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Policiers blessés et habitants de Karo-Kaliptis arrêtés
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Policiers blessés et habitants de Karo-Kaliptis arrêtés
Des habitants en colère. Montée de violence, de vols. Des toxicomanes agités. Une insécurité dans les rues. Cette agitation est due à une hausse du prix de l?héroïne, appelée brown sugar, à cause d?une pénurie de cette drogue dure.
Finalement, un enchaînement de cause à effet qui est à la base de cette tension sociale. La pénurie de drogue, affirment certains, s?explique parce que la police, en particulier l?Anti Drug and Smuggling Unit (Adsu) a bien fait son travail.
Mais difficilement. Hier matin à Karo-Kalyptis, une équipe de l?Adsu fait une descente des lieux après un coup de fil d?un informateur. Une fois sur place les policiers font face à une foule hostile. Des projectiles et des pierres leur sont jetés, assortis d?injures. La police doit rebrousser chemin.
Vers 14 h 30, une équipe renforcée arrive à Karo-Kalyptis. Elle comprend des membres de la Special Supporting Unit (SSU) et de l?Adsu. ?Un minimum de force a été utilisé?, assure une source policière. Les officiers de police font les frais de cette descente des lieux : quatre blessés, dont une femme policière.
L?équipe parvient néanmoins à disperser la foule et après perquisition, quatre personnes d?une même famille sont arrêtées. 88 sachets de poudre blanche, soupçonnée d?être de l?héroïne, Rs 8 400 et plusieurs attirails qui servent à préparer le brown sugar sont saisis. La poudre a été envoyée au Forensic Science Laboratory pour analyse.
Mais d?autres intervenants ajoutent que saisir la drogue n?est qu?accomplir la moitié du travail. Les conséquences et la réhabilitation doivent être prises en compte.
?La dépendance à la drogue est une maladie. Elle doit être traitée?, estime Lindsay Morvan président de la National Agency for the Treatment and the Rehabilitation of Substance Abusers (NATReSA). Quand les drogués sont en manque, ils se sentent très mal.
Dimanche soir à Kadhafi Square, Plaine-Verte. Une cinquantaine de personnes sont réunies. Elles attendent dans le silence. Elles sont toutes toxicomanes. Et elles sont toutes angoissées. Elles savent qu?il y a un manque de brown sur le marché, mais gardent quand même espoir que le marsan ladrog passe. Elles se disent que si elles attendent à la même place, ce sera plus facile de se procurer de la drogue.
En effet, le dealer arrive. Mais puisque le prix d?une dose a augmenté ? Rs 400 dimanche soir à Plaine-Verte, contre Rs 100 à 200 auparavant ? les toxicomanes ne peuvent pas tous s?offrir le luxe d?une dose entière. Alors ils font un koste. C?est-à-dire qu?ils cotisent pour se procurer du brown. Ensuite, ils y mélangent du vinaigre et d?autres substances pour qu?il y ait suffisamment de liquide et que tout le monde puissent se l?injecter.
Un toxicomane qui était avec ce groupe à Plaine-Verte, explique que depuis quelques jours, ils savent que ce sera de plus en plus difficile de se procurer de la drogue. Alors il a essayé les différentes pharmacies de la localité pour des substituts. ?Me tou ilegal alor pa fasil?, explique-t-il.
Il cherche des produits comme le Subutex. Mais en l?absence de ce médicament, un sirop concentré pour la toux fera l?affaire. ?Ena farmasyen rod fer kas. Siro vande Rs 90 me zot rod Rs 200?, se plaint le toxicomane.
Pourquoi ne pas profiter de l?occasion pour se rendre dans un centre de désintoxication ? ?Mo ti al Idrice Goomany mai zot dir mwa pena plas ?, répond le toxicomane.
<B>Action commune</B>
Pourtant, Lindsay Morvan lance un appel aux toxicomanes. ?Au lieu de souffrir inutilement, je leur demande de venir nous voir et nous allons faire de notre mieux.? Le président de la NATReSA explique cependant qu?il sera impossible de proposer un hébergement à tout le monde. Il ne veut surtout pas ?prétendre régler ce problème en quelques jours alors qu?il faut un suivi de plusieurs mois, voire plusieurs années. Mais il faut réfléchir à des solutions. ?
Réfléchir à une action commune est bien ce qu?a décidé de faire le Premier ministre. Une réunion avec les membres de la NATReSA, les officiels du ministère de la Santé et la police est prévue en fin de matinée.
Dimanche à la cité Kennedy, les habitants de la région se rendent au poste de police de Quatre-Bornes. ?Nous en avons marre de voir des drogués traîner dans la rue?, explique Claudia Théodore, membre des forces vives. ?Zot kokin kas zanfan, ras zafer tou dimounn, nou nepli en sekirite?, ajoute un autre habitant. Problème que le commissaire de police a promis de régler avec ?des patrouilles constantes dans la région.?
Le même phénomène existe à Plaine-Verte. Toutefois, les habitants de cette région n?ont pas manifesté. Pas encore. Car eux aussi sont excédés, notamment après l?incident d?hier matin. Des toxicomanes qui étaient assis prés du Kadhafi Square s?en sont pris à des passants et ont agressé un jeune. Des toxicomanes violents ? ?Quand ils sont en manque, oui?, répond Lindsay Morvan. Ils sont violents parce qu?ils sont frustrés ? c?est ce qu?on appelle les withdrawal symptoms. Et parce qu?il faut absolument qu?ils trouvent l?argent nécessaire pour financer leur dépendance, ils volent. ?Tout ce qui importe, c?est de se procurer de la drogue. Tout le reste est accessoire. Ils sont malades et doivent être traités?, explique un travailleur social.
Tout cela expliquerait donc la montée de violence dans le pays. ?Le pire est à venir?, ajoute un officier de police. En effet, si certains comprennent que ?les drogués doivent être traités, pour les habitants de la région, pour les personnes victimes d?agression, ce sont des malfrats. Et quand les gens en auront assez, ils prendront la justice en main? ?
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