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Petite histoire des billets de banque 1838 ? 2007
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Petite histoire des billets de banque 1838 ? 2007
Notre planche à billets ne se trouve pas quelque part dans une imprimerie à Maurice, mais en Angleterre, à Londres plus précisément chez Thomas De la Rue Limited.
Le premier papier monnaie destiné à l?échange des biens et des marchandises apparaît le 27 août 1838. C?est à la Mauritius Commercial Bank créée la même année ?under Royal Charter?, à qui l?administration anglaise va confier le soin d?éditer ces premiers billets, dont la devise était, comme on peut le constater le dollar américain.
De l?eau a coulé sous les ponts de la Tamise, le roi est mort vive la reine. La jeune Elisabeth II monte sur le trône d?Angleterre en l952.
La jeune Elisabeth II porte la couronne impériale, un pendentif à l?oreille et un diadème autour du cou. Ces attributs sont là pour signifier qu?elle est sans conteste la reine du Royaume Uni de Grande-Bretagne et d?Irlande du Nord et pour ce qui nous concerne chef du Commonwealth.
On remarquera que la reine n?a pas de roi. L?espace sur sa gauche est vacant, il le restera. Elisabeth nous offre son meilleur profil, un trois quarts face.
La reine a les épaules nues.
Le ten rupees est rouge sang, celui de twenty five rupees est jaune vert. Celui de five rupees a une touche d?un bleu particulier, un bleu électrique qui rappelle le fameux blue Mauritius. Le blue penny, le timbre le plus cher au monde.
■ <B>1934 </B>
29 mars 1934, date historique, c?est désormais sous l?égide du Government of Mauritius que les billets de banque vont être mis en circulation. Les heureux possesseurs de cette famille de billets, ne sont plus là pour nous dire comment ils l?ont diversement appréciée. Depuis lors, la Rupee, valeur indienne s?est imposée et perdure. L?Inde était alors notre principale fournisseur de denrées alimentaires, et notre principal importateur en sucre.
Penchons-nous sur nos billets de banque et regardons-les à la loupe.
Le roi Geroge V est cadré de face. Il porte son costume d?apparat à col montant, qui marque ses attributs : Roi de Grande- Bretagne et d?Irlande et Empereur des Indes. Le blason de l?île Maurice où est écrit en latin : Stella Clavisque Maris Indicis, the Star and the Key of Indian Ocean. La clé et l?étoile de l?océan Indien, une formule qui dit bien ce qu?a représenté et représente encore l?île Maurice d?un point de vue géopolitique.
A l?époque où apparaîssent ces premiers billets, l?île Maurice est une escale incontournable sur la route des Indes. Les valeurs des billets sont écrites en anglais mais aussi en langues tamil, gujrati et hindi. Ce choix s?est imposé vu le nombre croissant d?une population arrivant du sous-continent indien.
The Government of Mauritius, est reconnu officiellement comme l?instance suprême ayant autorité à battre monnaie, c?est-à-dire à fabriquer et émettre de la monnaie, seul instrument légal de paiement.
Sur le five rupees et le ten rupees, le roi se retrouve dans un cadre plus solennel. Il a perdu le sourire juvénile qu?il a sur le one rupee. Sur le billet de five rupees, le Government of Mauritius fait des vagues au-dessus du blason.
Sur celui du ten rupees The Government of Mauritius se solidifie au niveau des fontes d?imprimerie, notre blason qui était à gauche passe au centre, le cadre sur la gauche du roi reste vide. Le roi est seul.
■ <B>1967 </B>
The Bank of Mauritius ouvre ses portes le 1er septembre 1967. Une première famille de billets va voir le jour, five rupees, ten rupees, twenty five rupees et fifty rupees.
Nous voyons apparaître pour la première fois sur les billets Bank of Mauritius. Cette banque centrale a pris le relais du gouvernement de Maurice. Elle est desormais la seule instance autorisée à fabriquer des pièces de monnaie et à émettre du papier monnaie. Un symbole fort, prélude à l?indépendance économique et politique de l?île Maurice.
Ce portrait d?Elisabeth II est celui que les Mauriciens connaissent bien. Elizabeth veut donner d?elle l?image d?une femme moderne en phase avec son époque, qui n?a rien à envier aux stars hollywoodiennes de l?époque. Elle nous présente toujours son profil le plus avantageux, trois-quart face. L?air digne et sereine, Elizabeth s?affirme, elle en impose. Elle porte un costume militaire, l?uniforme du plus haut gradé de la Royal Navy, qui rappelle celle que portait Geroge V, mais en plus décontracté, ouvert sur le devant avec des épaulettes semblables à de petites ailettes qui contribuent à lui donner un air angélique. Mais tout dans son regard et dans son port altier marque l?omniprésence du pouvoir britanique. Elle porte sur la poitrine l?étoile de St George.
