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Philippe La Hausse de la Louvière, militant du patrimoine

14 juillet 2008, 00:00

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Le Morne vient tout juste d?être inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Est-ce qu?avec deux sites, les ambitions mauricienne s?arrêtent là ? Le parc national de Rivière-Noire est sur la liste indicative de l?Unesco.

Cela dépend de la volonté politique. En 1993, Maurice a fait des travaux préliminaires sur les gorges de la Rivière-Noire. A l?époque, les décideurs avaient un intérêt politique dans cette affaire.

Y-at-il selon vous d?autres sites, après l?Aapravasi Ghat et le Morne, susceptibles d?intéresser l?Unesco ?

Les îles du Nord ont un grand intérêt en ce qu?il s?agit de la valeur de leur biodiversité. Je veux parler de l?île Ronde, l?île aux Serpents, l?île Plate et l?îlot Gabriel. A mon avis, si on les présentaient, ils passeraient comme une lettre à la poste.

Il y a aussi la baie de Grand-Port avec tout son cachet historique. Bien sûr il y a d?autres consultations, mais il faut souligner que nous avons maîtrisé la technicité des procédures.

Parlons en de la liste indicative de l?Unesco. Maurice n?a plus qu?un seul site dessus, depuis que le Morne a été inscrit, alors que d?autres pays en ont 15 ou 20. Cela ne veut pas dire que tous ces sites vont devenir patrimoine mondial, mais cela permet de voir comment valoriser un site, quand on l?inscrit sur une liste.

Maintenant que le Morne est patrimoine mondial, pensez-vous que nous avons les compétences requises pour l?entretien de ces sites ?

D?abord, je trouve cela magnifique que Maurice ait deux sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial. Nous avons commencé en 1997, j?étais dans le comité. C?était avant même la création du National Heritage Fund. Ce sont les gens du secteur du patrimoine naturel qui étaient plus concernés. Dans le domaine culturel, personne ne savait rien.

Et puis, il a fallu attendre une réunion régionale à Madagascar en 2001, pour voir quelles structures il fallait mettre sur pied pour avoir des sites inscrits. A ce moment là, il n?y en avait qu?aux Seychelles et à Madagascar. En 2002, nous avons eu notre première réunion au niveau national pour établir une liste préliminaire des sites éventuels et puis les Trust Fund ont été mis sur pied pour l?Aapravasi Ghat et le Morne. Et les conseil d?administration ont été mis sur pied.

En onze ans, nous avons montré que nous avons la maîtrise des modalités légales, infrastructurelles pour avoir deux sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial. Donc oui, je pense que nous avons les compétences pour gérer deux sites.

Paradoxalement, malgré les deux sites inscrits, quand on pense au reste du patrimoine national, le constat n?est pas très reluisant.

Si on a deux sites inscrits, cela ne veut pas dire que subitement ces sites ne sont plus pour la nation ou que cela dévalorise le reste des sites du patrimoine national. Nous avons les compétences pour gérer l?ensemble de nos sites. Pour les deux que nous avons présenté à l?Unesco, nous avons des budgets spécifiques. Cela dit, personnellement, je pense qu?il y a encore du travail à faire surtout pour ce qui est de l?entretien et de la valorisation des sites. C?est vrai que que cela met en lumière l?état de délabrement de nombreux sites qui font partie du patrimoine national, sans compter qu?il y a des sites qui n?ont pas ce statut officiel mais qui ont tout de même de la valeur pour la nation.

Prenez la statue de Mahé de Labourdonnais par exemple et celle de SSR, située juste en face, au front de mer. L?une est classée patrimoine national, l?autre pas, est-ce que cela veut dire que Labourdonnais a plus d?importance que SSR ? Rien qu?à Port-Louis, nous avons recensé 1 000 bâtiments qui ont un intérêt historique?

Nous ?

Oui un expert qui était venu en 1987. Des 1 000, il en avait repérer 600. En 1999, on s?est rendu compte que 20 % de ces structures avaient disparues. Par exemple les canaux en pierres sculptées de Port-Louis, pas mal de trottoirs de la capitale, ou encore le vieux quai du Caudan, il y a tout près un petit pont construit à la fin du 18ème siècle, c?est historique. Ce qui me chagrine le plus c?est que le National Heritage Fund a la responsabilité d?entretenir ces structures, mais qu?est-ce qui se passe par exemple avec l?école Beaugeard ? il y a eu une injonction en cour suprême et depuis deux ans nous attendons.

Pour le Plaza on dit qu?il faut attendre, pour l?Hôtel du gouvernement, les travaux ne sont pas encore commencés ( NdLR : le budget 2008 ? 2009 accordé une subvention de Rs 3 millions pour ces travaux), pour la cathédrale Saint-Louis il y a eu un geste, avec Rs 7 millions et le reste a dû être trouvé par l?évêché. Il y a des choses qui marchent?

Donc l?état du patrimoine depend surtout de l?état des finances ?

Ce n?est pas seulement une question de sous mais surtout de volonté?

Politique ?

Pas uniquement politique, je dirais plutôt bureaucratique. Il faut que nous ayons le bon vouloir des conseils des districts, l?adhésion des forces vives. Justement, depuis plusieurs années, les forces vives d?Albion demande que l?on fasse un travail sur les cheminées. SOS Patrimoine a quasiment fini de retaper une cheminée à Bonne-Terre. C?est un exemple de prise de conscience citoyenne.

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