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Pharmacies recherchent remède-miracle à leurs maux
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Pharmacies recherchent remède-miracle à leurs maux
Entre l?association des propriétaires de pharmacie (POM) qui invoque une pénurie de professionnels et la fédération des pharmaciens (PAM) qui, elle, dénonce certaines incohérences dans l?octroi des permis par rapport au ratio pharmacies-habitants, le ministère de la Santé tergiverse et continue à chercher des solutions plus viables et surtout acceptables pour ne pas dire politiquement correctes. Entre-temps, le problème perdure et les rideaux de fer de certaines officines restent baissés en l?absence d?un personnel qualifié. Avec le risque que d?autres pharmacies connaissent le même sort.
Depuis que ce problème a commencé à susciter une inquiétude dans la population, la POM et la PAM ont, chacune de leur côté, cherché à rencontrer le ministre Ashock Jugnauth pour tenter de trouver une solution.
Si c?est chose faite depuis mercredi pour la première association, la seconde, en revanche, attendait toujours une convocation à l?heure où nous mettions sous presse (jeudi après-midi).
« Cette réunion avec le ministre ne nous a pas apporté les réponses attendues, mais nous éprouvons la satisfaction de savoir qu?il est parfaitement au courant de la situation », se réjouit Henry Chan, président de la POM.
<B>LA CLÉ SOUS LE PAILLASSON</B>
Si les deux associations semblent s?être données le mot pour démentir le fait qu?il existe un quelconque conflit entre elles, les faits, les propos échangés par la presse interposée et surtout les chiffres brandis, tendent à montrer le contraire. La POM estime que d?ici le 30 juin, 18 pharmacies sont susceptibles de fermer, dont quatre ont, dit-elle, déjà mis la clé sous le paillasson, la PAM trouve ce calcul plutôt excessif. « Pour moi, c?est un problème fictif. Si on n?octroyait les permis qu?aux pharmaciens, on n?en serait pas là », souligne Ravindranath Gaya, président de l?association des pharmaciens.
Ce qui est sûr, c?est que selon le Pharmacy Act, aucune pharmacie ne peut exercer sans un pharmacien qualifié. C?est ce qui expliquerait que certaines d?entre elles ont cessé leurs activités en attendant de pouvoir employer un pharmacien à plein temps. Le double emploi est en effet interdit dans ce secteur. Selon nos informations, Maurice dispose des compétences voulues, mais à cause du salaire peu attractif, les pharmaciens préfèrent aller chercher ailleurs. Et en dépit des réajustements apportés dans le dernier rapport du PRB, la situation n?a guère évolué. Cela dit, cette pénurie de personnel, qui dure depuis des années, surgit tous les ans à la même période. Jusqu?à présent, avec l?arrivée en cours d?année des étudiants mauriciens qui ont fait leurs études à l?étranger, le problème se réglait de lui-même. Il s?est aggravé d?une part parce qu?il y a aujourd?hui plus de pharmacies et d?autre part, parce que selon les pays où ils ont étudié, les jeunes pharmaciens doivent d?abord faire une année supplémentaire de pratique à Maurice avant d?avoir le droit d?exercer officiellement. D?où la demande de la POM auprès des autorités pour amender le Pharmacy Act, afin de permettre d?embaucher sous contrat renouvelable et à court terme, des pharmaciens étrangers. Le ministère ne serait pas très favorable à cette éventualité, en évoquant les problèmes de communication entre praticiens et patients, comme ceux qui existent déjà dans les hôpitaux avec les médecins étrangers.
Quelques pharmaciens disent détenir des solutions comme l?ouverture d?une école de pharmacie. Selon eux, cela aiderait à résoudre le manque de pharmaciens. Ils pensent également que les autorités devraient aider financièrement les jeunes diplômés qui reviennent à ouvrir leurs officines ou à leur permettre de le faire en partenariat avec certains propriétaires.
La balle est désormais dans le camp du ministère de la Santé pour une éventuelle rencontre de toutes les parties concernées. Il faudrait également trouver une réponse au fait que sur les 250 pharmaciens qui exercent, seule une vingtaine travaille dans le secteur public. Si les pharmacies ont l?obligation d?employer un professionnel qualifié, ce devrait être le cas dans tous les services qui manipulent des médicaments : la douane, la poste, l?aéroport, certains centres de santé et dispensaires en l?absence d?un pharmacien du gouvernement ou même dans les cliniques privées. Il y va de la santé de toute la population.
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