Le blason de Maurice est revenu mais il se fait petit, il n?apparaît qu?en filigrane sur les billets de twenty five et fifty rupees. Le Gouverneur de la Banque de Maurice et son Managing Director d?alors, apposent leur signature au bas des billets, un autre symbole fort.
Au dos du five rupees, la montagne du Lion apparaît en fond sur une mer calme, deux pêcheurs dans leur goélette, toutes voiles dehors naviguent vers le grand large. Image d?espoir pour le petit peuple, qui laisse supposer que la pêche sera bonne.
Sur le ten rupees, par contre, la reine Victoria, la reine mère, du haut de sa stèle, bien plantée sur ses deux jambes, trône devant l?hôtel du gouvernement, symbole du pouvoir. Celle pour qui the sun never sets on the British empire, vient pourtant de perdre son joyau le plus précieux, l?Inde. Un vent d?indépendance souffle dans les colonies. Le soleil ne va cesser de décliner sur l?empire britannique.
Quant au twenty five rupees on aperçoit au loin la montagne des Trois Mamelles vue de Tamarin. Le ciel semble clément. Des champs de cannes a sucre s?étendent à perte de vue. Les deux arbres sur la gauche sont dénués de feuilles, c?est l?hiver. La canne est haute et prête à être coupée. C?est la saison bénie de la coupe. L?artiste qui veut refermer le cadre sur la gauche, a opté pour un arbre sans feuilles pour ne pas cacher le paysage. Au premier plan un b?uf fatigué, attelé à une charrette, emmène son propriétaire vers l?usine où la canne va être pressée.
Sur le fifty rupees, l?image de la rade de Port-Louis, capitale de l?île Maurice. Les bateaux à quai attendent leur chargement de sucre roux destiné à être raffiné en Grande- Bretagne.
La reine Elisabeth n?ira pas au-delà de la barre des fifty rupees, son effigie va bientôt disparaître de nos billets. L?île Maurice accède à l?indépendance le 12 mars 1968.
■ <B> 1985</B>
The Bank of Mauritius est à la recherche d?une identité. La figure de la reine Elizabeth II d?Angleterre, symbole de notre dépendance, est de l?histoire ancienne. Notre passé colonial est loin derrière nous. Désormais nous sommes seuls maîtres de notre destinée. Nos billets de banque se doivent d?être à notre image.
Une nouvelle famille de billets de banque va voir le jour. Deux imprimeries spécialisées vont se disputer la conception et l?impression de nos billets. Avec le recul, the Bank of Mauritius admet que par manque de cohésion, l?imagerie de cette série est pauvre, elle manque de consistence et d?homogénéité, tant au niveau purement graphique qu?au niveau des logos ou de leur taille pour le moins aléatoire.
Soyons indulgents avec nous-mêmes, nous sommes une jeune nation, notre histoire est récente. Nous sommes entrés tardivement dans l?histoire du monde. On se cherche, on tâtonne, et avec le temps on finit par trouver. Cette famille de billets allait durer jusqu?en 1998.
Le twenty rupees, à l?effigie de Sarojini Jugnauth, enseignante de son état, épouse de l?ancien Premier ministre, a fait couler beaucoup d?encre. Ce billet a rapidement disparu de la circulation. Il n?empêche qu?avec le recul, il faut bien admettre que c?est la seule femme mauricienne à figurer sur un billet de banque. Ce billet est un collector. Un jour viendra certainement où une autre Mauricienne viendra marquer notre histoire d?une encre indélébile.
Sur le twenty rupees, apparaîssent deux paraboles pointées vers le ciel qui disent que l?île Maurice est entrée de plain-pied dans l?aire de la communication.
Au dos du billet de five rupees l?ancienne banque de l?île Maurice et la carte de l?île.
Sur le billet de ten rupees l?incontounable pont du Réduit.
Sur le fifty rupees, deux cerfs nous regardent sans crainte, une fleur s?épanouit, un papillon s?envole sur un fond de feuille de bananier, en bas à droite un oiseau se repose contre une branche. Si on regarde de plus près, on distingue un nid où un couple d?oiseaux couve ses oisillons. Image rassurante, on se laisse aller à croire dans un avenir plein de promesses, auquel tout un chacun ne demande qu?à croire.
<B>Radha-Rajen JAGANATHEN</B> (Suite et fin dans notre édition de demain) <B>Les billets ci-joints ont été reproduits avec l?aimable autorisation du gouverneur de la Banque de Maurice Tel : 202-3800 ? Website : http://bom.intnet.mu</B>
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