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Polémique autour de l?avis légal du State Law Office
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Polémique autour de l?avis légal du State Law Office
L?avis du State Law Office (SLO) indiquant qu?il est trop tard pour appliquer la réforme Gokhool pour l?admission 2007 fait débat alors que le Conseil des ministres pourrait décider aujourd?hui de la suite à donner à la réforme Gokhool.
Le président de la Government Hindi Teachers? Union (GHTU), Suttyhudeo Tengur, discutera pour sa part, ce matin avec le ministre de la Justice Rama Valayden lors d?une rencontre les aspects légaux de la réforme.
Muni d?un avis légal de ses hommes de loi, Mes Nandraj Patten et Omar Bahemia, il tentera de démontrer que le SLO a tort dans cette affaire. ?L?opinion du SLO est, jusqu?à preuve du contraire, irrationnelle et inacceptable?, estime le président de la GHTU en s?appuyant sur le conseil de ses hommes de loi.
Mardi dernier, le SLO avait indiqué qu?il fallait donner au moins une année civile (calendar year) et non pas une année scolaire comme le croit le ministère de l?Education, avant de pouvoir appliquer la mesure. Et étant donné que le gouvernement n?a pas encore tranché sur le mode d?admission en Form I dans les collèges nationaux alors que l?année scolaire a déjà démarré depuis un mois, la décision d?appliquer la réforme Gokhool serait contestable en cour, aurait soutenu le SLO.
?Nous ne considérons pas qu?une décision de retarder l?action sur les bases de l?année civile serait une décision juste, raisonnable et rationnelle?, soutiennent pour leur part Mes Nandraj Patten et Omar Bahemia. Le curriculum est basé sur une année académique, telle que définie dans le règlement 39 des Education Regulations. Dans le cas présent, l?année académique a démarré après la décision du Conseil des ministres du 6 janvier. Le cabinet avait décidé à cette date que les nouveaux critères d?admission et la création de neuf collèges nationaux allaient se faire pour 2007.
?Dès le début de l?année académique, parents, enseignants et étudiants ont été préparés à un système de grading dans lequel le grade A+ a été introduit. De plus, tous sont conscients que l?admission aux collèges nationaux se fera sur la base du mérite?, soulignent les deux hommes de loi dans leur avis légal. En somme, les élèves du CPE connaissent déjà les règles du jeu pour mériter une des1 260 places. Et une attente a été créée auprès du public.
Suttyhudeo Tengur rappelle qu?en 2002, les règlements abolissant le ranking afin d?introduire le grading ont été amendés en janvier et appliqués la même année, c?est-à-dire pendant l?année scolaire 2002. ?C?est déjà un précédent qui n?a jamais été remis en cause ni dans une cour de justice ni ailleurs. Le SLO aurait dû tenir compte de ce précédent avant d?émettre un avis pour le moins frivole?, déclare-t-il.
Les hommes de loi du président de la GHTU soutiennent que le ministre ?ne peut prendre une décision inconsistante et en violation avec l?attente légitime des citoyens de la République?. Ils arguent que les citoyens qui se sentent lésés peuvent toujours se tourner vers les cours de justice et que le ministre de l?Education ne peut faire marche arrière maintenant sur sa décision à la suite de la pression provenant de ?specific quarters?, et cela aux dépens d?autres citoyens. ?Les parents se sentant blessés par tout renvoi de la décision ministérielle peuvent s?adresser à la cour pour chercher réparation?, concluent Nandraj Patten et Omar Bahemia.
En attendant, l?heure de vérité a probablement sonné pour la réforme Gokhool au niveau du Conseil des ministres. Celui-ci se penche aujourd?hui, une nouvelle fois, sur le sujet, et selon toute probabilité, il décidera si oui ou non il appliquera la réforme proposée par le ministre Gokhool sous sa forme actuelle pour l?admission 2007. C?est ce que l?on indique dans les milieux ministériels. Le PM, Navin Ramgoolam, pourrait, lors d?une conférence prévue dans l?après-midi, aborder le sujet si une décision est effectivement prise.
Obeegadoo : ?De plus en plus risqué d?appliquer la réforme?
