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Plusieurs cordes à son art

18 août 2004, 20:00

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Elle entre dans son salon, les paumes de ses mains couvertes de très jolis dessins. La jeune fille, très élégante, n?est autre que Sameen Ukkhoy qui est elle-même est à l?origine de ses ?uvres sur et dans les paumes de ses mains.

Depuis plus de cinq ans, elle s?est spécialisée dans l?art de décorer les visages, les mains, les pieds et le dos de ses clients avec le mehendi, le jour de leur mariage ou pour une réception.

? C?est un art que j?ai appris moi même. Je n?ai éprouvé aucune difficulté pour le maîtriser. Je suis toujours sereine et je prends un immense plaisir à travailler avec mes clients à chaque fois qu?ils viennent frapper à ma porte?, confie-t-elle.

Cette habitante de la rue Les Mariannes, Mahébourg, a toujours en tête le client sur qui elle avait fait son premier essai. C?était le jour du mariage de sa cousine. Comme toute nouvelle mariée, cette dernière a voulu se faire belle pour l?occasion. Pour y parvenir, elle n?hésite pas à confier cette tâche à Sameen . ?Je n?ai pas hésité parce que j?étais prête à révéler le défi?.

Comment conçoit-elle ce métier ? Elle soutient qu?il est impératif de suivre les nouvelles tendances dans ce monde en pleine évolution pour répondre aux exigences de ses clients. ?Il faut faire travailler ses méninges pour être créatif et trouver de nouveaux dessins qui plaisent. Au cas contraire, vous risqueriez de perdre les clients qui cherchent du nouveau pour tapisser leur corps.?

Différents styles

Ayant compris cela, elle profite de ses moments libres pour se mettre au travail. Elle puise sa source d?inspiration dans les styles arabique, indien et européen pour décorer le corps de ses fidèles clients. Pour Sameen, il n?est plus question d?associer ou de limiter le mehendi à une affaire traditionnelle comme c?était le cas autrefois. ?Comme certains jeunes aiment se faire tatouer, je trouve normal que d?autres choissent le mehendi?, observe-t-elle.

Malgré les clients qui viennent des quatre coins de l?île, Sameen ne peut se permettre de dépendre que de son art pour vivre. Car il y a certaines périodes de l?année où les gens choisissent de ne pas se marier, et il y a les périodes de carême. ?On ne peut rien, car cela fait partie de nos traditions?.

Prévoyante, Sameen ne s?est pas contentée d?apprendre à décorer avec du mehendi. Outre sa passion pour cet art, elle a ajouté d?autres cordes à son art. Lorsqu?elle était encore au collège Hamilton, elle avait choisi l?art pour figurer parmi les principaux sujets pour donner libre cours à son esprit créatif.

C?était lors d?une première exposition en l?an 2000, organisée au collège d?Etat de Mahébourg qu?elle a découvert son talent pour mélanger les couleurs avec son pinceau. ?J?aime l?abstrait et tout ce qui est naturel?, reconnaît-elle. Consultante dans une compagnie d?assurances, Sameen, 21ans, a de l?ambition. Elle veut travailler à son propre compte comme esthéticienne et exposer ses tableaux dans une grande exposition.

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