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Pour une meilleure place au soleil

25 janvier 2006, 20:00

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Le tourisme mondial consolide sa reprise. La destination mauricienne en profite-t-elle pleinement ? Les assises du tourisme, du 9 au 10 février, se pencheront sur les moyens que le pays doit se donner pour s?épanouir.

L?Organisation mondiale du tourisme (OMT) recense, dans ses dernières statistiques, plus de 808 millions de touristes en 2005. Ce chiffre représente une croissance de 5,5 % par rapport à 2004, année elle-même exceptionnelle avec un taux de croissance de 10 %. Après plusieurs années de turbulences marquées par les attentats du 11 septembre 2001, les guerres en Afghanistan et en Irak, le terrorisme, les catastrophes naturelles et l?épidémie Sras, l?OMT prévoit une tendance à la hausse pour 2006, si la grippe aviaire et le prix du pétrole ne jouent pas les trouble-fêtes. Un taux de 4 à 6 % serait envisageable. Ces trois dernières années, le nombre de touristes a progressé de 100 millions.

Les retombées devraient être bénéfiques pour Maurice qui table sur une progression annuelle de 10 % (la croissance pour 2005 était de 6 %). Le vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier Duval se dit confiant de pouvoir replacer l?industrie sur une trajectoire de forte croissance : ?Nous allons maintenir nos efforts en faveur de la libéralisation aérienne, surtout par rapport à l?Afrique du Sud. Nous sommes en train de revoir le branding de Maurice. Dans cette optique, nous allons restructurer la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA).? Les marchés qui vont assurer la progression de l?industrie sont l?Italie, l?Afrique du Sud, l?Inde, l?Australie et la Russie.

Mais le c?ur du débat reste l?accès aérien et la visibilité de la destination. Le développement des nouveaux marchés pour ?combler? les périodes creuses est une stratégie qui peut rapporter des dividendes rapides, selon les spécialistes. Le marché indien semble avoir le profil tout trouvé. Le ministre du Tourisme y dirige une mission le mois prochain. Les pays scandinaves sont aussi un marché complémentaire.

La capacité de transport suit-elle la demande des voyageurs ? ?Il y a des demandes supplémentaires en août et décembre, que nous n?arrivons pas à satisfaire en raison d?un manque de places d?avion. Ce problème n?est pas insurmontable. Nous l?avons démontré en décembre dernier, avec une approche concertée et cohérente et une préparation en avance?, explique Patrice Legris, directeur de l?Association des hôteliers et des restaurateurs de l?île Maurice. En effet, 24 000 sièges d?avion supplémentaires ont alors contribué à améliorer la performance des hôtels. La démarche a été d?exploiter au maximum les marchés traditionnels tels la France et l?Italie.

Air Mauritius concentre ses efforts sur les grands aéroports de correspondance (Paris, Frankfurt, Milan et Londres). Cette stratégie consiste à toucher la clientèle de plusieurs pays sans y opérer une desserte. ?A travers l?Allemagne, par exemple, nous touchons plusieurs pays de l?Europe de l?Est. Notre stratégie de correspondance vers les villes clés nous ouvre des marchés dans d?autres endroits?, indique Robert Alizar, conseiller chez Air Mauritius. ?Nous avons pu rétablir le taux d?occupation à son plus haut niveau. Notre objectif de croissance annuelle de 10 % minimum implique la construction de 1 000 chambres supplémentaires, créant 7 000 à 8 000 emplois directs et indirects?, dit Xavier Duval.

Le tourisme en Afrique subsaharienne n?est pas en reste de la croissance mondiale, avec une croissance de 13 %, tirée principalement par des forts taux de progression au Kenya, au Mozambique et en Afrique du Sud. Une desserte triangulaire Londres-Johannesburg-Maurice et retour (direct) sur Londres sera assurée par la compagnie Comair. Une collaboration avec les Seychelles et un package France-Réunion-Maurice sont des idées sur lesquelles travaille le ministère du Tourisme.

?Nous touchons des touristes américains à partir du Kenya, du Zimbabwe et de l?Afrique du sud. Mais les connexions aériennes restent le principal problème pour développer la coopération?, estime Karl Mootoosamy, directeur de la MTPA.

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