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Pierpoljak, tout pour le reggae
Soirée ?otentik?. Elle ne pouvait qu?être exclusivement dédiée au reggae. Otentik Street Brothers Ltd et Live?N?Direk Entertainment se font visiblement plaisir. Ils nous font aussi plaisir en nous conviant à Reggae Donn Sa, festival de sonorités roots. Programmé pour le samedi 13 août au stade Maryse Justin à Réduit, le concert débutera à 17 heures.
Partageront l?affiche avec les artistes locaux, dont Tian Corentin et OSB : Pierpoljak et Daddy Mory. Des pointures prestigieuses à apprécier en live, à Rs 250 le billet. Ils sont en vente à partir du 15 juillet, notamment à la boutique Otentik Street Brothers.
Si l?on prend souvent le chanteur principal pour Pierpoljak, c?est en fait le groupe qui porte ce nom. La voix un peu traînante mais entraînante appartient à Pierre Breda, qualifié de ?rasta blanc ?? même s?il a désormais tondu ses dreadlocks.
Rebelle évoluant entre la Jamaïque et la France, Pierpoljak s?est imposé avec ?son style résolument authentique, sans fioriture, et totalement ancré dans l?esprit roots.? Une manière d?être, nourrie par les crises existentielles de l?adolescent difficile, ce qui correspond à sa période londonienne. Au milieu des années 70, vers 15-16 ans, il est attiré par le mouvement punk version skin. Il fait ses débuts dans la musique comme bassiste. Happé par les tendances violentes et agressives de cette musique dont le mot d?ordre est ?No future?, le jeune Pierre devient un squatter, dans le quartier de Stockwell à Londres. C?est là qu?il découvre le reggae grâce à ses voisins d?origine jamaïcaine.
De retour en France, Pierre passe par un intermède en prison. Confiné derrière les barreaux, il rêve de grand air. à sa libération, Pierre change de cap, se transforme en équipier sur un bateau transportant des marchandises.
Il navigue entre les Antilles françaises et la Dominique.
Personnalité cyclique, il plonge dans l?underground parisien sous les pseudonymes de Brada Peter puis de ? Peter Pan, à son retour dans l?Hexagone. Une première ouverture s?offre à lui. En 1994, il place deux titres sur une compilation, sur laquelle figure également Tonton David.
L?année suivante, Pierre, devenu Pierpoljak, signe chez Barclay. En 1996, il sort un premier album enregistré ?à la maison?. L?un des titres : La music est remixé par Clive Hunt, génial producteur du reggae, ce qui redonne ainsi une seconde vie à l?album. Quelques mois plus tard, l?album ressort sous le titre En Jamaïca.
Fort de ces expériences, le chanteur décide de concrétiser son rêve. Il s?envole pour Kingston où il enregistre sous la direction de Clive Hunt. Kingston Karma qui sort en juin 1998, livrera le refrain entêtant de Je sais pas jouer.
En avril 1999, il passe au festival du Printemps de Bourges, preuve que ses créations ont transcendé les clivages pour intégrer le mainstream. Il retourne auprès de Clive Hunt, mais contrairement à ses habitudes, arrive avec ses morceaux déjà écrits. évidemment très reggae, Je fais c?que j?veux, titre de son album puise dans l?histoire de ce chanteur atypique. En émergera Dépareillé, le premier single.
Au cours de la promotion de l?album ? qui devient double disque d?or ? Pierpoljak tombe malade et séjourne à hôpital. Il s?interroge sur son futur musical. Il n?a plus envie de faire de la musique, mais de changer d?air. Lors d?une escale à Grenade, il entend du ragga local.
Nouveau déclic. Retour à Paris, puis à Kingston. Quelques mois plus tard il sort son quatrième album Stim Turban. Pierpoljak a décidé de se passer des services de Clive Hunt. Il est accompagné par des musiciens jamaïcains, les Stim Turban, qui sont à l?origine du nom de l?album.
Que dire de Daddy Mory, sinon que c?est un nom de scène en hommage au chanteur Mory Kante. Influencé par la musique des Caraïbes, Daddy Mory cherche très tôt sa place dans le monde musical. Premier sound system à 16 ans, puis un parcours sans faute, avec Raggasonic, jusqu?en 1999, et une arrestation pour possession de marijuana. La prison le change, il revient en force avec du reggae tendance dancehall, à la manière de Sizzla et de Capleton, avec ce qui est son meilleur album : Ma Voix résonne.
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