Publicité

Petite mise au point au directeur de la MSPA

30 juin 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le directeur de la MSPA Patrice Legris est agacé. Sous la rubrique "Apartés" de vendredi dernier consacrée à Laurent Dubourg, j'ai posé une question sur le manque de vision de l'industrie sucrière (IS). Patrice Legris estime que la question évoquant que l'IS avait été portée par les acquis politiques négociés par les différents gouvernements depuis l'indépendance, est en quelque sorte une hérésie. Bien que cela soit un fait historique indiscutable. Le prix du sucre qui a permis les gains de l'IS a été une décision relevant d'une vision politique dans son sens le plus vrai, le plus noble. Les responsables de cette vision à long terme ont pour nom entre autres : Sir Seewoosagur Ramgoolam, Sir Satcam Boolell, Sir Gaëtan Duval, Sir Anerood Jugnauth, Sir Guy Sauzier, et tous nos ministres de l'Agriculture qui se sont succédé depuis l'Indépendance.

Ce ne sont pas les cadres de ce secteur, administrateurs compris, qui en sont responsables. Je sais : nous sommes à l'ère de la pensée unique et il n'est pas de bon ton de nos jours de critiquer l'IS. C'est tout juste si on ne nous demande pas de contribuer à une quête nationale pour leur venir en aide.

Quant au Voluntary Retrirement Scheme de l'IS, lorsque Patrice Legris affirme qu'il s'agit de départs volontaires, il convainc sans doute Pravind Jugnauth, mais certainement pas ceux qui savent bien que nombre de ces départs n'ont de volontaire que le nom. Ceux qui refusent d'obtempérer se sont retrouvés devant un choix magnifique : accepter de prendre sa retraite ou voir son poste aboli. C'est ce qu'on peut appeler "être désigné volontaire."

Pour finir, Patrice Legris estime que l'IS a beaucoup crié au loup. ça, c'est sûr personne ne le contredira. Comme le disait, il y a quelques jours, le président du Tribunal d'arbitrage permanent, Harris Balgobin, on a du mal à toujours les prendre au sérieux. Ma mémoire me fait peut-être défaut mais les cris de vierge apeurée et les sonnettes d'alarme de l'IS ne parlaient pas souvent des négociations politiques en cours à Bruxelles. Ils demandaient comme une litanie sans cesse rebattue, que soit abolie la taxe de sortie pour permettre au secteur de "survivre" comme ils le disaient si bien.

L'IS a aujourd'hui une belle chance : un gouvernement acquis à sa cause. Qu'elle en profite tranquillement mais qu'elle ne nous accable pas, en plus, de ses gémissements.

Ce sont ceux qui peinent à vivre et que l'on méprise qui méritent notre attention et notre sollicitude. Pour ma part, c'est à eux que je pense, quand je pense à l'île Maurice qui souffre.

Mais il paraît que c'est très démagogique d'être sensible à la détresse des démunis.

Patrice Legris entonne lui aussi ce refrain décidément très tendance dans les salons chics.

Les caddys sont pleins, le pays est heureux.

Combien de fois faut-il vous le dire bon dieu ?

Publicité