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Pour arriver au sommet
Sylvette Bégué mère de trois enfants, n?avait pas de grandes ambitions lorsqu?elle a commencé il y a deux ans, à cultiver quelques légumes dans sa cour à Rivière-Trouloulou pour sa consommation personnelle.
A force de persévérer, elle a fini par transformer son petit coin isolé en un grand potager avec toute une variété de légumes .
Soutenu financièrement par le Trust Fund For The Integration of Vulnerable Groups, à Rodrigues qui apporte également son assistance à la communauté agricole, Sylvette ne s?est pas contentée d?opérer en amateur dans ce domaine. Au fils du temps, elle a développé une nouvelle approche. L?objectif :faire de la plantation une source de revenus conséquents pour la famille, satisfaire la demande, approvisionner les petits hôtels et les restaurants qui viennent frapper à sa porte pendant les moments difficiles et surtout pendant la période des fêtes de fin d?année.
Pour y arriver, elle ne suffit pas de travailler seulement la terre. Il y a les méninges aussi, Sylvette pense d?abord à l?eau, élément indispensable et vital pour la culture maraîchère. Aidé de ses deux fils, Stephen et Donovan, la maman met en place une réserve d?eau grâce à un système de goutte-à-goutte.
Résultat : six mois plus tard, elle fait une récolte de plus de trois-cents kilos de tomates, dont la culture est très peu répandue dans la région où elle habite.
Et cette démarche, qui avait été initialement conçue par Sylvette comme un passe-temps, fait aujourd?hui le bonheur de la famille .
Et grâce à ses efforts et aux sacrifices, Sylvette est une femme heureuse. Ses revenus, provenant de la vente des légumes, peut aujourd?hui permettre à Donovan, son fils, étudiant au collège de Grande-Montagne, de voyager par l?autobus pour aller à l?école. ?Lontan li ti bizin marse plus qui dix kilomètres par zour. Cinq pou allé cinq pu retourne, a traver montagn?.
Jean-Noël Samoissy, responsable du TFIVG à Rodrigues, qui suit attentivement le parcours de ses bénéficiaires, témoigne. ?Ce long trajet qu?il avait à parcourir quotidiennement pesait lourdement sur ses études . Et depuis quelque temps, je note qu?il est beaucoup plus studieu?.
Cette étape franchie, Sylvette ne compte pas s?arrêter en si bon chemin. En avril dernier, elle déjà fait un investissement de Rs 33 000, un emprunt négocié d?une organisation non gouvernementale pour la construction d?un nouveau réservoir dans sa cour.
Sylvette n?hésitera pas : s?il lui faut parcourir des kilomètres et des kilomètres pour arriver au sommet de la colline La Rivière-Trouloulou, elle le fera pour subvenir aux besoins de sa famille.
En attendant la prochaine récolte, Sylvette passe son temps à défraîchir une nouvelle portion de terre pour les semences et, des fois, surveiller les porcs, qui grognent bruyamment à l?arrivée des visiteurs .
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