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Percy Mistry conseille d?oublier la mentalité de préférences et de protégés
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Percy Mistry conseille d?oublier la mentalité de préférences et de protégés
S?ouvrir pour sortir de l?impasse. L?ouverture économique tous azimuts est notre seule chance pour éviter, à terme, une situation catastrophique. Tel a été le message fort du symposium public organisé par le National Productivity and Competitiveness Council (NPCC) hier à l?université de Maurice. Le point de départ de la réflexion était le rapport Competitiveness Foresight publié l?année dernière. Ce rapport énonce la feuille de route pour une transformation quantitative et qualitative du modèle de croissance du pays.
Le NPCC a voulu ratisser large et engager une plus grande participation dans la réflexion stratégique. Nous sommes-nous donné les moyens nécessaires pour réussir cette transformation ? Dans un exposé magistral, Percy Mistry, président de l?Oxford International Group et ancien senior financial advisor à la Banque mondiale, a relevé nos manquements face aux défis.
Un vibrant plaidoyer à la cause de l?ouverture du pays, non seulement aux capitaux et au commerce extérieur, mais également aux idées et aux compétences étrangères. Peu diplomate, le conférencier prône la rupture avec l?ordre établi. Il explique que c?est le seul moyen de dégager le nouveau paradigme économique qui peut favoriser des taux de croissance annuelle de 7 à 8 %.
Percy Mistry ne fait pas dans la dentelle? Il dénonce la preference / protection mentality qui agit comme un obstacle à toute idée d?ouverture. «Vous avez cru qu?étant une petite île, vous avez besoin de protection tout le temps. (?) Vous dépensez beaucoup de votre temps sur de mauvaises choses et ne consacrez pas suffisamment d?attention à l?amélioration de la productivité, par exemple».
<B>Laisser au marché la liberté du choix </B>
Il juge trop restrictive la politique du gouvernement pour attirer l?investissement étranger : le choix des secteurs par le gouvernement est une mauvaise approche, il faut laisser le marché déterminer vers quels secteurs les capitaux investissements doivent aller. Certains de ses propos ont même pu choquer. Un exemple : «Tant mieux si Air Mauritius demeure compétitive dans un ciel complètement ouvert. Au cas contraire, il faudra fermer l?entreprise.»
Sommes-nous disposés à remettre nos réflexes en question ? Le nouveau paradigme économique se traduit, entre autres, par le démantèlement des préférences commerciales dont jouissent nos industries d?exportation, ainsi que les marchés protégés au niveau domestique.
D?autres intervenants au symposium se sont également interrogés sur la capacité du pays à réaliser les objectifs fixés. Jean Claude de l?Estrac, rédacteur en chef de l?express, dit craindre qu?il n?existe aucun consensus dans le pays à propos de la nouvelle stratégie économique. Il est d?avis que, même au sein du gouvernement, il y aurait des divergences quant à la politique à suivre : «Il faut se demander pourquoi le ministre des Finances est si silencieux ces derniers temps.»
Cader Sayed-Hossen, député travailliste, a lui expliqué la démarche du gouvernement en faveur de la démocratisation de l?économie. Il évoque les risques de conflits éventuels avec le secteur privé historique dans la réalisation de ce projet. «Nous voulons étendre le secteur privé. Cela implique que les principaux conglomérats du pays devront partager les marchés.»
Des voix se sont élevées dans l?auditoire pour répondre aux critiques selon lesquelles la communauté des affaires traditionnelle serait réfractaire à l?ouverture économique. «Nous ne recherchons pas de protections. La situation concernant la concentration de la propriété à Maurice n?est guère différente de celle qui existe en Inde ou au Pakistan. A Maurice, le débat est d?ordre ethnique. C?est une question sur laquelle nous devrons nous pencher maintenant», fait ressortir Tim Taylor, chief executive de Rogers.
L?attitude des industriels locaux face à la compétition étrangère, le rôle de l?Etat dans les choix de développement économique et dans la promotion de la croissance ont été les thèmes dominants des interactions d?hier.
Les autres intervenants au symposium du NPCC étaient Nikhil Treebhoohun, responsable de la trade division au Commonwealth Secretariat, Arif Currimjee, Raj Makoond, respectivement président et directeur du Joint Economic Council, le Dr Claude Ricaud, président du National Economic and Social Council et Toolsyraj Benydin, président de la Fédération des syndicats du service civil.
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