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Polémique entre l?université et le SSR Medical College

15 avril 2008, 00:00

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Les relations entre le SSR Medical College et l?université de Maurice (UoM) n?affichent pas la grande forme. A l?origine de ce différend, une récente correspondance du vice-chancelier de l?institution de Réduit demandant au collège médical de Belle-Rive de restreindre le recrutement d?étudiants mauriciens.

Dans une lettre datant de fin février, Indur Fagoonee demande à Rudra Pratap Narain Singh, président du SSR Medical College, de ne pas accepter plus de 20 % de Mauriciens lors du prochain exercice de recrutement. Mais ce dernier proteste et le ministère de l?Education doit intervenir pour rappeler certaines choses. Une intervention que le ministre de l?Education nationale, Dharam Gokhool, lui-même a confirmée au Parlement mardi dernier.

Le 25 mars dernier, le ministère a intimé à la direction de l?université de Maurice de respecter l?accord conclu entre le SSR Medical College et le gouvernement en 1999 ainsi que le protocole d?accord signé entre les institutions de Réduit et de Belle-Rive en 2005.

Selon ces accords, le SSR Medical College doit recruter «au moins 20 % d?étudiants mauriciens» à chaque rentrée. L?université, qui délivre les diplômes en partenariat avec le SSR Medical College, a cependant son mot à dire en ce qui concerne le recrutement d?étudiants locaux. Sauf qu?avant qu?un quelconque changement puisse être apporté à cette clause, des consultations doivent obligatoirement avoir lieu. Or, dans ce cas précis, de pourparlers, il n?y en a point eu.

C?est d?ailleurs ce que confirme le président du SSR Medical College. Joint par l?express, il devait préciser, de l?Inde :«Je ne suis pas au courant de consultations autour de cette question.» Il refuse cependant de parler de problème, mais plutôt d?une «réflexion émise quelque part par quelqu?un ».

<B>Lettre au PM</B>

Le ministère de l?Education a donc «suggéré» au vice-chancelier de l?université de Maurice d?opter pour la concertation avec toutes les parties concernées avant de pouvoir prendre une décision sur cette question.

L?irritation aurait été telle, du côté de Belle-Rive, que même le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a été appelé à la rescousse dans une lettre datant du 25 février dernier. «Je me devais d?informer tous ceux concernés, à commencer par le chef de l?Etat», explique Rudra Pratap Narain Singh.

Dans sa lettre au PM, il dit soupçonner une tentative d?amener les étudiants mauriciens à se diriger vers d?autres écoles médicales. Aurait-il en tête l?intention de l?université de Maurice de créer son propre collège médical sous le UoM Trust ? Collège dont les opérations devraient débuter d?ici l?année prochaine ? Au téléphone, Rudra Pratap Narain Singh n?a pas souhaité faire de commentaires à ce sujet.

La demande pour des médecins étant très élevée à Maurice actuellement, l?on estime toutefois au SSR Médical College que l?université de Maurice y trouverait son compte. D?autant plus que les cours de médecine sont très populaires.

Aussi, l?intention de la direction de l?université de Maurice d?entrer en partenariat avec une institution de renom au niveau de la formation de médecins n?est pas non plus bien vue par l?établissement de Belle-Rive.

Obliger celui-ci à n?accepter qu?une cinquantaine de Mauriciens par an est donc jugé inacceptable au SSR Medical College. «Les premiers bénéficiaires de notre institution devraient être les Mauriciens. Nous essayons d?ailleurs d?accommoder le maximum d?étudiants locaux ayant les minimums requis et cela parfois même au détriment d?étudiants étrangers qui payent beaucoup plus cher pour étudier chez nous.»

Au niveau de la direction de l?université de Maurice, l?on se défend. «Il n?y avait aucune intention malveillante derrière notre demande. Nous allons nous plier au souhait du ministère de l?Education et ouvrir des consultations en temps et lieu avec le SSR Medical College», indique un cadre.

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