Publicité
Petite enterprise sidick mosaheb touché du bois et réussit
Par
Partager cet article
Petite enterprise sidick mosaheb touché du bois et réussit
Détail frappant sur la moquette bleue du Centre de conférences à Pailles : une colossale horloge en bois verni assortie de larges panneaux vitrés. Signal qu?il est temps de s?arrêter au stand de Mosart, atelier de menuiserie. Tout à côté, des bougeoirs torsadés, des pots de fleurs, des solitaires ouvragés portant la marque d?un savoir-faire patient et appliqué. Debout, l?air engageant : Sidick Mosaheb, le propriétaire.
Depuis une trentaine d?années, il s?applique à élever la menuiserie au rang d?art. Mais le décor feutré ne rend pas justice au soin apporté aux objets exposés. Pour mieux s?en rendre compte, nous quittons l?espace d?exposition. Direction, l?atelier Mosart, à Bell-Village. Situé au rez-de-chaussée de la maison des Mosaheb, il fleure bon le camphre. Nous contournons la pile de bois dans un coin de la cour, grimpons trois marches encombrées d?objets à divers stades de finition, mis à sécher au soleil, avant d?arriver à la source de l?odeur.
Douce, puis acidulée, légèrement âcre à force d?être concentrée. Les copeaux de camphre mélangent leur essence aux tons rosés du cyprès. «Non, le bois n?est pas cher, il est rare.» A la suite du propriétaire, nous enfonçons nos pieds dans l?épais tapis de sciure, le temps que le propriétaire nous montre fièrement le tour qu?il a lui-même fabriqué. «J?ai sept machines de ce type, mais j?en ai inventé une autre qui permet de travailler avec de plus gros morceaux de bois.»
Une inventivité, un sens de l?initiative que Sidick Mosaheb cultive depuis 1964. A l?époque, il est apprenti. Il apprend à manier la raboteuse dans l?atelier de menuiserie d?Amdoo Maharaully à Eau-Coulée. Une référence dont notre hôte est visiblement très fier. Aujourd?hui, ses enfants sont les propriétaires des magasins TFP.
<B>Un don inné </B>
«Mo kroir li ti touzour dan moi sa travay la.» Un don inné qui pousse le menuisier vers le créneau des objets d?art en 1975.
«J?ai alors commencé à négliger les meubles pour me tourner vers l?artisanat.» Patiemment, Sidick façonne un cendrier, puis un bougeoir de petite taille. «Et les gens ont commencé à m?en commander toujours plus.» D?une main nerveuse, le menuisier empoigne un bout de papier sablé et le frotte énergiquement sur le dos du cendrier. Avant de l?approcher de nos narines. «Senti sa, se enn parfin pou la vi.»
Des senteurs de Maurice que le menuisier propose aux touristes qui fréquentent le Craft Market du Caudan Waterfront. «Quand les responsablesdu Caudan m?ont contacté, jeme suis d?abord inquiété à propos de la location de l?emplacement que j?occupe au premier étage. Je me demandais si j?allais pouvoir assumer cette charge.»
Cela fait désormais une décennie que Sidick Mosaheb émerveille touristes et Mauriciens, quand il est attablé au Caudan, avec son tournevis, son tour portable et ses bouts de papier sablé. Si sa location s?élève à Rs 12 000 par mois, sa petite entreprise ne connaît pas la crise. A force de patience, de persévérance et ? Sidick le souligne ? d?originalité, Mosart s?est forgé un véritable réseau construit sur deux essences du pays.
L?atelier des Mosaheb, c?est désormais une douzaine de jeunes qui scient, rabotent et vernissent le précieux bois à Bell-Village. C?est aussi six autres ateliers parsemés entre Curepipe et Camp-Diable, à qui Sidick Mosaheb sous-traite une partie de ses activités.
«Ena ki fourni zis sendrie, ena ki fer zis bouzoir.»
Son sens de l?industrie lui a valu de nombreuses distinctions. Parmi celles-ci : le 2e Prix de la Rose d?Or en 1995. Il a également reçu la Médaille d?argent décernée par la National Handicraft Promotion Authority (NHPA). Avide de perfectionnement, le menuisier d?art s?est présenté aux examens de la City & Guilds et aux cours de la NHPA.
De quoi voir l?avenir sereinement. Sidick Mosaheb ne craint pas la concurrence, ni la transformation de Maurice en duty-free island. «Je mise avant tout sur la qualité et l?originalité de mes produits. Les touristes recherchent ce qui est typiquement mauricien. Je réponds à cette attente.»
Publicité
Publicité
Les plus récents