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Prévoir et prévenir la violence contre les enfants
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Prévoir et prévenir la violence contre les enfants
Lorsqu?on parle de violence il faut se rappeler qu?elle peut être physique, psychologique, ou sexuelle. Le manque de soins, la négligence et l?abandon des enfants sont aussi des formes de violence. Dans ce deuxième volet, nous allons aborder une forme très répandue de la violence physique et psychologique : les punitions corporelles.
Les enfants sont victimes de toutes sortes de violence. Mais la plus quotidienne et la plus répandue est la punition corporelle, surtout pour les petits enfants et les adolescents. Claques, fessées, coups sur la tête, dans l?estomac, flagellation, la liste est longue. On connaît les instruments utilisés : La règle, le rotin bazar, les meubles, les cuillers de cuisine, les savates, la ceinture, y compris avec la boucle, les graines de filaos pour s?agenouiller. Il y a ceux qui mettent du piment dans les yeux des enfants, ceux qui tirent les oreilles, ou les cheveux. Cette liste peut choquer certains. Mais elle n?est sûrement pas exhaustive.
N?oublions pas ceux qui pratiquent la violence psychologique : l?exemple le plus courant est l?enfermement des enfants dans les placards et autres endroits angoissants. Il y a aussi ceux qui les humilient devant les autres en leur enlevant toute confiance en eux. Traiter un enfant de bon à rien ne peut en aucun cas le rendre plus intelligent, plus performant. Ce type de violence se pratique aussi malheureusement à l?école quelques fois. Valoriser l?enfant, l?écouter, lui parler de ses problèmes ou l?aimer tout simplement peuvent au contraire faire des miracles.
Loin de nous l?intention de culpabiliser les parents. Nous avons tous été enfant. La plupart d?entre nous sommes des parents. Nous tenons à rappeler que la violence est déshumanisante et quelle concerne tout le monde. En effet, une personne qui a une réaction violente dit souvent ?j?étais hors de moi !?. Ce qui implique qu?on perd le contrôle de soi-même. Chacun de nous, il faut l?avouer, peut devenir agressif et blesser quelqu?un d?autre, ne serait-ce que moralement. Lorsqu?il s?agit d?un jeune enfant, l?effet peut être plus grave que dans le cas d?un adulte qui peut refuser notre attitude négative. L?enfant encaisse le plus souvent, surtout s?il s?agit d?une personne qui a une autorité sur lui, notamment un enseignant. Lorsqu?il s?agit de ses parents, ou d?un grand frère ou d?une grande s?ur, il se sent rejeté et développe des complexes.
La violence physique est une forme de maltraitance évidente, même si elle est souvent niée. Il s?agit de coups avec ou sans blessures. Ces coups sont des délits punis par le Code pénal. Les punitions corporelles ont été formellement interdites à l?école. Mais il faudrait certainement revoir la loi et le respect de la loi de plus près dans les établissements scolaires. Il faut aussi des mécanismes efficaces pour un meilleur respect réciproque des enseignants et des élèves. Et aussi pour que cesse la violence entre jeunes. Nous aurons l?occasion de revenir sur ce sujet dans les prochains articles de cette série.
Mais si c?est les parents eux-mêmes qui en sont les auteurs, la loi ne définit pas clairement leur responsabilité pénale. On sanctionne la violence des jeunes sur leurs parents, mais pas le contraire. Avec la reconnaissance de la violence domestique, il y a une prise en compte du problème mais seulement du point de vue de la mère et de ses enfants qui peuvent bénéficier d?un Protection Order.
Si l?un des parents punit un enfant violemment avec la complicité active ou passive de l?autre, il y a quelque part une acceptation tacite de la société, ici comme ailleurs, qu?ils ne font qu?exercer leur autorité parentale. La société ne veut pas se pencher sur cette question délicate parce qu?elle est composée majoritairement de parents qui ont souvent affaire à des fortes têtes et qu?ils sont souvent dépassés par l?attitude négative, voire agressive, de leurs enfants.
Malheureusement, on ne naît pas parent, on le devient. Peu de parents savent qu?on peut gérer les crises avec les enfants autrement qu?en les punissant de manière violente. D?ailleurs, la majorité des adultes ont eux même été victimes de punitions corporelles. Ils ont très certainement détesté cette attitude de leurs parents. Ils en ont souffert physiquement mais cette souffrance n?a probablement duré que peu de temps, sauf dans des cas extrêmes. Mais la souffrance psychologique peut durer toute la vie. Elle est enfouie, mais elle est là.
Certaines recherches ont montré que des enfants victimes de violence ont rarement un comportement neutre par rapport à la violence dans leur vie d?adulte. Certains reproduisent la violence. D?autres intègrent le statut de victime et se laissent agresser par leurs proches toute leur vie. Mais disons cependant que nombreuses personnes sont heureusement résilientes et ne sont pas prises au piège de ce type de violence ?trans-générationnelle.?
La violence est-elle une fatalité ? Est-elle une partie inhérente de la nature humaine ? Peut-on vraiment en venir à bout ?
Dans des cas psychiatriques, la réponse est plus difficile et passe par la prise de médicaments et d?autres types de prise en charge avec plus ou moins de résultats positifs. Dans les autres cas, on peut soigner les blessures physiques, mais surtout envisager une prise en charge psychologique de la victime et aussi de l?auteur de la violence.
N?est-il pas plus logique de prévenir la violence en travaillant plutôt en amont ? Il faut commencer par la sensibilisation et c?est précisément le but de la campagne nationale que nous avons lancée.
Ensuite il faut une éducation permanente à la citoyenneté et aux valeurs morales. La violence est une solution bancale. Elle exacerbe l?animosité et appelle la violence. Choisissons le dialogue, la médiation, les sanctions et compensations négociées et surtout la responsabilisation des enfants.
En guise de contribution dans ce domaine, notre bureau offre une formation de 20 heures sur la gestion des conflits à 50 fonctionnaires et responsables d?ONG. Ils devront idéalement répandre leurs nouvelles connaissances autour d?eux et influencer les politiques pour que plus de personnes apprennent ces techniques, surtout les parents, les enseignants et tous ceux qui travaillent avec les enfants.
<B>Par Shirin Aumeeruddy-Cziffra</B>
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