Publicité

Quand le pouvoir marocain s?en prend à la presse

19 août 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Ahmed Benchemsi, directeur de deux magazines réputés, Tel Quel et Nichane comparaîtra en justice le 24 août. Son crime ? Avoir consacré son dernier éditorial, rédigé en français et en dirija (arabe dialectal marocain), à un discours du souverain.

En utilisant l?arabe dialectal, langage sans détour, presque cru, le journaliste a aggravé son cas. « J?ai donné l?impression d?avoir oublié l?étiquette, alors que je m?adressais au roi ! Je lui ai parlé comme à un homme, lui, le ?Commandeur des croyants ?! Au Palais, ils ont pris cela pour une insolence, alors que mon intention n?était pas du tout d?être insultant », déplore Benchemsi.

Cette affaire intervient dans un climat déjà tendu entre la presse marocaine et le pouvoir. Deux journalistes d?un autre hebdomadaire arabophone, Al Watan al-An, sont poursuivis pour avoir « subtilisé des documents confidentiels touchant à la sûreté de l?État ». Il leur est reproché d?avoir utilisé ces documents pour rédiger un dossier, publié le 14 juillet, ayant pour titre Les rapports secrets derrière l?état d?alerte au Maroc.

Si le directeur d?Al Watan al-An, Abderrahim Ariri, a été laissé en liberté provisoire, l?auteur du dossier, le journaliste Mustapha Hormatallah, est, quant à lui, sous les verrous depuis le 17 juillet. Le 15 août, Hormatallah a été condamné à huit mois de prison ferme, alors qu?Ariri, a écopé de six mois avec sursis.

L?universitaire Khadija Mohsen-Finan décèle dans la « fébrilité » actuelle du pouvoir à l?égard de la presse le signe d?une inquiétude à l?approche des législatives du 7 septembre. Les islamistes du Parti de la justice et du développement pourraient devenir la première formation politique au Parlement.

Le roi peut d?autant mieux donner ce tour de vis que beaucoup, au Maroc, ne voient pas d?un mauvais ?il de tels rappels à l?ordre.

@ 2 007 Le Monde ? Florence BEAUGÉ ? (Distribué par The New York Times Syndicate)

Publicité