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Quand brillera le soleil pour les chauffe-eau solaires ?
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Quand brillera le soleil pour les chauffe-eau solaires ?
On n?est jamais mieux que chez soi. Malheureusement les «chez-soi» et autres bâtiments n?engloutissent pas moins de 50 % de la fourniture énergétique mondiale. L?ambitieux mix-energétique 2028 de Joël de Rosnay prédit que, d?ici 20 ans, 50 % des maisons seront dotées de chauffe-eau solaires. Actuellement seules 4 % le sont. Qu?attendons-nous pour les adopter ?
Si l?obstacle majeur reste, comme toujours, «le manque de sensibilisation», le Dr Khalil Elahee de l?université de Maurice concède que les chauffe-eau solaires sont relativement chers, soit Rs 35 000 pour le chauffe-eau et sa pompe à circulation d?eau. D?où le besoin pour le gouvernement de «partiellement réorienter ses subventions».
Le Dr Elahee estime qu?une subvention directe d?environ Rs 10 000, en forme d?un bon, pourrait grandement contribuer à propager l?utilisation de chauffe-eau solaires. C?est également la méthode suggérée par la Mauritius Commercial Bank dans le dernier MCB Focus. «Les subventions peuvent être versées directement aux producteurs d?énergies renouvelables en tant que lump sum.»
Et pour ceux qui clament que les subventions seraient trop dispendieuses pour l?État, la parade est toute trouvée. Il s?agit simplement du principe du pollueur-payeur. Les entreprises dont les activités ont un impact négatif sur l?environnement devront payer une «taxe verte» qui sera utilisée pour subventionner les chauffe-eau solaires.
Avec des économies sur la facture d?électricité d?environ Rs 300 par mois, celui qui adopte un chauffe-eau solaire pourrait récupérer son investissement en trois ans, tout en se mettant à l?abri d?augmentations futures du prix de l?électricité.
Une méthodologie alliant «le bâton et la carotte»
Quand on considère que le gouvernement subventionne chaque bonbonne de gaz à hauteur de Rs 185, au coût total de Rs 600 millions pour l?année 2008 seulement, on prend conscience de l?ampleur de notre myopie énergétique. «C?est insoutenable», affirme le Dr Elahee qui s?empresse toutefois de rappeler qu?il ne s?agit pas là d?un débat sur le ciblage mais plutôt sur la politique énergétique. «Attribuons des subventions là où elles bénéficieront aussi bien à l?environnement que l?économie», argue le Dr Elahee.
Lors de la présentation de son projet «Maurice, île durable» à la presse, le 26 mars dernier, Joël de Rosnay avait justement évoqué cette question. «Le nombre de chauffe-eau solaires à Maurice ne dépasse pas 4 % des bâtiments. Ce qui est très faible par rapport à d?autres pays comme l?Israël ou la Grèce qui ont un taux élevé de chauffe-eau solaires en raison d?une politique gouvernementale obligeant chaque construction nouvelle à en installer sur les toits. Mais, pour cela, il faut une subvention aux industriels produisant des chauffe-eau solaires et une aide fiscale aux familles procédant à l?installation sur leur toit.»
Joël de Rosnay et le Dr Elahee ne sont pas les seuls à prôner l?incontestable nécessité d?adopter les chauffe-eau solaires. Loin de là. Un rapport très important intitulé Energy Policy and Action Plan, financé conjointement par la Commission européenne et le Programme des Nations unies pour le développement, a récemment été soumis au gouvernement. Ce document, qui fait partie de la Politique énergétique pour Maurice, 2008-2025, est on ne peut plus clair sur le sujet. Il préconise une méthodologie alliant «le bâton et la carotte». L?installation des chauffe-eau solaires devrait devenir «obligatoire» pour l?industrie, les hôtels et les nouvelles maisons dès 2012, 2010 et 2008...
Est écrit également que les maisons possédant déjà des chauffe-eau solaires pourraient bénéficier «d?exemptions fiscales», alors que les logements à faible coût devraient en être dotés gratuitement. «Cette mesure baissera de façon permanente les factures de gaz et d?électricité pour ces foyers.» Le plan d?action du rapport stipule qu?en 2010 des chauffe-eau solaires devraient être installés dans «15 % des bâtiments, avec des plans pour arriver à 80 % dans les trois prochaines années».
Autres considérations de taille, une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre et une plus grande sécurité énergétique. Étant donné le contexte géopolitique du Moyen-Orient, ce n?est pas une coïncidence si l?Israël est un pionnier dans l?utilisation de l?énergie solaire. L?avenir se trouve dans les chauffe-eau solaires et autres énergies renouvelables. Et l?avenir, c?est maintenant.
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