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Ponappa Naiken remplace Bérenger comme SG du MMM
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Ponappa Naiken remplace Bérenger comme SG du MMM
Plusieurs timides tentatives et sans lendemains de Paul Bérenger de s?éloigner de la direction réelle du MMM marquent l?histoire de ce parti (40 ans dans deux ans ? Savoir si cela se fêtera ou non est une autre question, pour l?instant sans réponse). On ne peut guère dire, en effet, que réussies furent ces différentes tentatives, Bérenger redevient bien vite et le plus logiquement possible le principal décisionnaire du parti et son leader historique incontesté. La désignation de Shamoogom Ponappa Naiken comme secrétaire général du MMM (poste occupé par Staline, au sein du Parti communiste soviétique, de 1922 à sa mort) n?échappe guère à cette règle militante absolue ou presque. Ce n?est pas l?offenser que de penser que nos collections de journaux conservent mieux que dans la mémoire collective des militants, coaltar ou pas, une trace tangible de sa désignation.
Des journaux non partisans subodorent précédemment la désignation à ce poste crucial et stratégique de Raj Virahsawmy, frère de Dev et cousin de Deva et futur leader éphémère d?un mouvement pro-Tamouls et Télougous,. Cette ingérence médiatique, dans les affaires internes du MMM, dut lui être fatale car il ne fera pas même partie du politburo dirigé, selon les statuts du parti, par le nouveau SG, Ponappa Naiken, mais, en fait, par Anerood Jugnauth et Paul Bérenger. Dire que Ponappa Naiken fut le premier paravent de Paul Bérenger est un pas que nous laisserons d?autres franchir, si l?envie leur prend.
Mais qui est Shamoogum Ponappa Naiken ? C?est avant tout un militant historique. Ses premiers contacts avec le MMM remontent à septembre 1969, après la manifestation anti-Alexandra Ogilvy, au rond-point de Saint-Jean. Ponappa Naiken, instituteur de son état et pour son malheur, anime aussi un club de jeunes à Curepipe Road. Il sollicite de l?aide, à droite et à gauche, pour étoffer son animation.
Le site historique du rond-point de Saint-Jean, théâtre du coup d?éclat et de l?acte constituant du MMM fut démantelé par la suite par quelques iconoclastes, plus sensibles à la fluidité de la circulation routière qu?au souvenir de cette bataille rangée, permettant à de jeunes militants, au courage et à la bravoure illimités, d?affronter le terrible Etat policier cum tapeurs et même futurs meurtriers du Parti travailliste et du PMSD. Policiers et tapeurs, également matraqueurs, n?y vont pas de main morte, galvanisés qu?ils sont, à l?idée que chaque coup, tabassant un militant désarmé, aura l?effet d?un baume réparateur sur le c?ur meurtri de Gaëtan Duval et des idéologues attardés du Parti travailliste, navrés de découvrir que ces jeunes téméraires osent, en s?opposant aussi courageusement à la visite réchauffée de la princesse Alexandra (ayant eu, le 12 mars 1968, la pétoche d?assister à l?accession de Maurice à l?Indépendance), défier leur emprise sur la vie politique à Maurice. Crime de lèse-majesté impardonnable pour qui revendique le droit à l?excès, sinon le droit divin au pouvoir.
Le MMM naissant survivra victorieusement à cette tentative musclée de l?écraser dans l??uf. Un an plus tard (septembre 1970), victoire triomphale de Dev Virahsawmy, lors d?une partielle au No 5 (Triolet-Pamplemousses) avec 70% des voix. Des ministres PTr-PMSD s?enferment dans l?hôtel du gouvernement, attendant vainement une inexorable prise du pouvoir par un MMM au sommet de sa popularité, tentative de coup d?Etat n?ayant existé que dans leur imagination terrifiée. 1971 sera l?année de braise des grèves générales, mettant à genoux les principaux secteurs économiques de Maurice mais aussi celle des meurtres de Fareed Muttur et d?Azor Adélaïde. Suit une année de prison politique à Alcatraz couleur marron pour les principaux dirigeants militants. Demi-victoire mauve aux législatives de décembre 1976 (les deux députés de Rodrigues permettant seuls au PTr-PMSD de former le gouvernement de 1976 à 1982). Et l?apothéose de la victoire sans contexte, premier 60-0 de l?Histoire, du 11 juin 1982.
Pour en revenir à Shamoogum Ponappa Naiken, il prend contact, après la manif de Saint-Jean, avec Chaffick Jeerooburkhan et Ramesh Seereekissoon et adhère au MMM, entraînant avec lui ses amis, Amédée Darga et Raja Bhadain. Ils créent une cellule à Curepipe, ville dite Lumière mais où pullulent les tapeurs les plus féroces du PMSD, ayant leur quartier général à la rue Derby. Leur tient tête cependant Madame Azor, née Apollon, fidèle et incontournable pilier de la paroisse Sainte-Thérèse.
L?instituteur mauve Naiken est marqué au fer rouge travailliste. De 1971 à 1976, il subit pas moins de 13 transferts arbitraires. Il démissionne pour se porter candidat à Vacoas-Floréal (No 16). Battu, il se lance dans le syndicalisme au sein de la GWF qui lui confie le secteur zone franche. A la mi-1982, il remplace Paul Bérenger comme secrétaire général du MMM. Il deviendra par la suite le directeur de la cellule de communication de Mauritius Telecom.
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