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Prendre un enfant par la main
Accueillir 16 enfants gratuitement au pré-primaire, leur donner un repas quand les parents appellent pour dire leur incapacité de le faire, voilà la preuve qu?il existe encore des personnes qui sont à l?écoute pour aider les autres à sortir de la misère. C?est le cas pour Anooradha Pooran, directrice de Mini Mini Keums, l?école maternelle située à l?impasse Paul Baillache à Chemin-Grenier.
Cette habitante de Curepipe a ouvert cette école à l?époque où elle cherchait une institution pour son fils de trois ans . ?J?ai dû l?envoyer à Curepipe, avec toute la fatigue et le stress qui s?ajoutent aux longues heures du voyage. C?est ainsi que m?est venue l?idée d?ouvrir cette institution pour répondre aux besoins des parents?, raconte la directrice de Mini Mini Keums, consultante de profession dont les services ont été retenus par la firme Coopers and Lybrand.
Comme certaines entreprises qui viennent tout juste de démarrer l?école a eu des débuts difficiles. ?Il n?y avait que quatre enfants seulement?, rappelle Anooradha Pooran.
Elle ne se découragea pas pour autant. En attendant, l?idée de former une association fait son chemin. Elle regroupe quelques bénévoles et des membres de L?Association des Dames de Camp-Charlot de la localité et discute de son projet. L?Association Pour l?Education Des Enfants Défavorisés (APEDEP) voit le jour. Elle prend la responsabilité d?un enfant défavorisé pour l?envoyer dans une école maternelle, après qu?un accord a été conclu avec la direction. ?Dès que nous sommes avertis qu?il y a un ou deux enfants qui ne peuvent aller à l?école, nous faisons le nécessaire, financièrement, pour qu?ils puissent avoir la chance d?étudier?, explique Anooradha. C?est ainsi que quarante-huit enfants dont les parents sont dans le besoin, bénéficient d?une éducation gratuite dans des écoles maternelles à travers l?île, ceci avec le soutien financier aussi du Mauritius Council of Social Services (Macoss) et des Organisations Non Gouvernementales (ONG). ?Il n?est pas question que ces enfants soient privés de leurs droits pour des raisons financières?, explique-t-elle
Confidentialité
Elle sait pouvoir compter sur le soutien de son personnel ? il y a trois enseignantes ? à l?école Mini Mini Keums. Anooradha va plus loin. Elle prête une oreille attentive aux élèves qui sont psychologiquement affectés à la suite de problèmes familiaux. ?Nous avons même eu un cas où un enfant avait reçu de graves brûlures au corps et qui après deux ou trois jours, n?avait pas encore été à l?hôpital pour des soins. Je vous laisse deviner les raisons derrière cette affaire ??
Selon la directrice, le cas de cet enfant cité plus haut, n?est que le sommet de l?iceberg. Il y a pis encore. Elle n?en dira pas plus, pour respecter la confidentialité qui est la règle de l?institution.
Pour que APEDED poursuive son ?uvre auprès des enfants démunis de la société, les responsables de cette association lancent un appel aux opérateurs économiques pour qu?ils l?aident financièrement ou par des dons de matériel scolaire. Toute autre forme de contribution est acceptée pour que des enfants puissent eux aussi connaître le bonheur de s?asseoir sur un banc d?école. Qu?est-ce qui fait Anooradha s?engager à fond dans une telle entreprise humanitaire ? ?Je sais ce que c?est que la misère. C?est pour cette raison que je voudrais que les enfants ne connaissent pas les mêmes difficultés pour gravir les échelons de la vie?.
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