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Place aux éléphants

2 juillet 2005, 00:00

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De Jayen Cuttaree à Rama Sithanen, en passant par Rajesh Bhagwan et Etienne Sinatambou, les deux blocs ont donné la parole aux éléphants hier. Forcément le discours était «institutionnel» alors que la prestation générale était au-dessus de la moyenne. Toutefois, les longues énumérations des réalisations des uns et des échecs des autres pourraient bien avoir lassé un certain nombre de téléspectateurs.

«Zot koz manti? Zot ena culot vin dir ou?». Rama Sithanen ne ménage pas ses adversaires. Face à ce «zot» de l?alliance gouvernementale qui aurait échoué sur tous les plans, Rama Sithanen oppose un «nou» de l?Alliance sociale qui a, assure-t-il, «la volonté et la compétence» pour diriger le pays. Il cite alors longuement les mesures que son alliance initierait au cas où elle prendrait le pouvoir. Fastidieuse énumération qu?il atténue finalement en mettant l?accent sur les moyens que l?Alliance sociale compte déployer pour réaliser ses projets. C?est-à-dire, «éliminer le gaspillage, les lacunes administratives et juridiques et la réduction du nombre des ministres et PPS», entre autres. Rama Sithanen est à la hauteur de sa réputation. Technocrate et passionné politique, il maîtrise bien l?art de la rhétorique.

Rajesh Jeetah manie bien le discours populiste. Il sait s?adresser aux plus démunis et exposer les travers du pouvoir. «E ou la kot nou pe ale?», demande-t-il ensuite aux téléspectateurs. Il fait mouche dans une allocution finalement trop courte. Etienne Sinatambou dresse un tableau précaire de la lutte contre la corruption et énonce les mesures que l?Alliance sociale compte prendre.

La défense de la diplomatie économique du gouvernement constitue l?argument central de l?intervention de Jayen Cuttaree. Du rôle de Maurice au sein du concert des nations aux déplacements de Paul Bérenger dans les pays de peuplement et les visites des personnalités étrangères à Maurice, Jayen Cuttaree veut convaincre de la réussite de la diplomatie mauricienne. Parallèlement, il n?épargne pas l?opposition pour ses critiques qu?il juge infondées. A titre d?exemple, il rappelle que l?organisation de la conférence des petits Etats insulaires était prévue en septembre 2002 et son entrée en campagne pour le poste de directeur de l?Organisation mondiale du commerce ne date que de l?année dernière. Une preuve, à son avis, que l?opposition l?accuse injustement de s?être servi de cette conférence pour faire sa campagne.

«Nou determine pou pans linpensab», lance, d?emblée Anil Gayan, qui a le souci de la formule. Brève intervention, mais réussie, grâce à quelques formules qui touchent directement les téléspectateurs. Il joue également bien sur les pulsions de l?audience lorsqu?il évoque l?association Ramgoolam-Valayden. Abdullah Hossen réussit moins bien son passage. Il a la responsabilité de démontrer que le gouvernement a travaillé en faveur de la capitale. C?est finalement à Rajesh Bhagwan que revient le mot de la fin. Quel meilleur moyen de faire la démonstration de la discipline du gouvernement qu?en citant son propre exemple de ministre qui a été sur le terrain dans les quatre coins de l?île. Rajesh Bhagwan ne s?en prive pas. Dans l?exercice des comparaisons également, il réussit plutôt bien son passage en opposant «enn lekip zouvrie» à «enn lekip du pase et depase» et une équipe pour laquelle le «travay enn laprier» à «enn lekip bonavini».

Les éléphants auront réussi leur prestation en attendant la grande finale des leaders ce soir.

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