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Prostitution alléguée : une pension de famille au centre du conflit

11 avril 2008, 00:00

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Des cris, des bagarres et même une agression mortelle? Trop c?est trop. Pour toutes ces raisons, de nombreuses personnes vivant dans le voisinage d?une pension de famille de Roches-Brunes ont signé une pétition, demandant que l?établissement cesse ses activités. Parmi elles, Monique, dont la maison est située juste à côté. Si elle affirme que «c?est un repaire de prostituées et de proxénètes», le propriétaire des lieux s?en défend et accuse, à son tour, ses voisins de persécution.

«C?est comme si nous étions en plein film pornographique !» Monique, une jeune retraitée habitant Roches-Brunes depuis une quinzaine d?années, ne cache pas son indignation. Elle affirme, tout comme une autre voisine, que toutes sortes de personnages à l?allure louche fréquentent l?établissement. Elle avait pourtant signé des documents à l?époque, donnant son aval pour l?ouverture de ladite pension de famille.

Elle ne savait pas alors, précise-t-elle, que les choses prendraient une telle tournure. «Nous étions d?accord pour des étrangers seulement», affirme-t-elle, tout en expliquant que peu après avoir emménagé à Roches-Brunes avec son époux et ses enfants, leurs voisins sont venus leur présenter un document, leur demandant la permission d?ouvrir une auberge. Le propriétaire d?alors (car c?est actuellement le fils qui gère l?établissement) leur aurait promis de ne louer des chambres qu?à des étrangers. Accord qui, soutient Monique, n?a été respecté qu?au début.

Agressé et laissé pour mort

«Après ça a commencé à changer.» En effet, poursuit la quinquagénaire, des Mauriciens ont commencé à y être admis et il s?agissait, selon elle, de gens peu respectables. C?est ainsi qu?il y a trois ans, un client de l?«auberge» s?en serait physiquement pris au propriétaire qui aurait reçu un coup de sabre avant d?être laissé pour mort devant l?établissement. C?est l?époux de Monique qui l?aurait conduit à l?hôpital où il a succombé à ses blessures.

«On pensait qu?après cela, ils allaient fermer», confie Monique. Mais quelques jours après le drame, à sa grande surprise, le commerce devait reprendre ses activités, le fils du défunt, Bevindra Ramiah, ayant repris les rênes. Monique et son époux décident alors de parler à la mère du jeune homme mais elle les ignore et déménage, laissant le commerce au fils qui habite les lieux.

Monique, elle, n?en peut plus. Les «cris» provenant des chambres de l?établissement sont, dit-elle, dérangeants. Tellement, selon elle, que sa fille, qui est étudiante, se plaint de ne pouvoir se concentrer. Récemment, le propriétaire aurait barricadé les fenêtres des chambres qui donnent sur la cour de Monique. Cela dans le «souci» de leur épargner certaines scènes? «Des fois, ils se bagarrent dans la chambre», confie Monique, sans s?étendre sur les autres moyens qu?ils auraient trouvés pour faire passer le temps?

«Pa gagn enn lasam ar toi la?»

«C?est très humiliant pour nous», poursuit notre interlocutrice, faisant référence à un incident survenu il y a quelques mois. Un homme, torse nu, serait alors descendu de voiture devant sa maison alors qu?elle se trouvait dans la cour avec son époux et lui aurait lancé «pa gagn enn lasam ar toi la?» Il avait vraisemblablement confondu entre les deux maisons. Des incidents de ce genre rythmeraient le quotidien de Monique. Ainsi, des marins asiatiques, qui seraient clients de la pension de famille, se seraient battus dans la rue, juste devant la porte.

Interrogé à propos de ces allégations, Bevindra Ramiah, l?actuel propriétaire de l?établissement, affirme n?avoir jamais eu de problèmes avec les autorités, tout en confirmant que différentes sections de la police ont fait des descentes dans son établissement. Mais les policiers n?ont, dit-il, jamais rien trouvé. Ce qui fait qu?il en arrive à la conclusion que «je suis persécuté». Les voisins qui seraient à l?origine de cette persécution seraient, selon lui, allés jusqu?à insulter des clients.

Le propriétaire est donc formel : les allégations de prostitution dans son établissement sont fausses. Il ajoute même être très sélectif quant à sa clientèle. Concernant les bagarres des clients, il affirme que rien ne s?est passé à l?intérieur de l?établissement, et qu?il ne peut être tenu responsable de ce que font les gens dans la rue.

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