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Pêche illégale : quand la région intensifie la lutte

24 janvier 2008, 00:00

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Pêche illégale : quand la région intensifie la lutte

Pris dans les filets des garde-côtes mauriciens. Cette opération de surveillance de nos zones côtières est une composante de la mise en oeuvre d?un plan contre les activités illicites, initié par la Commission thonière de l?océan Indien (CTOI) et le Fonds de développement des Nations unies. Le tout dans un cadre global chargé de réguler la pêche au thon pour sauver cette espèce menacée par la surpêche.

«La préservation des ressources halieutiques, en particulier le thon, d?une grande importance économique pour la région, devient une priorité urgente sur l?agenda politique régional, plus particulièrement dans le cadre des Accords de partenariat économique négociés entre l?Union européenne et la région», fait-on ressortir du coté de la Commission de l?océan Indien (COI), dont l?objectif principal est de resserrer la coopération régionale pour une meilleure surveillance de la zone maritime commune.

Ainsi est né un important projet de marquage de thons afin de consolider les données scientifiques relatives aux thons tropicaux et à leur degré d?exploitation. Parallèlement, une cellule de coordination régionale agit en tant que «catalyseur entre les centres de surveillance des pêches des Etats membres dans un système de partage de l?information et de la conduite des campagnes de contrôle en mer, campagnes menées de manière multilatérale». Les gardes-côtes mauriciens bénéficient ainsi de la formation et du réseau de la cellule de coordination régionale des pêches. Ils n?en sont pas à leur première inspection, mais l?arraisonnement du navire indonésien, après tirs de sommation, sonne comme un signal fort, en résonance avec la communauté internationale.

Pour le Programme régional de marquage de thons, géré par la COI, la maîtrise d??uvre revient a la CTOI, dont l?unité de gestion du programme est basée aux Seychelles. Et par ailleurs, le plan contre la surpêche a été adopté au terme d?une conférence internationale de cinq jours qui s?est déroulée à Kobe, grand port de l?Ouest du Japon. Il vise à coordonner les politiques de ces cinq organismes en matière de contrôle du commerce mondial du thon, dont la CTOI, au moyen de systèmes d?étiquetage, de partage d?informations et de mises en commun des listes noires des bateaux accusés, comme le «FV Putra Jaya», de pratiquer la pêche illégale.

Parmi la communauté internationale, il y a unanimité quant a «la nécessité critique de stopper le déclin des stocks de thon décimés, et de ramener ces stocks à des niveaux durables ».

Selon les statistiques, l?océan Indien est la région où la part des pêches artisanales de thon est la plus élevée (35 %) en raison du grand nombre de pays riverains où la pêche thonière contribue de manière importante à l?alimentation des populations ou à l?exportation. Quelque 740 000 tonnes de thon, d?une valeur de Rs 120 milliards sont pêchées dans l?océan Indien chaque année. Mais la surexploitation risque d?entraîner une baisse rapide des ressources. Ce qui ne manquera pas d?affecter l?économie de transformation (les conserveries surtout) qui est à l?origine de nombreux emplois a Maurice, a Madagascar et aux Seychelles notamment.

D?où le besoin de renforcer la coopération régionale car la pêche illégale provoque un manque a gagner colossal pour la zone. Rien que pour Maurice, ce chiffre s?élève à environ 1,5 million d?euros, selon le ministre de l?Agro-industrie et de la Pêche, Arvin Boolell.

Dans l?une de ses dernières résolutions, quelque temps avant l?arraisonnement du navire indonésien par les autorités mauriciennes, la CTOI relève qu?étant donné que «ce problème de pêche sans réglementation peut toucher les pêcheries de toutes les parties, nous souhaiterions inviter toutes les parties concernées à participer à ces activités de recherche communes qui, on l?espère, permettront d?établir l?étendue du problème et de disposer d?une meilleure connaissance concernant les

possibles moyens de lutte. À cette fin, la Commission souhaite que toutes les parties intéressées initient des actions pertinentes aux problèmes sous leur juridiction.» Port-Louis semble avoir bien compris.

EXPLOITATION

Echantillonner le thon

■ La CTOI est une organisation intergouvernementale mandatée pour gérer les thons et les thonidés dans l?océan Indien et les zones, et notamment la gestion des stocks et le développement durable de leur exploitation. Le poids total des captures en poisson pélagiques dépasse le million de tonnes depuis 1993. Les prises excédaient les 1,1 million de tonnes ces dernières années, d?où la surexploitation notée. Les thons représentent 85 % de ce total. Ces chiffres ne couvrent que partiellement les prises des flottes opérant sous pavillon de complaisance, qui ne déclarent pas habituellement leurs captures. Les prises dans l?Océan Indien représentaient 18 % du total mondial il y a dix ans ; elles représentent 24 % actuellement. Sur les dix dernières années pour lesquelles les statistiques sont disponibles, (1987-1996), les captures dans l?océan Indien sont passées de 20 % à environ 75 % de plus que celles de l?océan Atlantique. La Commission a approuvé la mise en oeuvre de programmes d?échantillonnage dans des ports de l?Océan Indien de la Thaïlande, de la Malaisie, de Singapour, d?Indonésie, de Maurice et de l?Afrique du Sud. Les programmes sont conçus pour fournir des données sur les activités des flottes qui ne fournissent pas de fiches de pêche, dont la majeure partie opère à partir de ces ports. «Le premier objectif est l?évaluation de la prise totale à travers : le contrôle de l?activité de pêche en enregistrant toute relâche des palangriers au port; le contrôle des débarquements de thon en échantillonnant aux installations de transformation, sur les docks et/ou à bord, selon que la prise est débarquée ou transbordée, pour obtenir la ventilation des espèces et des tailles ainsi que d?autres données biologiques et le contrôle des opérations de pêche thonière des palangriers par des entrevues des patrons pour obtenir les caractéristiques des bateaux et des engins aussi bien que l?information concernant les méthodes et lieux de pêche.»

(Source CTOI)

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