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Vague de disparitions et de meurtres à Madagascar
L'État déploie 400 hommes à Antananarivo
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Vague de disparitions et de meurtres à Madagascar
L'État déploie 400 hommes à Antananarivo
Face à la multiplication des cas de disparitions et d'assassinats – en particulier d'enfants – largement relayés sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, les autorités malgaches ont opté pour une réponse musclée. Le bilan fait état de 172 disparitions recensées, plusieurs personnes ayant été retrouvées sans vie.
Dans un climat de psychose grandissante à Antananarivo, la présidence a annoncé, le mardi 7 juillet, le déploiement immédiat de la garde présidentielle ainsi que de 400 éléments des forces de défense et de sécurité dans les rues de la capitale. Le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, s'est également exprimé publiquement, affirmant que ces crimes visaient à fragiliser le régime de transition.
Les photos d'enfants et d'adultes disparus ou tués circulent en masse depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux malgaches, nourrissant une angoisse croissante chez les familles. Le lundi 6 juillet, une femme soupçonnée de tentative d'enlèvement a été violemment agressée par une foule à Antananarivo.
Le Premier ministre a qualifié ces événements d'«abjects», expliquant que si des enlèvements contre rançon existaient déjà par le passé, l'ampleur actuelle du phénomène était sans précédent : il a indiqué que de nouveaux cas de disparitions apparaissnt sur son fil Facebook quasiment en continu, y compris pendant les réunions du conseil de gouvernement. Il s'est montré combatif, déclarant : «Nous sommes en guerre !» Il a assuré que les forces étaient déployées pour mettre fin à la situation et qu'aucune tolérance ne serait accordée aux responsables de ces crimes, présentés comme une tentative de perturber la Refondation en cours.
Entre recrudescence réelle et emballement médiatique
Difficile toutefois de trancher entre une réelle recrudescence des enlèvements et assassinats et un emballement soudain des réseaux sociaux autour de faits divers : selon les autorités, 90 personnes ont disparu dans la capitale ces dernières semaines, dont 43 ont depuis été retrouvées. En l'absence de statistiques publiques sur plusieurs mois ou années, l'évolution réelle de l'insécurité reste difficile à mesurer.
Le président, Michael Randrianirina, a également réagi, en lien à la fois avec les disparitions et avec le récent survol de son cortège par des drones suspects. Le samedi 4 juillet, il a dénoncé une stratégie visant à déstabiliser Madagascar, sans toutefois désigner de responsables. Il a durci sa position cette semaine, affirmant que les événements relevaient désormais du terrorisme, une lecture qu'il justifie par la volonté supposée de ternir l'image internationale du pays comme État instable. Le chef de l'État a appelé la population à l'unité et à signaler tout comportement suspect aux forces de l'ordre.
Sur le terrain, les mesures se durcissent. L'état-major mixte opérationnel, au niveau national, a annoncé une disposition inédite : la fouille systématique des véhicules à Antananarivo. Le directeur général de la police, Victor Tsaramonina, a précisé, aux côtés des chefs de l'armée et de la gendarmerie, que ces contrôles s'appliqueraient sans exception, y compris aux véhicules des personnalités de haut rang. Quatre cents membres des forces de sécurité, ainsi que la garde présidentielle, ont été déployés dans les rues de la capitale, et un centre opérationnel a été ouvert pour coordonner les recherches.
Le collectif Gen Z Madagascar estime que ces annonces interviennent tardivement, reprochant à l'État malgache d'avoir manqué à sa responsabilité première : protéger sa population. Les enquêtes se poursuivent.
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