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Portrait d?un jockey mauricien sur Equidia

30 janvier 2005, 00:00

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Vingt heures de rushes pour un documentaire de 52 minutes baptisé Le destin de Vishan. «A Equidia, notre propos, c?est de prendre le cheval comme axe afin de raconter des destins exceptionnels. Celui de Vishan Venkaya nous a touché parce que rien, ne prédisposait ce jeune homme à devenir jockey. Il était au collège du Saint-Esprit, l?un des collèges qui forme l?élite de l?île Maurice, et pourtant lui, a choisi d?être jockey. »

Ce qui a davantage touché Pierre Meynadier, c?est le coup du sort de Vishan Venkaya, survenu alors qu?il était dans sa période de gloire. Contraint en 1998 de mettre fin à sa carrière de jockey après une opération à l?épaule gauche, Vishan Venkaya s?est vu offrir la chance de devenir entraîneur. « C?est cette générosité du Mauritius Turf Club de lui accorder sa licence d?entraîneur qui nous a beaucoup touché, » poursuit Pierre Meynadier.

Au bout de plusieurs mois de recherches, Pierre Meynadier est alors en mesure de rédiger son scénario. « Nous avons également pour dessein de romancer l?histoire afin de permettre une immersion dans la culture mauricienne. C?est la raison pour laquelle nous avons attendu la fête du Cavadee pour situer l?histoire de Vishan au c?ur même de cette fête. En écrivant le scénario voilà déjà un an et demi, j?avais imaginé que le jeune homme irait se faire soigner chez un guérisseur. C?est exactement ce qui s?est passé. Il est allé trouver la paix chez un guérisseur du Sud appelé Dada. »

Grâce à une caméra qui filme en format 16/9ème, et le soutien d?une assistante et d?une preneuse de son, Pierre Meynadier filme, se délecte et apprend lui aussi, avec des yeux d?enfant. Sur Equidia, le documentaire a valeur de docu-fiction ou de fiction du réel. Le but c?est d?abord et avant tout de rendre extraordinaire, ce qui est ordinaire. «Dans mes films, j?essaye d?aller à l?essentiel. Je recherche le côté authentique des choses. Avec ce qui a été tourné à Maurice, on n?y verra pas le côté touristique de l?île, mais plutôt ce qui se cache en arrière-plan. Nous avons tourné principalement dans le Sud, là où c?est encore assez sauvage, avec, des gens bourrés d?authenticité. »

Pour lui, son métier, c?est un engagement. D?abord pour ce qui fait figure d?authenticité culturelle et de vraies valeurs. « Sur les chaînes de télévision, le documentaire est souvent le parent pauvre des grilles de programmes. Aujourd?hui, la télévision accorde une place minime à la culture. La place du documentaire est limitée. Quand une chaîne en diffuse et en produit, elle est très exigeante. Elle recherche la qualité, tant au niveau de l?écriture que de l?image. Cela devient une véritable discipline cinématographique. De leur côté, les téléspectateurs apprennent des choses, même si c?est scénarisé. Le documentaire consiste ainsi à mettre en scène. Il devient, par conséquent, le documentaire du réel. »

<B>Vishan Venkaya : La renaissance</B>

Il pensait ne jamais pouvoir repiloter un cheval dans une compétition. Après le diagnostic d?une équipe anglaise, Vishan Venkaya vient d?apprendre qu?il pourra retrouver le Champ de Mars et la compétition.

« Je ne peux pas décrire ma joie quand j?ai appris que je pouvais repiloter. » De passage récemment en Angleterre, il a déjà renoué avec la compétition, en s?alignant dans pas moins de quinze courses. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, Vishan verra sa vie et son ?uvre portées dans le documentaire de Pierre Meynadier, au titre flatteur : Le destin de Vishan. « Je suis incapable de trouver les mots pour décrire mon émotion et ma joie d?avoir pu toucher le c?ur de Pierre Meynadier. » Homme simple, au sourire timide et à la démarche discrète, Vishan Venkaya est sans doute l?une des plus fines cravaches de l?hippisme mauricien. Formé au métier de jockey par la Mauritius Turf Club, il a remporté la Maiden Cup en 2000, en pilotant Gwinganna, après avoir décroché pas moins de vingt-cinq victoires.

« Etre privé de compétition pendant tout ce temps m?a profondément bouleversé. Je suis très heureux de tout ce qui m?arrive ces derniers temps. » Si aujourd?hui il se découvre des talents de comédien, l?homme qui de destinait à une carrière d?avocat, alors qu?il était coureur de fond, ne regrette pas du tout son choix.

« Je suis un amoureux du cheval. Je ne pense pas que j?aurais pu faire carrière dans la profession légale. Etre devant la caméra c?est très dur pour moi parce que je n?y connais rien du tout. Parler de moi, c?est encore plus dur, » nous confie-t-il entre deux petits rires.

« Aujourd?hui que j?ai retrouvé mes facultés physiques, j?ai hâte de renouer avec la compétition. »

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