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Pravind Jugnauth : ?Nous soutenons Daureeawoo?

26 février 2004, 20:00

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LE vice-Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnauth, apporte un sérum au président contesté du comité parlementaire de l?Independent Commission against Corruption (Icac), Racheed Daureeawoo. Il donne un certificat de compétence à son député en affirmant qu?il lui accorde son soutien. ?Nous le soutenons et nous lui faisons confiance.? Interrogé par l?express, il insiste que le ?nous? inclut son partenaire, le MMM, qui est du même avis.

Evoquant la motion de blâme, Pravind Jugnauth pense qu?il était normal que Racheed Daureeawoo demande l?avis du parquet. D?autant qu?il était une des parties dans cette affaire. Le leader du MSM est confiant que le comité parlementaire retrouvera sa sérénité très bientôt.

Le maintien de Racheed Daureeawoo à la présidence du comité parlementaire interpelle. Son départ envisagé à un moment pour ses ?faux pas?, selon un membre du comité, n?est plus d?actualité pour des raisons qui restent floues. Les spéculations vont bon train alors que l?opposition maintient la pression pour le faire partir. Son ?inexpérience?et ses décisions ?maladroites?, selon l?opposition, n?ont pas eu raison des calculs politiques. Certains pensent que le MSM veut conserver l?Icac sous son joug avec ses poulains à la tête de l?institution. Le MSM a sans doute jugé imprudent de laisser la mainmise de l?organisme à son partenaire, le MMM.

Libre décision

Mais des sources proches du MSM affirment que Pravind Jugnauth était à un moment pour faire partir Racheed Daureeawoo. Un membre du MMM laisse, lui, entendre que Sir Anerood Jugnauth aurait laissé Racheed Daureeawoo libre sur cette décision.

Un membre de l?opposition exploite la situation et affirme qu?il serait risqué avec ? les squelettes dans l?armoire? du MSM que celui-ci perde le contrôle sur l?Icac et imagine déjà le pire scénario : ?Le MMM pourrait alors tirer les ficelles au grand désarroi du MSM, qui se verrait de plus en plus affaibli.?

Cela expliquerait que le MSM soit venu à la rescousse de Racheed Daureeawoo, qui devra ménager les commissaires dans le monitoring du fonctionnement de l?institution, évoquent certains milieux.

La proximité du président de la République avec le commissaire de l?Icac est un autre élément démontrant que cette institution a les faveurs du chef de l?Etat. Les relations entre les deux hommes remontent au temps où le fonctionnaire Beekarry du parquet avait souvent aidé le Premier ministre d?alors, Sir Anerood Jugnauth.

Un dossier volumineux, envoyé à l?Appointments? Committee et mettant en cause les commissaires, est resté lettre morte. Aucune réunion n?a été convoquée pour examiner les allégations de l?ex-directeur des enquêtes, Roshi Bhadain. C?est le président de la République qui convoque le comité. La lettre de Moussa Taujoo, critiquant la commission, avait eu plus de considé-ration. Karl Offmann, le président d?alors, avait convoqué l?Appointments? Committee pour en discuter.

Démission en bloc

Le MMM, selon un dirigeant travailliste, voudrait remplacer Racheed Daureeawoo. Il aurait pris contact avec l?opposition pour son avis sur une éventuelle nomination de Veda Baloomoody. L?opposition aurait affirmé n?avoir aucun a priori sur cette idée. Le secrétaire général du MMM, Ivan Collendavelloo, a laissé entendre dans ses déclarations qu?il avait des réserves sur la présidence de Daureeawoo.

L?opposition reste mobilisée. Une réunion a eu lieu entre ses légistes, hier, pour déterminer la stratégie sur la motion à être présentée en cour. À l?issue de cette réunion, plusieurs options sont à l?étude : une démission en bloc, la présentation de la motion tout de suite ou la présentation d?une nouvelle motion de blâme. La motion de la cour repose sur le non-respect des procédures lors des réunions tenues le 10 décembre 2003 et le 19 janvier 2004.

L?opposition juge ?illégal? que Racheed Daureeawoo n?ait pas débattu la motion de Xavier-Luc Duval sur la nécessité d?écouter Roshi Bhadain. Elle va se prévaloir des Standing Orders pour démontrer que le président n?a pas respecté les procédures.

La motion de blâme est un autre sujet de discorde. Racheed Daureeawoo avance qu?il n?y a pas de dispositions légales pour le révoquer. Or, l?opposition est d?avis que si un comité peut nommer un président, il peut aussi le destituer. Le speaker, Dev Ramnah, est du même avis que l?opposition et avait jugé la motion recevable.

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