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Profits en baisse des entreprises de textile

3 avril 2008, 00:00

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Les chiffres du Central Statistics Office (CSO) relatifs aux exportations durant l?année 2007 des entreprises exportatrices (Export Oriented Enterprises) sont éloquents. Le total des exportations de ces entreprises s?élève pour l?année dernière à Rs 37 798 millions contre Rs 33 610 millions pour l?année précédente. Une augmentation de 12,5 % a été ainsi observée sur la valeur totale des exportations de 2007 par rapport à l?année 2006. Les industries textiles et celles des produits de mer ont été les principaux artisans de cette augmentation. Ainsi, les industries de vêtements ont vu leurs exportations augmenter de 13,1 %, par rapport à 2006. Quant aux entreprises de filature, elles ont vu une hausse de leurs exportations de 20,2 %. Les industries des produits de mer (sea food) ont en 2007, augmenté leurs exportations de 21,8 % en valeur par rapport à l?année précédente.

Mais, même si les secteurs précités ont connu un accroissement sensible de leurs exportations, les profits n?ont pas suivi cette tendance à la hausse. Au contraire, ils ont baissé considérablement. C?est ce que nous révèlent les chiffres du groupe CIEL Textile. Les profits après impôts de ce groupe sont passés de Rs 280,8 millions en 2006 à Rs 104,3 millions en 2007, soit une baisse spectaculaire de près de 63 %. Harold Mayer Chief Executive Officer du Groupe Ciel Textile, sans détour, donne les raisons de ce recul. «L?appréciation de la roupie est la principale raison de la baisse des profits du Groupe. Cette appréciation de la monnaie locale est aussi importante que brusque. Nous avons, pour cette raison subie d?importantes pertes de change qui ont affecté nos profits», a expliqué Harold Mayer.

La compétition des pays asiatiques, européens ou africains à laquelle les entreprises textiles mauriciennes sont soumises a été en effet exacerbée par le taux de change de la roupie. Cette appréciation affecte de façon continue, la compétitivité des produits textiles du pays. De plus, les hausses du coût de l?énergie et de certaines matières premières sont aussi à incriminer car elles grèvent les coûts de production et réduisent les marges des exportateurs. En effet ces derniers ne peuvent pas, à n?importe quel moment, répercuter l?augmentation de leurs charges à leurs clients européens ou américains. Cela en raison non seulement de la rude concurrence à laquelle ces entreprises mauriciennes sont confrontées, mais aussi parce que les prix des produits ne sont révisés que de façon saisonnière.

<B>«Taux de change défavorable»</B>

Le Groupe Ciel Textile n?a pas été le seul, l?année dernière, à avoir connu une telle mauvaise fortune. Plusieurs autres entreprises du secteur textile ont vu leur marge bénéficiaire baisser de façon significative. «Nous avons vu notre marge bénéficiaire diminuer considérablement l?année dernière. Le taux de change défavorable est à l?origine de nos difficultés, sans parler de l?augmentation de nos coûts de production», a expliqué cet entrepreneur du secteur textile qui a requis l?anonymat. «Nous exportons des T-shirts vers l?Angleterre au prix de £1,5 l?unité. Malheureusement la livre sterling équivaut à environ Rs 52 actuellement, contre Rs 62 auparavant. En moyenne, nous supportons une perte de change de Rs 15 par unité de tee-shirt vendu. C?est une perte énorme pour nous», confie cet exportateur.

Danielle Wong de la Mauritius Export Association estime que «l?appréciation de la roupie a un impact certain sur la marge de profit des entreprises. Il faut ajouter à cela l?effet conjugué de la baisse des commandes, des retards de livraison etc?qui tous contribuent à l?érosion de la marge bénéficiaire des entreprises mauriciennes».

Maurice Vigier de la Tour, Chief Executive Officer de Denim De L?Ile estime quant à lui, que la situation est grave. «Une combinaison de plusieurs facteurs notamment, la hausse du prix de l?énergie, de l?huile, du gaz et l?appréciation de la roupie observée ces trois derniers mois affecte nos activités. La récession aux Etats-Unis qui s?est étalée jusque dans certains pays européens rend actuellement les ventes de nos produits beaucoup plus difficiles.»

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