l?importation et la vente de lait, c?est que si le gouvernement va de l?avant avec l?idée du contrôle des prix, les risques de pénurie seront réels. Les marques de lait moins connues vont disparaître, affirment-elles. Et, dans la foulée, en raison des contraintes au niveau du fret maritime, de la hausse des prix du lait sur le marché mondial et d?un contrôle des prix à Maurice, plusieurs importateurs préféreront se lancer dans d?autres business plus rémunérateurs.

Le marché du lait est actuellement très perturbé, l?Australie et la Nouvelle Zélande, gros producteurs mondiaux, faisant face à une pénurie. Cela, pour deux raisons : la sécheresse et la forte demande en provenance de la Chine et de l?Inde sur le marché mondial qui a fait flamber les prix. Le marché demeure néanmoins très lucratif et brasse chaque année plus de Rs 1 milliard.

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