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Quand l?aéroport de Plaisance s?essouffle
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Quand l?aéroport de Plaisance s?essouffle
La maladie est chronique et les symptômes s?aggravent : files d?attente interminable, salles bondées et infrastructure en détérioration constituent le quotidien de l?aéroport international de Maurice. Naguère connu comme une aérogare cinq-étoiles, Plaisance est aujourd?hui au bout du rouleau.
«L?aéroport ne répond plus à nos besoins», affirme un directeur d?Air Mauritius. Pour une fois, toutes les compagnies aériennes et les réceptifs opérant à Plaisance sont unanimes : l?aéroport a fait son temps. Leurs clients (voyageurs mauriciens et étrangers) aussi bien que leurs employés en souffrent. Les symptômes se font sentir tant à l?arrivée qu?au départ.
Après l?atterrissage de son vol, un passager a toutes les chances d?être débarqué sur le tarmac. L?aéroport ne compte que trois passerelles télescopiques, ce qui n?est guère suffisant quand plusieurs arrivées et départs sont prévus, comme c?est le cas presque chaque jour, particulièrement en début de matinée et dans la soirée.
«Notre avion doit bien souvent rester au large. Ce qui n?est pas pratique pour les passagers, et surtout pendant les intempéries», explique le responsable d?une société de réceptif.
Dans le giron des professionnels, «au large» signifie un avion garé sur le tarmac pour l?embarquement ou le débarquement des passagers. Toutefois, les aires de stationnement s?éloignent encore plus de l?aérogare quand les mouvements aériens s?amplifient. Alors que la haute saison touristique battait son plein en décembre, il était devenu habituel de débarquer des passagers à côté de l?ancienne aérogare.
A chaque fois qu?un avion doit embarquer ou débarquer sur le tarmac, les passagers sont transportés par le bus accordéon de l?aéroport. Comme Plaisance n?est pas riche en de tels véhicules, le processus est parfois lent. Le passager n?est pas au bout de ses surprises quand il récupère ses bagages. Le nombre limité de carrousels se fait sentir quand plusieurs arrivées sont au programme.
«L?aéroport n?est pas adapté aux exigences de l?aviation moderne. Parler de Plaisance en tant que hub est aujourd?hui une farce», ajoute-t-on chez Air Mauritius.
Le traitement réservé aux passagers en transit à Maurice l?illustre bien. A leur arrivée, ils doivent s?arrêter à un guichet spécial, situé juste avant les comptoirs de l?immigration. Ils sont confinés à un petit espace ? que beaucoup d?opérateurs qualifient de «honteux» ? avant de reprendre un autre vol.
Côté départs, la situation n?est guère plus enviable. Le scanning des bagages avant l?enregistrement est un véritable cauchemar. Les passagers doivent faire la queue sur une longue distance. En entrant dans la salle d?enregistrement, bondée, ils ne sont pas au bout de leurs peines : il leur faudra patienter de nouveau au comptoir de l?immigration.
Dans le couloir menant aux passerelles, les passagers à l?arrivée et au départ se croisent souvent. Cette situation est plutôt cocasse dans un aéroport international. Plaisance semble également avoir perdu son sens de l?esthétisme : câbles électriques qui pendouillent, installations grossières?
«Une église pleine à craquer»
Les compagnies aériennes et les réceptifs ne blâment pas que Airports of Mauritius Ltd (AML), puisque l?Etat aurait dû lui aussi prévoir la hausse du trafic. Le gérant de l?aéroport se défend en soulignant que le véritable problème est une concentration de vols en début de matinée et dans la soirée.
«C?est un peu comme une église qui est pleine à craquer les dimanches. Faut-il augmenter la capacité de manière démesurée rien que pour satisfaire les besoins d?un seul jour ? Entre midi et 18 heures, par exemple, l?aéroport est presque mort», souligne un officiel d?AML.
Chez AML, on soutient que l?extension de l?aérogare est une priorité. Le projet comprend l?aménagement de couloirs séparés pour les arrivées et les départs, l?agrandissement du hall de départs, l?installation de nouvelles passerelles télescopiques et le réaménagement des espaces dédiés à l?immigration. Estimé à Rs 1,5 milliard, le projet accuse déjà trois mois de retard.
«Nous sommes actuellement à l?examen des offres soumises pour le design, mais nous sommes confiants de pouvoir rattraper le retard durant la construction», explique-t-on chez AML.
En attendant, AML cherche à redistribuer les arrivées et les départs. Jusqu?à tout récemment, ceux-ci étaient programmés par l?International Association of Travel Agents (Iata). Le gérant de Plaisance veut maintenant prendre le contrôle des horaires. S?il ne peut rien changer aux vols existants, il peut dicter sa loi par rapport aux nouveaux entrants. Ces derniers sont maintenant programmés durant les heures creuses.
A Kuala Lumpur, Dubayy, Singapour, Doha et Hong Kong, l?aéroport a été un élément catalyseur dans le développement touristique. Maurice ayant de grandes ambitions, Plaisance ne peut que suivre l?exemple en se modernisant à outrance. Après tout, un aéroport maladif donne une mauvaise image à un tourisme qui veut être en plein renouveau.
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