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Proportionnelle, le débat est relancé

30 juillet 2006, 00:00

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Les débats sur la représentation proportionnelle reviennent sur le tapis. Si l?introduction de cette mesure avait été bien accueillie par la classe politique tant à Maurice qu?à Rodrigues, force est de constater que l?expérience rodriguaise provoque des réflexions sur le fonctionnement de ce système. La classe politique se penche actuellement sur les effets de l?introduction de la représentation proportionnelle à Rodrigues et analyse les conséquences dans le système électoral de l?île.

La crise politique à Rodrigues a provoqué la colère de Serge Clair, leader de l?Organisation du peuple rodriguais (OPR), rendant en partie responsable le système de représentation proportionnelle introduit à Rodrigues. Il en appelle d?ailleurs au Premier ministre afin que ce dernier revoie au plus vite ce système électoral introduit lors des consultations populaires d?octobre 2002.

Pour rappel, les recommandations de l?ancien juge Robert Ahnee, dans le cadre de l?autonomie rodriguaise, avaient été accueillies favorablement par le gouvernement MSM-MMM, alors dirigé par sir Anerood Jugnauth. La loi avait été votée en septembre 2001. Soulignons que le MR et l?OPR avaient bien accueilli l?idée que la proportionnelle fasse partie du système électoral rodriguais pour les élections régionales prévues alors. On se souvient qu?à la suite de ces élections, l?OPR avait remporté huit sièges et le MR quatre sièges. Avec l?introduction de la proportionnelle, l?OPR bénéficiait de dix sièges, alors que le MR en obtenait huit.

<B>Assumer ses responsabilités </B>

La récente démission de deux commissaires membres de l?OPR, Robertson Mercure et Marie Lindsey Castel, a provoqué des remous politiques. Cette dernière qui avait été repêchée et qui avait été alignée sur la Party List de l?OPR à la suite des élections régionales, a surpris plus d?un et a provoqué le courroux de Serge Clair. « Il est inacceptable qu?un membre qui a bénéficié du soutien de son parti et qui se retrouve membre de l?Assemblée régionale sur la Party List de l?OPR, puisse soutenir le MR. Il faut se pencher sur cette question très vite afin de ne pas se retrouver avec un système vicié », déclare avec force Serge Clair.

Les états-majors politiques à Maurice comptent se pencher sur cet aspect qui pourrait en entraîner plus d?un à faire défection. En tout cas, tout porte à croire que le Premier ministre compte en discuter avec ses ministres et les membres de son parti dans les prochains jours.

Un observateur très attentif à la question rodriguaise trouve que la représentation proportionnelle a donné un reflet exact du vote de la population rodriguaise : « C?est mettre beaucoup de choses sur le dos de la représentation proportionnelle. C?est toujours le cas quand on se retrouve en minorité. Certes, on pourrait accompagner la représentation proportionnelle par une anti defection law. »

Selon l?avocat Anil Gayan, il faudrait peut-être se pencher sur le système rodriguais. Pour lui, « quel que soit le résultat des élections au niveau local ou régional, cela ne devrait pas être affecté par la Party List ». Selon le juriste, le problème ne serait pas la proportionnelle en tant que telle. Il est clair que le système First Past the Post devrait être maintenu, mais tout en s?assurant que, quel que soit le système de proportionnelle envisagé, cela ne mettrait pas en péril la démocratie parlementaire.

« Dans la mesure où le système mis en place à Rodrigues reflète la pensée de l?électorat, il serait absurde de dire que c?est le système de représentation proportionnelle qui est responsable de la situation politique actuelle à Rodrigues », déclare un avocat de carrière. Il ajoute que les politiciens remettent toujours le système électoral en question surtout quand ils sont battus ou se retrouvent en minorité. Il faut qu?ils assument leurs responsabilités.

Prenant le cas mauricien, un autre avocat, Dick Ng Sui Wah, pense que si la représentation proportionnelle était appliquée dans le système électoral à Maurice, le gouvernement issu des élections de 2005 avec 48 % des votes, alors que l?opposition faisait 43 %, celle-ci aurait pu se retrouver au pouvoir. Cela aurait changé le cours des choses.

<B> « Rodrigues donne un bon exemple » </B>

« En tout cas, Rodrigues donne un bon exemple sur lequel on devrait se pencher. Les politiciens seraient mal avisés de rendre la représentation proportionnelle responsable de leur situation personnelle sur le plan politique », estime Dick Ng Sui Wah, qui adhère à l?idée de l?introduction d?une dose de représentation proportionnelle dans notre système électoral.

Au sein du MMM, le leader Paul Bérenger estime que Serge Clair devrait s?en prendre à lui-même. Il aurait pu faire l?économie de ses déclarations sur ses commissaires et ainsi éviter cette crise politique. D?autant que beaucoup d?espoir avait été mis dans le projet d?autonomie qui, à son avis, était un exemple dans cette région du monde.

Les événements survenus à Rodrigues risquent fort de provoquer des débats au sein de la classe politique.

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