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Prudent mais rassuré

31 juillet 2005, 00:00

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La communauté des affaires réserve un accueil plutôt prudent au programme économique du gouvernement pour les cinq ans à venir. C?est beaucoup de bonnes intentions, relève-t-elle. Mais qu?en sera-t-il dans la pratique ? Le secteur privé attend le premier budget de ce gouvernement pour avoir une réponse à cette question.

« C?est un programme de relance de l?intérieur. Il fait une large place à l?entrepreuneuriat local. En revanche, il parle très peu de l?international, de l?investissement étranger, de la restructuration des secteurs productifs? c?est curieux », relève Mahmood Cheeroo, directeur de la Chambre de commerce et d?industrie. Le pari peut s?avérer payant mais, c?est risqué.

« Seule, cette formule ne suffira pas pour donner une nouvelle impulsion à l?économie. »

« C?est un discours aux accents sociaux », renchérit Jean Li Yuen Fong, secrétaire général de la Chambre d?agriculture. L?accent est mis sur la démocratisation de l?économie, l?accès à la terre et au capital, l?ouverture de l?actionnariat? Rien que dans le secteur agricole, l?État compte investir Rs 2 milliards sur cinq ans pour mettre les petits agriculteurs à niveau. « Nous attendons de connaître les modalités pour mettre en pratique cette orientation. Nous proposons à l?État d?ouvrir les discussions en ce sens », dit-il.

Est-ce le moment de se montrer socialiste ou la priorité doit-elle être de sauver les secteurs en déclin ? Jean Li constate que le gouvernement entend jouer sur les deux fronts à la fois. « La priorité dans le secteur agricole est de sauver le sucre. Ce point n?a pas été négligé. Nous accueillons la décision de miser sur la diplomatie sucrière, compte tenu de l?imminence des réformes européennes au préjudice de Maurice. »

Le Joint Economic Council garde un esprit ouvert. « Le gouvernement propose un nouveau modèle économique basé sur le dialogue entre les différents acteurs et une plus grande intégration des différentes filières productives. Cela va dans le sens de ce que nous avions nous-mêmes proposé dans notre document, le Competitiveness Foresight », fait remarquer le directeur, Raj Makoond. Il se réjouit de la volonté affichée du gouvernement de régler le problème de l?accès aérien.

<B>Des promesses déjà faites</B>

En théorie, le secteur hôtelier a des raisons d?être content. « Toutes les propositions faites au ministre du Tourisme pour la relance se retrouvent dans le programme. Celui-ci prévoit un assouplissement de la politique de l?accès aérien et davantage de ressources pour le marketing de la destination. La restructuration de la Mauritius Tourism Promotion Authority tombe à point », réagit Dan Bundhoo, directeur de l?Association des hôteliers et restaurateurs de Maurice.

Le hic, c?est que pareilles promesses ont déjà été faites dans le passé, sans grands résultats. Ce qui amène Dan Bundhoo à suggérer la création d?une instance de suivi. « Celle-ci aurait la responsabilité de make things happen. »

Au-delà de l?orientation générale, le gouvernement a pu rassurer le milieu des affaires sur un certain nombre de points. À propos de la politique du taux de change, il entend pratiquer une « competitive exchange rate policy ». On peut donc s?attendre à ce que la roupie continue à se déprécier de sorte que les exportations puissent continuer à rapporter des revenus confortables. Cela voudra dire que les importations continueront à coûter cher. Mais là n?est pas le débat.

Le secteur privé avait des raisons d?être inquiet sur ce point. Avant son installation au pouvoir, ce gouvernement avait souvent critiqué la dépréciation de la roupie comme un subterfuge pour doper l?économie. Mais contrairement à ce qu?auraient pu avoir craint certains, il n?entend rien y changer. Le milieu des affaires peut se permettre un « ouf » de soulagement. « La roupie forte nous aurait fait beaucoup de mal », réagit Lloyd Coombes, président de la Chambre de commerce et d?industrie.

L?État veut enfin créer une Task Force secteurs privé et public pour coordonner les actions de relance. Les entrepreneurs apprécient et l?interprètent comme un signal à l?effet que « l?État ne fera pas de l?ombre au secteur privé ».

<B>Soondress Sawmynaden</B>

Secrétaire général de la Federation of Civil Service Unions (FCSU) et président de la Government Secondary School Teachers Union (GSSTU)

<B>« Attendons voir dans le concret » </B>

« Nous devons donner le temps au gouvernement pour qu?il traduise en faits tout ce qu?il a annoncé. Nous sommes surpris que le président de la République n?a pas nommé un syndicaliste à la PSC. Côté éducation, il y a un flou quant au passage des collèges F VI à F I-VI. Nous ne voulons pas revenir au ranking et à la compétition au CPE. C?est l?enfant qui doit sortir gagnant dans cette transition. Attendons voir dans le concret. »

<B>Rex Stephen Avocat

«De très bonnes intentions? » </B>

« La partie qui concerne les réformes proposées dans les secteurs judiciaire et Law and Order vont dans le bon sens. C?est un ensemble cohérent et séduisant, mais qui ne réussira que s?il est appliqué dans son intégralité. De très bonnes intentions qu?on espère voir se réaliser. Pas question de procéder par piece-meal. »

<B>Cadress Rungen

Travailleur social

« Bravo au désir de travailler ensemble » </B>

« Je note un désir de consulter le plus large possible, de faire remonter les expériences grass root aux décideurs. Que ce soit dans la lutte contre la pauvreté, contre la drogue ou contre le HIV/Sida, on doit dépasser le cadre de la politique partisane. J?accueille favorablement l?idée d?un Master Plan contre la pauvreté. Les mesures proposées dans le service judiciaire permettront de réduire les inégalités. Là où le petit consommateur de drogue, n?ayant pas de bons avocats, est plus sévèrement condamné que le trafiquant. »

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