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Police de proximité : Une recette qui marche
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Police de proximité : Une recette qui marche
Le community policing (îlotage) qui, à terme, vise à instaurer un partenariat entre la police et le public et consolider la police de proximité, n?est pas une solution magique aux problèmes liés au non-respect des lois. Mais lorsque des agents de bonne volonté se donnent la peine de l?intégrer à leur modus operandi, la démarche donne parfois des résultats encourageants.
C?est, en résumé, l?expérience que les habitants de Coromandel et les policiers affectés au poste de police de cette région vivent depuis l?année dernière.
« Dès lors que ce concept a été introduit, il y a eu une réduction sensible de délits, tout particulièrement les vols. Auparavant, on comptait pas moins de 34 cas par mois dans la région de Morcellement Montréal. Mais les choses ont changé. Nos doléances sont prises en com-pte et sont traitées, jusqu?à ce qu?une solution soit trouvée. La ligne de communication nous autorise à croire que nous avons une vraie police de proximité », témoigne Sydney Boodiah, représentant de sa région au comité de coordination sur l?îlotage.
« Je suis touché par cette collaboration avec la police. Elle s?est peu à peu constituée une image de police qui se soucie du bien-être des gens. Les agents ne se limitent pas qu?à résoudre les problèmes liés à leur fonction. Par exemple, nos appels pour l?installation de feux de signalisation à un carrefour ne sont pas restés lettre morte », explique Pascal Gontier, de la région de Chebel/Belle-Étoile.
Afize Makkhan Khan note, quant à lui, que c?est grâce à leur prédisposition à écouter les doléances des résidents que les policiers ont contribué à transformer la perception d?une police prisonnière de l?aspect répressif à celle d?une police de proximité pour laquelle, la prévention est un excellent moyen de combattre les fléaux sociaux.
Si le concept de community policing bat son plein à au poste de Coromandel, c?est grâce à la ténacité de Sharda Boodhoo (voir hors-texte), responsable du poste de police. Depuis qu?elle a bénéficié d?un cours de formation sur le sujet parallèlement à un programme d?initiation au concept de customer care, Sharda Boodhoo a placé l?administration des affaires du poste de police sous le signe de l?îlotage.
Dans le cadre de l?introduction de ce concept, la région de Coromandel a été divisée en huit zones scindées en quatre secteurs. Ce sont Cité Chebel/ Belle-Étoile, Mare-Gravier/Belvédère, Morcellement Montréal/Morcellement Hermitage et Camp-Benoît/Richelieu. Chaque secteur est placé sous la charge d?un îlotier appelé, dans le jargon, liaison officer.
Soorendra Bhoojeehur, Naga Pillay, Nandakumar Jhumun et Prambaraj Sookaram sont des enquêteurs qui, outre leurs fonctions premières, assument la responsabilité de liaison officers. Dans un premier temps, il échoit à chacun d?eux d?expliquer l?importance du concept de community policing.
Ce sont eux qui ont sélectionné les représentants des secteurs qui siégeront sur un comité de coordination présidé, tous les derniers vendredis du mois par Sharda Boodhoo. Les liaison officers recueillent les doléances, les consignent dans un document pour les présenter lors de la réunion mensuelle.
Lors de cette réunion, toutes les dolé-ances de la dernière sont passées en revue. Pour Sharda Boodhoo, le concept d?îlotage permet d?intervenir sur la base des besoins réels. « Ce qui favorise une utilisation judicieuse de nos ressources », affirme-t-elle.
Cette ouverture à la population a permis aux îlotiers de découvrir ou de redécouvrir l?importance de la prévention. Une policière est chargée de sensibiliser les écoliers de la localité aux mesures à prendre pour se prémunir des dangers qui les guettent. En outre, les habitants de cité Chebel, importunés par une recrudescence des vols, ont bénéficié d?une causerie de la Crime Prevention Unit. De même, un représentant de la Road Safety Unit a donné des informations sur la sécurité routière.
La conclusion des enquêtes se fait rapidement
C?est grâce à ce concept d?îlotage que la conclusion des enquêtes se fait avec rapidité. Il permet de dissiper des situations susceptibles de favoriser des activités louches. Des patrouilles sont effectuées à des heures indiquées par les résidents des endroits considérés comme vulnérables.
Des sites susceptibles de servir de points de repères à des malfrats sont répertoriés et nettoyés. L?égoïsme qui caractérise souvent certaines zones résidentielles cède donc graduellement la place à un souci pour autrui. Une attitude indispensable pour introduire le concept de neighbourhood watch. Il y a une plus grande coordination entre les différents services de police de la région.
Et plus important encore, la revalorisation du statut du policier aux yeux du public. « C?est agréable de travailler dans une station où le ton du public est empreint de respect et d?amitié. Le community policing ne fait pas de miracles, mais il contribue à changer bien des choses. Vivement qu?on l?essaie », affirme le constable Teeruthraj Ramsurn.
Un concept appelé îlotage
L?îlotage, aussi appelé community policing consiste à créer un véritable partenariat entre la police et la population d?une localité où les forces de l?ordre sont appelées à assurer la sécurité. Ce partenariat est logiquement, le corollaire d?une véritable police de proximité. Une telle méthode est mise en application dans plusieurs pays, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et la France. Pour les besoins de sa mise en place, une localité est divisée en îlots c?est-à-dire en secteurs ou en zones d?habitation. Chaque îlot est ensuite placé sous la responsabilité d?un policier, communément appelé îlotier ou community policeman/policewoman. Ces agents deviennent alors la courroie de transmission entre la population et le poste de police de la localité. Ce qui va créer les conditions adéquates pour qu?il y ait un climat de confiance, d?échange et de communication entre les citoyens et la police. L?îlotier avant tout un homme ou une femme de communication à qui les résidents d?un secteur pourront, sans aucune crainte, faire état des problèmes qui tombent sous la responsabilité de la police. C?est sur la recommandation de l?îlotier que les responsables vont accepter la candidature du représentant du secteur au sein d?un comité de coordination qui regroupe tous les représentants des secteurs. L?îlotier assure le suivi d?un problème depuis le moment où il l?a consigné jusqu?à ce qu?une solution soit trouvée. Comme la prévention est une composante essentielle de l?îlotage, c?est à l?agent responsable de répertorier les besoins de la population dans ce domaine. Il faut savoir que l?application du community policing à Maurice n?est pas une nouveauté. Ce concept a été un cheval de bataille de Raj Dayal, l?ex-commissaire de police, avant d?être réactivé par Ramanooj Gopalsingh, l?actuel CP. Plusieurs responsables de la police ont suivi une formation dans ce domaine, en 2003, de même qu?un programme d?initiation à un autre domaine étroitement associé à l?îlotage, à savoir, le customer care. Ce concept requiert qu?une organisation se fixe comme priorité le devoir de satisfaire les besoins des personnes.
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