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Planète : ça chauffe !
D’Al Gore à Nicolas Hulot, nous étions déjà alertés que l’homme mettait en péril la planète. Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat nous livre les conclusions de son rapport, dans une vision scientifique pragmatique sans effets spéciaux, ni show à l’américaine sur l’histoire d’une catastrophe annoncée…
Nous avons été nombreux à être effrayés par les divers reportages et autres documentaires en tous genres, nous montrant l’évolution du réchauffement de la planète et les conséquences catastrophiques pour le genre humain. Tous les cinq ans, la communauté des climatologues réunis dans le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) se réunit afin de faire la synthèse de milliers d’articles publiés dans les revues scientifiques, des millions de données et de conclusions d’échanges. La dernière réunion s’est tenue à Paris du 29 janvier au 2 février et a permis de faire un point scientifique de la réalité des dégâts, sans strass ni paillettes hollywoodiennes.
La tendance générale confirme malheureusement le changement climatique dont l’homme est à l’origine, par des signes concrets.
Les nombreuses observations faites par les nouveaux satellites confirment les prévisions simulées par les experts. Et c’est ainsi que Pierre Friedlingstein de l’Institut Pierre-Simon-Laplace confirme “On a beaucoup avancé dans le réalisme des modèles du climat. Ils couplent mieux l’atmosphère, les océans et la biosphère.” De nouveaux phénomènes ont été enregistrés, telles l’accélération de la montée du niveau de la mer ou la fonte des glaciers du Groenland. L’idée dominante est que le phénomène non seulement se confirme, mais s’aggrave. Tous les scientifiques s’accordent sur le fait qu’au-delà de 2 °C, la situation deviendrait vraiment ingérable, entraînant à la fois des sécheresses accentuées sur le pourtour méditerranéen ou dans le Sahel, mais aussi des inondations répétées sur les deltas du Gange et du Mékong. Autant dire que cela provoquerait le départ des millions de gens touchés par ces perturbations.
Sur le plan diplomatique, les progrès sont évidents avec la mise en place du protocole de Kyoto, mais cela reste très insuffisant par rapport au virage impératif à opérer. Les émissions de gaz à effet de serre sont non seulement toujours aussi importantes mais augmentent : l’humanité injecte chaque année dans l’atmosphère 7,2 milliards de tonnes de carbone contre environ 6 milliards en 2001. Les pays développés ne parviennent pas à restreindre leurs émissions, tandis que les grands pays du Sud, la Chine et l’Inde en premier lieu, voient les leurs croître rapidement du fait de leur industrialisation très vigoureuse. Dans le même temps, les écosystèmes, qui permettent d’absorber une partie du gaz carbonique, continuent de se dégrader : la déforestation ne se ralentit que faiblement, tandis que les océans – encore mal connus – semblent voir leurs capacités régulatrices s’affaiblir. Globalement, la machine économique continue à tourner à pleine vitesse sans que son impact sur l’environnement ne soit diminué.
Au-delà de la nécessité des politiques de prendre en considération cette urgence environnementale, il est évident que c’est dans la conscience collective que réside l’impact le plus important. à titre d’exemple, une opération a eu lieu la semaine dernière consistant à volontairement ne pas utiliser d’électricité en France pendant cinq minutes, entre 18 h 55 et 19 heures, afin d’analyser la conséquence. Le bilan de l’économie a été valorisé à la consommation électrique d’une ville comme Marseille. L’action de sensibilisation a été largement véhiculée, mais très peu d’information n’a été diffusée sur les engagements individuels que ce type d’expérience a pu générer sur chaque individu. Or, au-delà des politiques industrielles internationales, c’est bel et bien un enjeu mondial dont chaque personne doit prendre conscience et agir individuellement. Les petits ruisseaux font réellement de grandes rivières !
Ce type de réunion factuelle, doit nous permettre de sortir du “Show spécial développement durable” dont les réactions peuvent rapidement irriter chaque individu, par un matraquage trop intense. Les enjeux économiques et sociétaux sont gigantesques, et seule la prise de conscience collective permettra d’envisager un avenir différent de ce scénario catastrophe à horizon 2050 !
En attendant le plaisir de notre prochain échange, bons succès dans ce nouveau monde !
<B>Bertrand LAZARE</B>
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