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Quand la tour ne contrôle plus la foule
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Quand la tour ne contrôle plus la foule
«Avion zot kone fer monte desane, dimoune zot pa kone fer monte desane.» La critique est acerbe. Le critiqueur, énervé. Très énervé d?avoir dû poireauter pendant plus de deux heures. Au soleil d?abord et par la suite dans un couloir bondé. Deux heures d?attente pour fouler le sol de la tour de contrôle de l?aéroport international sir Seewoosagur Ramgoolam pendant à peine quelques minutes?
Et pourtant, cette journée portes ouvertes organisée hier par le département de l?aviation civile dans le cadre de la journée de l?aviation civile internationale était une «occasion unique» de visiter certains endroits d?ordinaire interdits au public. Et de mieux comprendre le fonctionnement de l?aéroport. L?initiative était certes bonne mais les visiteurs n?ont eu de cesse de critiquer l? «organisation» et la «mauvaise planification».
Après avoir monté les escaliers en colimaçon, quand même cinq étages, les visiteurs pénètrent dans la tour de contrôle, là où n?ont accès, d?habitude, que des «personnes autorisées». 12 h 30. La tour de contrôle est bondée. Petits et grands scrutent les écrans. Chacun y va de son commentaire. Les maîtres des lieux demandent le silence. Les affaires continuent. Au ralenti, certes, mais les avions continuent quand même d?atterrir et de décoller. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sept jours sur sept. «Même si en décembre, nous sommes en peak season, le mercredi, nous sommes un peu plus libres. Le gros du trafic est concentré en matinée et en fin d?après-midi», explique Roshan Ramsurrun, aiguilleur du ciel. « C?est tout enn lekip ki gere sa system la.»
«Assurer la relève»</B>
Ils sont une vingtaine à travailler sur un système de shift. Ils sont toujours deux au minimum dans la tour. «Si l?un d?entre eux a une crise cardiaque ou autre chose du genre, l?autre doit pouvoir assurer la relève.»
Roshan Ramsurrun et ses collègues expliquent au visiteur que le premier contact entre la tour de contrôle et le pilote se fait cinq minutes avant le décollage de l?avion. «Dès qu?ils allument leur moteur, ils nous disent à quelle altitude ils souhaitent voler et quelle route ils comptent prendre.» Dès la fin de cette communication, les aiguilleurs du ciel s?activent.
Pendant ce laps de temps, ils doivent communiquer avec l?aéroport de destination de l?avion. S?assurer que l?avion pourra bien atterrir une fois à destination. Toute cette procédure ne doit pas durer plus de cinq minutes. «Le but du pilote, une fois qu?il a allumé son moteur, est de décoller au plus vite car il est en train de brûler du carburant», explique Roshan Ramsurrun. Pour ce qui est du contrôle des «montées» et des «descentes», c?est un autre département qui s?en occupe. «Lorsque huit avions arrivent et qu?en même temps, il y a six départs, nous ne disposons que de cinq à dix secondes pour prendre une décision», explique l?aiguilleur du ciel.
Les visiteurs peuvent s?en aller en jetant un dernier coup d??il à la vue. Vu le chaos qui a régné à l?aéroport hier, il est fort possible que cette première journée portes ouvertes n?ait pas de suite?
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