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Princes Tuna, la famille en eau claire
Une année à doser la saumure. A calibrer ses gestes en fonction des dimensions de la boîte de conserve. A respirer les odeurs du thon. Il fallait bien une bouffée de grand air ! Un jour pour rompre la monotonie des cadences de l?usine. Concilier horaires de travail et temps passé en famille. A force de manipuler un produit venu de l?océan, Princes Tuna a vu les choses en grand. Pour son Family Day annuel, l?usine de Riche-Terre a convoyé près de 8 500 personnes au parc aquatique de Belle-Mare. Un personnel de 2 300 paires de mains qui a accepté l?invitation en masse.
Manèges, bassins et toboggans ont été pris d?assaut par la marmaille hurlante. Au bord de la piscine, un père visiblement débordé, retient sa fille par le bras. Mélanie n?entend pas se laisser faire. Voyant que ses cris suraigus sont noyés par la foule et la sono qui diffuse en boucle des tubes à la mode, voilà qu?elle mord cette main paternelle qui fait barrage entre elle et l?eau.
Autour, d?autres parents amusés ne quittent pas des yeux leur progéniture. La foule est compacte. De temps en temps, on croise des accents tamouls. Ce sont les expatriés srilankais employés par l?usine. Les femmes sont drapées dans leur plus beau sari. Les mains couvertes de dessin au mehendi, elles indiquent par geste l?endroit où elles souhaitent se faire prendre en photo.
Partout des queues interminables. Le moindre arbre, le moindre carré de pelouse est occupé par des sacs de sport ou des tentes en vacoas, d?où débordent des serviettes de plage et des katora remplis de déjeuners substantiels. Riz accommodé de mille manières : blanc avec du curry, jaune façon briani, brun pour les recettes roussies à la sauce d?huître.
Une salle verte dressée à côté du parking sert de food court. Attablés autour de plusieurs assiettes de frites et de faratas, d?où déborde une sauce de masala onctueuse, Karine, printer operator, son mari, Gino, et ses deux fils. ?Nou finn rat bis gramatin.? Mais pas question de priver sa famille de cette sortie. Alors, avec les 15 autres personnes qui ont vu passer trois navettes sans y trouver de place, elle s?est arrangée pour louer un minibus et faire le trajet de Vacoas à Belle-Mare. A l?autre bout de la tente, une discothèque a été improvisée, ?parski tou dimounn Princes Tuna kontan danse?.
Après la chaleur d?étuve de la salle verte, le crachin accentue la chair de poule des corps ayant fait trempette. Avec un sourire en coin, ils ont l?air de narguer les frileux qui rasent le bord des toboggans. Certains téméraires redescendent des manèges, les doigts tremblants et le sourire crispé, la démarche légèrement chancelante. A la sortie du tunnel noir, réservé aux intrépides, Nicolas et Damien ont la tête qui tourne. ?Leker kapav arete sa kalite fer noir la.? Ils partent d?un grand éclat de rire. Le temps de se sécher, de manger un morceau et ils sont fin prêts à recommencer.
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