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Piétons : et le code !

2 avril 2005, 20:00

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De par sa taille déjà, le piéton est en situation d?infériorité : beaucoup de véhicules sont plus hauts que lui, de telle sorte que son champ visuel se trouve limité. C?est pour cela que le code de la route insiste aujourd?hui sur les signaux sonores (klaxons, sonneries signalant aux piétons qu?ils peuvent traverser?) ou autres supports visuels tels que les passages zébrés, ou encore les feux de signalisation pour prévenir le piéton et l?encourager à être plus prudent.

Pourtant, le Mauricien prend souvent sa sécurité pour chose acquise. Le chef inspecteur Ben Buntipilly nous rappelle que de janvier à ce jour, 11 piétons ont été victimes d?accidents fatals, par rapport à 10 pour la même période l?année dernière. Cela montre déjà une augmentation. Et à Maurice, ce sont en général les piétons qui sont en tête de liste des victimes d?accidents mortels. Pourtant, « les piétons ont souvent tendance à croire que le code de la route ne s?adresse qu?aux automobilistes ou motocyclistes : la vérité est tout autre, ce code s?adresse à tous ceux qui sont sur la route, les piétons inclus. Si un piéton veut pouvoir circuler tranquille, il doit savoir par exemple où marcher et comment traverser ».

La passerelle de Roche-Bois fait la joie des cabris

Le piéton fait en effet souvent fi du code de la route : il traverse où il veut, marche où bon lui semble, très fréquemment en groupe, sans faire attention à la circulation, et puis s?étonne d?être victime d?accidents. Combien de fois les automobilistes ont été confrontés à la négligence d?un piéton qui traverse la chaussée en parlant à son ami sans même regarder si la voie est libre.

« Combien de structures existent comme les fly overs, les passerelles les passages sou- terrains, les ponts etc. qui ont coûté très cher à l?État et qui pourtant sont boudés par les piétons. Par exemple, on a pu constater que la passerelle qui se trouve près de Roche-Bois fait la joie des cabris alors qu?elle ne leur est pas destinée ! », s?exclame le chef inspecteur de police. Il y a aussi ceux qui traversent derrière un bus en stationnement sans avoir conscience que la voiture qui arrive en sens inverse ne peut les voir. Malgré tout, celui qui risque le pire, c?est-à-dire la mort, c?est bien lui ! Même les passages zébrés ne sont pas une garantie. « Ce passage n?est pas, comme peuvent penser les piétons, le tapis magique d?Aladin qui va le transporter de l?autre côté ! Le piéton doit marquer un temps d?arrêt avant de s?y engager pour permettre à l?automobiliste qui arrive de le voir et de freiner en conséquence. »

Donner le bon exemple

Les parents ont certainement un grand rôle à jouer pour sensibiliser les enfants, dès le plus jeune âge, au danger que représente la route. Les enfants n?y échappent pas : pour se rendre à l?école tous les jours, pour aller à leurs leçons particulières, ou pour rencontrer des amis. Il vaut mieux prévenir que guérir, car trop souvent les parents apprennent que leurs enfants ont été victimes d?accidents à leur insu.

Déjà en donnant le bon exemple quand ils accompagnent leurs enfants, les parents devraient marcher du bon côté de la route, c?est-à-dire à droite puisqu?à Maurice on roule à gauche et surtout ne pas se mettre, eux, à l?abri en marchant au coin et en laissant l?enfant traîner sur le bord. « Quand on voit ce genre de maladresse de la part des parents, je trouve cela aberrant. Le parent connaît le danger alors que l?enfant ne sait ce à quoi il est exposé. À cause de sa petite taille, il est encore moins visible et donc plus vulnérable », affirme l?inspecteur Buntipilly.

Le soir sur la route, le piéton est encore plus exposé. Il serait souhaitable que celui-ci réfléchisse avant de sortir et qu?il choisisse de porter des vêtements clairs pour qu?on puisse le distinguer dans l?obscurité. Il devra en outre redoubler de prudence, car la visibilité est mauvaise et les risques d?accident encore plus grands.

Il faudrait rappeler aux conducteurs que des piétons utilisent aussi souvent qu?eux les routes, et qu?ils doivent en tenir compte à tout instant. À Port-Louis, par exemple, où les rues sont souvent étroites et où deux véhicules se croisent déjà difficilement, il faut ménager une place aux piétons. La conduite se doit d?être encore plus prudente, en ralentissant, en essayant d?appréhender le mouvement du piéton, en se servant des rétroviseurs, bref en prenant toutes les dispositions qui s?imposent.

Si un accident avec un piéton se révèle être fatal pour celui-ci, l?automobiliste risque une lourde peine. Pour-tant, une question vient souvent à l?esprit des automobilistes. Existe-t-il des lois qui punissent les piétons ? Oui, même si elles ne sont pas nombreuses. Le piéton peut être verbalisé pour infraction au code, par exemple s?il traverse la route en diagonale alors qu?il n?est pas loin d?un passage zébré, ou quand le feu rouge ne lui donne pas le droit de traverser.

Quel serait le piéton idéal ? Celui qui connaît le code de la route et le met en pratique ; celui qui sait où marcher où traverser ; celui qui marche face à la circulation, c?est-à-dire à droite, qui fait face au danger afin de mieux l?éviter ; celui qui porte des vêtements visibles dans l?obscurité, en d?autres mots, le piéton idéal est celui qui respecte les autres usagers de la route. Afin qu?il y ait une bonne cohabitation avec les automobilistes, il convient que les piétons, eux aussi, respectent les règles. C?est alors que le mauvais comportement des automobilistes n?en sera que plus condamnable !

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