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Préserver l?eau : rude combat pour changer les mentalités

21 décembre 2007, 00:00

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«Na pa gaspille dilo» : en sous-titre de la thématique «Chek sa, robinet la pe sec », le ton est donné pour la campagne des autorités face à la raréfaction de nos ressources en eau. L?accent sera d?abord mis sur la responsabilisation de tout un chacun, individuellement comme collectivement, opérateurs inclus. C?est ce que nous déclare un coordinateur de ce plan «direct, simple», également informatif et pédagogique.

La campagne a commencé hier sur la MBC et aujourd?hui sur Radio One. Elle se traduira aussi par des messages en SMS, des e-mails... Un volet initial étalé, selon le ministre des Services publics, Abu Kasenally, sur deux semaines. Après quoi, le comité mis en place mardi fera un premier bilan. Pour l?heure, il s?agit d?amener chacun à agir par des gestes responsables à chaque moment.

Des gestes simples mais qu?il faut trouver le moyen d?inculquer : c?est ainsi que des visuels seront déployés pour encourager les utilisateurs à ne pas laisser le robinet ouvert. L?attitude responsable devra se manifester à tous les instants : au moment de se laver, de se brosser les dents. «On pourra régler par exemple le flush des toilettes à moitié», nous indique le coordinateur.

Recycler l?eau de vaisselle

Si des plantes nécessitent absolument un apport d?eau, il faudra toutefois bannir les lances pour opter pour le bon vieil arrosoir. On troquera aussi le Kärcher contre le seau d?eau pour la voiture : un lavage à éviter de toute manière.

«Pour de l?eau que l?on met à bouillir, il faut penser à en bouillir en quantités raisonnables; pour les douches, utiliser des pommeaux économiques», ajoute Abu Kasenally.

Autre geste utile : tâcher de recycler au maximum l?eau ; celui de la vaisselle ou de la lessive pourrait suffire pour l?arrosage. On sera vigilant face aux éventuelles fuites, des pertes en eau? et en argent qu?on se doit de rapporter au plus vite au 170.

Tout de même, le coordinateur de la campagne reconnaît indirectement un problème d?attitude de la part de certains : «Ce n?est pas parce qu?il pleut un tant soit peu que nous devons nous réjouir et oublier d?être responsables. Bien au contraire, et pas seulement parce que l?apport ces dernières heures n?a pas été significatif ».

Que faudrait-il donc pour que l?attitude évolue significativement ? «Ce n?est définitivement pas le moment pour envisager une hausse du tarif de l?eau domestique. Cela serait à contre-courant de la politique des autorités pour faire face ici à la crise alimentaire qui secoue le monde entier», répond Abu Kasenally.

Mais un durcissement du ton de la part des pouvoirs publics n?est pas à exclure. «Si le volet initial de la sensibilisation ne donne pas assez de résultats, nous allons voir si le cadre légal déjà défini en 1999 et permettant des sanctions contre les resquilleurs doit être fermement appliqué.»

L?attitude à laquelle font appel les autorités n?ira pas sans une approche également responsable des autorités vis-à-vis des usagers. Parallèlement au programme de coupures, la CWA compte expliquer dans les détails les particularités du rationnement d?eau : «Si on vous parle de trois heures d?eau par jour, cela ne se fera pas nécessairement de 6 à 9 heures partout. Les contraintes de la distribution d?eau font qu?une région pourrait être desservie avant une autre. Qu?une région n?ait dans les faits que deux heures d?eau entre 6 et 9 heures à cause de spécificités géographiques ou pour permettre à une autre d?être desservie ne serait-ce qu?une heure. Le public doit le savoir pour souscrire à l?effort général.»

Dans un même élan, la campagne atteindra les écoles dès la rentrée prochaine. Et les ingénieurs de la CWA seront disponibles 24 heures sur 24 pour répondre à tout problème lié à une rupture du réseau sur le hotline précité.

Les partenaires socioéconomiques, appelés à siéger sur le comité, seront aussi sollicités. D?ores et déjà, les hôteliers, par la voix de Patrice Legris, de l?AHRIM, ont dit leur souci de sensibiliser leur personnel et leur clientèle au problème et leur choix du recyclage pour l?irrigation de leurs jardins.

Ce que tous doivent comprendre, c?est qu?il y a véritablement sécheresse. «Dans certaines régions, la situation est plus grave qu?en 1999. Notamment les nappes souterraines. Pensez à Hollyrood qui fournit les Plaines-Wilhems où 80 % du volume d?eau manquent», réitère le ministre. Alors, promis, on ne s?en lavera pas les mains !

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