?Nous sommes à huit mois des examens et le gouvernement a le devoir moral de mettre les choses au clair une fois pour toutes?, lance le secrétaire général du MMM, Steven Obeegadoo, lors d?une conférence de presse hier à l?hôtel Labourdonnais. Il espère ainsi que le Conseil des ministres tranchera aujourd?hui. L?ex-ministre de l?Education ajoute que ?si moi j?étais le conseil légal de M. Gokhool, je lui aurais dis qu?il est de plus en plus risqué d?appliquer sa réforme pour l?admission en 2007?.
Pour les Mauves, l?admission pour 2007 doit se faire selon les mêmes critères que 2006. Les dirigeants du parti estiment que les ?tergiversations et l?absence d?explications claires sont inadmissibles?. Le MMM, par la voix de son secrétaire-général, dit ?condamner de la façon la plus forte possible? le traitement accordé aux enfants.
Steven Obeegadoo met en exergue un point légal qui pourrait encore compliquer l?application de la réforme Gokhool pour la rentrée 2007. ?Depuis 2002, les admissions en Form I tiennent compte de la zone où habite l?enfant et de son grade aggregate. Mais nous constatons cependant que le gouvernement n?a pas encore apporté de changement officiellement et c?est pourtant indispensable pour pouvoir mener son projet de collèges nationaux?, explique-t-il.
La Government Notice 134 de 2002, qui tombe sous l?Education Act, n?a pas encore été amendée pour permettre l?application des critères proposés. Pour avoir force de loi, ces amendements doivent être publiés dans le Government Gazette.
?Il y a une opinion du parquet qui dit qu?il n?est pas possible d?aller de l?avant. Nous avons étudié la législation et nous disons qu?il est très tard et très risqué pour le gouvernement d?aller de l?avant?, maintient Steven Obeegadoo. Selon lui, ?ce qui se passe est sans précédent. Il y a une absence complète de transparence?.
Autre point mis en avant : à chaque changement important dans le système éducatif depuis ces vingt dernières années, des documents ont été publiés pour justifier et défendre les réformes notamment afin de répondre aux appréhensions des parents. ?Ici, il n?y a rien. Nous allons de confusion en confusion?, dit Steven Obeegadoo.
La formule Gokhool, insiste-t-il, ?déforme le sens de l?éducation primaire?. Il est d?avis qu?au lieu de prendre en compte le développement intégral de l?enfant en offrant un curriculum large, le seul objectif deviendra maintenant l?accès au Queen Elizabeth College ou encore au Royal College of Curepipe.
Le secrétaire général du MMM estime que l?élite ne peut être définie à 11 ans, comme c?était le cas il y a des années pour des raisons essentiellement économiques. ?Autrefois, l?Etat n?avait pas les moyens de payer l?éducation à tout le monde, ce qui n?est plus le cas aujourd?hui.?
Pour les dirigeants des Mauves, cette réforme est ?dangereuse et c?est un retour vers l?apartheid scolaire? parce que ?nous allons dire à des enfants de 11 ans qu?ils sont l?élite, que d?autres sont de deuxième catégorie et que ceux qui ont échoué n?ont pas leur place?.
?Il suffisait de légères modifications?
Steven Obeegadoo met également en garde contre les dérapages à relent communal. ?Le stress et la course vers les 1 260 places concernent les enfants et parents de toutes les communautés. En éducation, personne n?a le droit de communaliser le débat.?
?La campagne de désinformation? menée en ce moment est également critiquée. Selon Steven Obeegadoo, il est absolument faux de dire que le niveau des écoliers a baissé à la suite du grading system introduit à la fin de 2002.
?Ce qui est vrai, c?est que durant la première partie de 2005, le Mauritius Examinations Syndicate avait constaté que certains élèves n?avaient pas fait leur rédaction pour l?examen d?anglais. Sans doute parce que leur enseignant leur a dit que cela n?était pas nécessaire pour obtenir 75 points, soit un A. Il suffisait au ministre d?apporter de légères modifications pour les prochains examens. Il aurait pu rendre la section qui a trait à la rédaction obligatoire. Au lieu de cela, ils ont décidé de tout chambouler.? Chiffres à l?appui, Steven Obeegadoo indique que le taux de réussite au CPE, au School Certificate et au Higher School Cerficate sont en constante progression depuis 2000.
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