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Quand le monde politique rencontre la planète mode
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Quand le monde politique rencontre la planète mode
L?habit fait-il le président? Apparemment éloignés, les univers de la mode et de la politique savent se rejoindre, comme en témoignent l?intérêt croissant pour le style vestimentaire des gouvernants.
Un penchant qui s?est accentué depuis l?arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, auteur d?une féminisation d?un gouvernement dont les membres sont très attachés à leur apparence dans le pays de la mode et époux de l?ancien mannequin Carla Bruni.
Pendant ce temps, en Amérique, les médias s?intéressent à la couleur des chemises des prétendants à la Maison-Blanche Barack Obama et John McCain, du modèle de lunettes de la candidate à la vice-présidence Sarah Palin. Quant à Michelle Obama, elle est récemment entrée dans le classement du magazine People des dixfemmes les mieux habillées.
Deviendra-t-elle une icône de mode en cas de victoire de son mari ? De Jackie Kennedy à Carla Bruni, les premières dames ont toujours eu une place au Panthéon de l?élégance.
Au début des années 1970 en France, la longiligne Claude Pompidou osait tailleurs Courrèges immaculés. Plus classique, Bernadette Chirac s?habillait français, d?une veste Dior au motif camouflage ou d?un tailleur Chanel rose.
Le jour de son arrivée à l?Elysée, l?ex-première dame Cécilia Sarkozy fit sensation dans une robe Prada ivoire.
Aux dires des professionnels, sa remplaçante dans le coeur du président, Carla Bruni, surnommée «la nouvelle Jacky O.» en «une» du magazine américain Vanity Fair, frôle le sans-faute en Dior ou en Hermès ? qui créa sa robe de mariée.
Carla Bruni-Sarkozy «faite pour cela»
«Elle est arrivée là-dedans mais elle était faite pour cela», dit à Reuters le couturier Karl Lagerfeld. «Elle est l?image parfaite de la femme élégante française. Il n?y a jamais rien de trop. Très peu de femmes qui peuvent être aussi élégantes et aussi simples», note Janie Samet, journaliste mode au Figaro.
Karl Lagerfeld, lui, n?oublie pas les hommes. «Obama est très chic. Le ministre de l?Immigration, Brice Hortefeux aussi est très choc, il est comme sa femme, il a une belle femme». «En général les hommes politiques sont mieux habillés qu?avant mais il faut se rappeler que (Robert) Badinter aussi est très chic», a-t-il aussi noté à propos de l?ancien garde des Sceaux de François Mitterrand.
Au-delà de l?élégance pure, les vêtements peuvent aussi envoyer un message politique. En 1985, le ministre socialiste Jack Lang a fait montre d?une modernité scandaleuse en se présentant sans cravate à l?Assemblée nationale dans une veste Thierry Mugler à col mao.
Au sommet du G8 de Sea Island en 2004, Jacques Chirac avait au contraire résisté en gardant sa cravate au milieu de ses homologues en bras de chemise à la demande de George W. Bush.
Selon le Journal du dimanche, le président aurait récemment demandé à ses ministres de mettre un bémol sur les mondanités. «C?est difficile pour les Français en ce moment, ce n?est pas la peine qu?ils vous voient en train de jouer les milords», aurait dit le chef de l?Etat. Des propos démentis par l?Elysée.
A l?heure où la crise financière semble anéantir toute idée de futilité, certains peuvent se raccrocher à cette pensée du milliardaire John D. Rockefeller offerte, au lendemain de la crise de 1929, à un journaliste qui lui demandait ce qu?il ferait s?il ne lui restait que 1 000 dollars . «J?achèterais un costume de bonne coupe pour rebondir. Dedans, on se sent invincible, crédible aussi bien devant un ouvrier que devant le président des Etats-Unis».
Elizabeth PINEAU
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