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Présidentielles sous haute tension

30 octobre 2006, 00:00

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Plus de 25 millions d?électeurs congolais étaient appelés hier à mettre fin à la transition politique initiée en 2003 après cinq ans de guerre, lors du second tour d?une élection présidentielle qui constitue le premier vote libre en 41 ans dans l?ex-Zaïre. Ils devaient départager deux ex-belligérants : le chef de l?Etat sortant Joseph Kabila, donné favori, et le vice-président Jean-Pierre Bemba. Leurs troupes s?étaient affrontées à l?arme lourde, du 20 au 22 août à Kinshasa, après que Joseph Kabila eut obtenu 45 % des voix au premier tour, le 30 juillet. Un scrutin combiné à l?élection de 632 députés provinciaux, parmi 13 476 candidats.

Les premiers bureaux de vote ont ouvert à 6 h 15 (heure locale) dans l?est de la République démocratique du Congo (RDC), une heure après dans l?ouest, en raison du décalage horaire dans ce pays grand comme l?Europe occidentale. Près de quatre heures après le début du vote dans l?est, le président de la Commission électorale indépendante (CEI) a indiqué que tout allait bien, malgré les perturbations occasionnées par une pluie diluvienne dans le sud-ouest.

Atmosphère solennelle

Dans les provinces du Kasaï (centre), où des manifestants hostiles au processus électoral avaient empêché l?ouverture de centres de vote au premier tour, ?presque tous les bureaux des grandes villes ont ouvert et aucun incident n?a été signalé?, a précisé l?abbé Apollinaire Malu Malu, soulignant que ?le système est bien rôdé, après un référendum en décembre et un premier tour de présidentielle et des législatives en juillet?. Il n?a parlé que de ?petites difficultés localement?, et promis, ?s?il le faut?, de maintenir les bureaux ouverts toute la nuit.

Le chef de la CEI ne disposait pas encore d?éléments sur la participation au scrutin. Mais à Goma (Nord-Kivu, est), les électeurs étaient moins nombreux qu?au premier tour, tandis qu?à Lubumbashi (Katanga, sud-est), les mêmes interminables files d?attente s?étaient formées dès l?aube. L?atmosphère était solennelle, moins électrique qu?au premier tour, après une campagne électorale marquée par des accrochages quasi-quotidiens et parfois meurtriers en province entre partisans des deux présidentiables.

Vendredi soir, Joseph Kabila a prévenu qu?il ne tolérerait aucune provocation lors du second tour. ?La situation est grave (...) Pour chaque provocation, il y aura une riposte?, a-t-il déclaré en soulignant que des dispositifs de sécurité étaient en place, ce qui semble un avertissement voilé à Jean-Pierre Bemba.

Les 50 045 bureaux de vote devaient fermer à 17 heures, et le dépouillement commencer immédiatement. Les résultats provisoires de la présidentielle seront connus d?ici le 19 novembre et ceux des provinciales le 5 décembre.

Le Monde 2006 Distribué par The New York Times Syndicate

PROCESSUS DEMOCRATIQUE

Surveillance internationale

■ La communauté internationale, qui finance presque entièrement les 500 millions de dollars du processus électoral, a multiplié les appels au calme et mis en garde contre toute contestation violente des résultats. Les scrutins sont placés sous la surveillance de 80 000 policiers congolais, 17 600 Casques bleus et 1 400 soldats européens. Leur régularité est scrutée par 40 000 observateurs nationaux et 1 100 internationaux, ainsi que plus de 200 000 témoins de partis politiques. Le chef de la Mission de l?ONU au Congo (Monuc), William Swing, a rappelé samedi qu?il s?agit «des plus grandes élections que les Nations Unies aient jamais soutenues» - elles ont d?ailleurs déployé un contingent d?une ampleur inédite.

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